Lettre datée de Paris le 13 août
virent pas peu à le confirmer dans son avis. Tout ce que vous m'écrivez de votre peu d'appétit et de votre grand abattement est très-considérable, et marque toujours de plus en plus que les eaux ne vous conviennent point. M. Fagon ne manquera pas de me répéter encore qu'il les faut quitter, et les quitter au plus vite; car, je vous l'ai mandé, il prétend que leur elTet naturel est d'ouvrir l'appétit et de rendre les forces. Quand elles font le contraire, il y faut renoncer. Je ne doute pas que vous ne vous remettiez bientôt en chemin pour revenir. Je suis persuadé comme vous que la joie de revoir un prince qui témoigne tant de bonté pour vous, vous fera plus de bien que tous les remèdes. M. Roze m'avoit déjà dit de vous mander de sa part qu'après Dieu le roi étoit le plus grand médecin du monde, et je fus même fort édifié que M. Roze vouiùl bien mettre Dieu devant le roi. Je commence à -soupçonner qu'il pourroit bien être en elTet dans la dévotion. M. Mcole a donné depuis deux jours au public deux tomes de Réflexions sur les Epitres et sur les Evangiles. ' ■qui me semblent encore plus forts et plus édifiants que tout ce qu'il a fait. Je ne vous les envoie pas, parce que j'espère que vous serez bientôt de retour, et vous les trouverez infailliblement chez vous. Il n'a encore travaillé que sur la moitié des épîtres et des évangiles de l'année ; j'espère qu'il achèvera le reste, pourvu qu'il plaise à Dieu et au révérend père de La Ch.- de lui laisser encore un an de vie.
Il n'y a point de nouvelles de Hongrie que celles qui sont dans la Gdzcllc. M. de Lorraine, en passant la
1. Continuation dis Essais de morale contenant des Réflexions morales sur les Épitrcs et lii-angiles de toute l'année. Paris, 1687-1C88, 5 vol. in-12.