Le père de La Chaise
Drave, a fait, ce me senible, une entreprise de fort grand éclat et fort inutile. ' (lotte expédition a bien l'air de celle qu'on fit pour .secourir l'hilisbourg.* Il a trouvé au delà de la rivière un bois, et au delà de ce bois les ennemis retranchés jusqu'aux dents. M. de Termes est du nombre de ceux que je vous ai mandés qui avoient l'estomac farci de quinquina. Croyez-vous que le quinquina, qui vous a sauvé la vie, ne vous rendroit point la voix? 11 devroit du moins vous être plus favorable (ju'à un autre, vous qui vous êtes enroué tant de fois à le louer. Les comédiens, qui vous font si peu de pitié, sont pourtant toujours sur le pavé, et je crains, comme vous,' qu'ils ne soient obligés de s'aller établir auprès des vignes de feu monsieur votre père;* ce seroit un digne théâtre pour les œuvres de M. Pradon : j'allois ajouter de M. Boursault ; mais je suis trop touché des honnêtetés que vous avez tout nouvellement reçues de lui. Je ferai tantôt à M, Quinault celles que vous me mandez de lui faire. Il me semble que vous avancez furieusement dans le chemin de la perfection. Voilà bien des gens" à qui vous avez pardonné.
\. Voir la lettre suivante.
'2. Ville alors très-forte, que le duc de Lorraine prit aux Français (ils en étaient maîtres depuis 16i4), le 17 septembre 1076, après quatre mois de siège.
Luxembourg,cliargé avant le siège de veiller aux mouvements de l'armée ennemie alors établie dans la haute Alsace, se porta, pour aller accueillir un renfort, vers la basse Alsace; mais pendant cette espèce de retraite, le duc de Lorraine repassa le Rhin et investit Philisbourg (Reboulet, Hisl.de Louis XI y, V, 3 et 4j. C'est probablement à la manœuvre de Luxembourg que Racine fait ici allusion, et l'on voit, par la lettre déjà citée de Boileau, que le mouvement du duc de Lorraine en Hongrie était en effet une retraite, ce dont on aurait pu douter eu s'en tenant aux expressions de Racine. (B.-S.-P.)