Va cousin, abusant d'un fichoux parentage
(Épître VI, vers 40.)
CORRESPONDANCE. o3
est venu malheureusement me \oir, et il ne fait ([uc de sortir de chez moi. Je ne vous ('cris donc que pour vous dire que je reçus avant-hier une lettre de vous. Le père Bonheurs et le père Rapin iHoient dans mon cabinet quand je la reçus. Je leur en fis la lecture en la décachetant, et je leur fis un fort grand plaisir. Je regardai pourtant de loin, à mesure que je la lisois, s'il n'y avoit rien dedans (jui fût trop janséniste. Je vis vers la fin le nom de M. Nicole, et je sautai bravement, ou, pour mieux dire, lâchement par-dessus. Je n'osai m'exposer à troubler la grande joie et même les éclats de rire que leur causèrent plusieurs choses fort plaisantes que vous me mandiez. Nous aurions été tous trois les plus contents du monde, si nous eussions trouvé à la fin de votre lettre que vous parliez à votre ordinaire, comme nous trouvions que vous écriviez avec le même esprit que vous avez toujours eu. Ils sont, je vous assure, tous deux fort de vos amis, et même fort bonnes gens. Nous avions été le matin entendre le père deVilliers,' qui faisoit l'oraison funèbre de M. le Prince,- grand-père de M. le Prince d'aujourd'hui.' 11 y a joint a[ussi] les louanges du dernier mort ,^ et il s'est enfoncé jusqu'au cou dans le combat de Saint- Antoine, Dieu sait combien judicieusement ! En vérité il a beaucoup d'esprit ; mais il auroit bien besoin de se laisser conduire. J'annonçai au père Bonheurs un nou-
[. Le père de Villiers quiUa la compagnie de Jésus pour l'ordre de Clugny. Il a fait un mauvais poëme intitulé VArt de prêcher ; des Réllexions sur les défauts d'autrui; un Traité de la Satire; les Moines, comédie en musique, etc. Monchesnai raconte, dans le Bolœana, une anecdote au moins douteuse sur Boileau et le père de Villiers.