‹ Œuvres complètes de RacineChapitre 58 sur 249 · XXVII · texte numérisé non relu

XXVII

RACINE A liOILEAU,

Au camp devant \amur, le 3 juin [1002].

J'ai été si troublé depuis huit jours de la petite vérole de mou fils,- que j'appréhendois qui ne fût fort dangereuse, que je n'ai pas eu le courage de vous mander aucunes nouvelles. Le siège a Ijien avancé durant ce temps-là, et nous sommes à l'heure qu'il est au corps de la place. 11 n'a point fallu pour cela détourner la Meuse, comme vous m'écrivez qu'on le disoit à Paris, ^ et ce qui seroit une étrange entreprise ; on n'a pas même eu besoin d'appeler les mousquetaires, ni d'exposer beaucoup de braves gens. M. de Vauban, avec son canon et ses bombes, a fait lui seul toute l'expédition. Il a trouvé des hauteurs au deçà et au delà de la Meuse, où il a placé ses batteries. 11 a conduit sa principale tranchée dans un terrain assez resserré, entre des hauteurs et une espèce d'étang d'un côté, et la Meuse de l'autre. En trois jours il a poussé son travail jusqu'à un petit ruisseau qui coule au pied de la contrescarpe, et s'est rendu maître d'une petite contregarde revêtue qui étoit en deçà de la contrescarpe ; et de là, en moins de seize heures, a emporté tout le chemin couvert, qui étoit garni de plusieurs rangs de palissades.

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