‹ Œuvres complètes de RacineChapitre 65 sur 249 · Voyez lettre XXV, la note sur ce mot · texte numérisé non relu

Voyez lettre XXV, la note sur ce mot

défailli; mais, avec tout cela, ne passez pas la rivière, car assurément, ils vous battront. »

Le roi envoya hier six mille sacs d'avoine et cinq cents bœufs à l'armée de M. de Luxembourg; et quoi qu'ait dit le déserteur, je puis vous assurer qu'on y est fort gai, et qu'il s'en faut bien qu'on y meure de faim. Le général a été trois jours entiers sans monter à cheval, passant le jour à jouer dans sa tente. Le roi a eu nouvelle aujourd'hui que le baron de Cerclas, ' avec cinq ou six mille chevaux de l'armée du jnince d'Orange, avoit passé la Meuse à Huy, comme pour venir inquiéter le quartier de M. de Boulllers. Le roi prend ses mesures pour le bien recevoir.

Adieu, monsieur, je vous manderai une autre fois des nouvelles de la vie que je mène, puisque vous en voulez savoir. Faites, je vous prie, part de cette lettre à M. de La Chapelle, si vous trouvez qu'elle en vaille la peine. Vous me ferez même beaucoup de plaisir de l'envoyer à ma femme, quand vous l'aurez lue ; car je n'ai pas le temps de lui écrire, et cela pourra la réjouir elle et son fils.

On est fort content de M. de Bonrepaux-.

J'ai écrit à M. de Pontchartrain le fils par le conseil

t. Le comte de Tzerclaës de Tilly.

2. François d'Usson de Bonrepaux. Il servait alors comme lieutenant général des armées uavales, disent Germain Garnier et plusieurs éditeurs après lui. C'est une erreur. Bonrepaux, longtemps commis au ministère, était intendant yénéral, et non pas lieutenant général des armées navales [Gazette de France du 24 Qov. 1095; Saint-Simon, t. III, p. 92-93) : aussi ne l'indique-t-on point comme ayant pris part à quelques-uns des combats déjà rappelés, mais seulement comme ayant assisté à un conseil qui se tint à la Hogue pour aviser aux moyens d'empêcher la destruction de nos vaisseaux. {Mém. de Tourvilte, III, 164 à 183.) Un de ses frères, il est vrai, fut officier général, mais il no servait que dans l'armée do terre, et il n'était, au temps de la lettre, que maréchal de camp. (Gazette, du 17 octobre 1093.) (B.-S.-F.)

(le M. de La Gliapello. Lue page de coiiipliineiits' m'a plus coûté cinq cents fois que les huit pages que je vous vieus d'écrire. Adieu, monsieur. Je vous envie bien votre beau temps d'Auteuil, car il fait ici le plus horrible temps du monde.

Je vous ai vu rire assez volontiers de ce que le vin fait quelquefois faire aux ivrognes. Hier, un boulet de canon emporta la tête d'un de nos Suisses dans la tranchée. L'n autre Suisse, son camarade, qui étoit auprès, se mit à rire de toute sa force, en disant : « Ho! Ho! cela est plaisant; il reviendra sans tête dans le camp. »

On a fait aujourd'hui trente prisonniers de l'armée du prince d'Orange, et ils ont été pris par un parti de l'armée de M. de Luxembourg. Voici la disposition de l'armée des ennemis : M. de Bavière a la droite avec des Brandebourgs et autres Allemands ; M. de Valdeck est au corps de bataille avec les Hollandois; et le prince d'Orange, avec les Anglois, est à la gauche.

J'oubiiois de vous dire que quand M. le comte de Toulouse reçut son coup de mousquet, on entendit le bruit de la balle; et le roi demanda si quelqu'un étoit blessé. « 11 me semble, dit en souriant le jeune prince, que quelque chose m'a touché. » Cependant la contusion étoit assez grosse, et j'ai \ u la marque de la l)alle sur le galon de sa manche, qui étoit tout noirci comme si le feu y avoit passé. Adieu, monsieur. Je ne saurois me résoudre à finir quand je suis avec vous.

En fermant ma lettre, j'apprends que la présidente Barentin,- qui avoit épousé M. de Cormaillon, ingénieur,

1. Sans doute sur sa réception comme conseiller. Voyez lettre XXIV.

2. l^a présidente Barentin était la grand'mère d'Anne de Souvré, marquise de Louvois. Elle s'était remariée à Damas de Cormaillon.

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a été pillée par un parti de Gharleroi. Ils lui ont pris ses chevaux de carrosse et sa cassette, et l'ont laissée dans le chemin à pied. Elle venoit pour être auprès de son mari, qui avoit été blessé. Il est mort.

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