L'autographe est à la Bibliothèque nationale
2. Boileau possédait en commun avec ses frères et soeurs une maison à Fontainebleau. 11 parait que cette maison lui venait de la succession de Puymorin. (B.-S.-P.)
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grand déplaisir des gens qui s'en étoient emparés les autres années. Notre ami M. Félix y a mis son carrosse el ses chevaux, et les miens n'y ont pas même trouvé place; mais tout cela s'est passé avec mon agrément et sous mon bon plaisir. J'ai mis mes chevaux à l'hôtel de Cavoie, qui en est tout proche. M. de Cavoie a permis aussi à M. de Bonrepaux de fiiire sa cuisine chez vous. Votre concierge, voyant (|ue les chambres demeuroient vides, en a n.eublé quehiu'une, et l'a louée. On a mis sur laporte qu'elle étoit à vendre, et j'ai dit qu'on m'adressât ceux qui la viendroient voir, mais on ne m'a encore envoyé personne. Je soupçonne que le concierge, se trouvant fort bien d'y louer des chambres, seroit assez aise que la maison ne se vendît point. J'ai conseillé à M. Félix de l'acheter, et je vois bien que je le ferai aller jusques à quatre mille francs. Je crois que vous ne feriez pas trop mal d'en tirer cet argent; et je crains que, si le voyage se passe sans que le marché soit conclu, M. Félix ni personne n'y songe plus jusqu'à l'autre année. Mandez-moi là-dessus vos sentiments ; je ferai le reste.
On reçut hier de bonnes nouvelles d'Allemagne. M. le maréchal de Lorges ayant fait assiéger par un tlétachement de son armée, une petite ville nommée Pforzheim,' entre Philisbourg et Dourlach, les Allemands ont voulu s'avancer pour la secourir. 11 y a eu avis qu'un corps de
I. Le mai-L-clial prit Pfoi'zhcim le IG septembre et Ijuttit les Allemands le 17, selon Germain Gariiier; ce que plusieurs éditeurs ont répété (sans le citer). S'ils avaient pris garde qu'en s'en tenant i ces dates il aurait fallu ijHi'nîejOKrspour transmettre à Fontainebleau ces bonnes nouvelles, puisque d'après la lettre de Racine elles n'avaient été reçues que le 2 octobre, ils auraient soupçonné qu'il y avait une faute d'impression dans la note de Garnier. Et dans le fait, au lieu du tli et 17 septembre, il faut lire le •20 et 27 septembre. [Gazette de France du 7 octobre; Larrey, VI, 43.) (B.-S.-P.)
quarante escadrons avoit pris les devants, et n'étoit qu'à une lieue et demie de lui, ayant devant eux un ruisseau assez difficile à passer. La ville a été prise dès le premier jour, et cinq cents hommes qui étoient dedans ont été faits prisonniers de guen-e. Le lendemain, M. de Lorges a marché avec toute son armée sur ces quarante escadrons que je vous ai dits,* et a fait d'abord passer le ruisseau à seize de ces escadrons, soutenus du reste de la cavalerie. Les ennemis, voyant qu'on alloit à eux avec cette vigueur, s'en sont fais- à vau de route ; abandonnant leurs tentes et leur bagage, qui a été pillé. On leur a pris deux pièces de canon, deux paires de timbales et neuf étendards, quantité d'officiers, entre autres leur général, qui est oncle de M. de Wirtemberg et administrateur de ce duché,' un général-major de Bavière^ et plus de treize cents cavaliers. Ils en ont eu près de neuf cents tués sur la place. Il ne nous en coûte qu'un maréchal des logis, un cavalier et six dragons. M. de Lorges a abandonné au pillage la ville de Pforzheim et une autre petite ville, auprès de laquelle étoient campés les ennemis. C'a été, comme vous voyez, une déroute: et il n'y a pas eu, à proprement parler, aucun coup de tiré de leur part : tout ce qu'on a pris et tué, ça été en les poursuivant. Le prince d'Orange est parti pour la Hollande. Son armée s'est rapprochée de Gand, et apparemment se séparera bientôt.