Il y fit plus tard des cbangeaients
Dont l'ijymeii ait jamais uni deux malheureux;
Ce récit passe un peu l'ordinaire mesure. Mais un exemple enfin si digne de censure, Peut-il dans la satire occuper moins de mots? Chacun sait son métier. Suivons notre propos. Nouveau prédicateur aujourd'hui, je l'avoue, Vrai disciple, ou plutôt singe de Bourdaloue, Je me plais à remplir mes sermons de portraits. En voilà déjà trois peints d'assez heureux traits, La louve, la coquette et la parfaite avare. II faut y joindre encor la revéche bigarre. Qui sans cesse d'un ton par la colère aigri. Gronde, choque, dément, contredit un mari. Qui dans tous ses discours par quolibets s'exprime, A toujours dans la bouche un proverbe, une rime. Et d'un roulement d'yeux aussitôt applaudit Au mot aigrement fou qu'au hasard elle a dit. Il n'est point de repos ni de paix avec elle, Sou mariage n'est qu'une longue querelle. Laisse-t-elle un moment respirer son époux? Ses valets sont d'abord l'objet de son courroux, lit sur le ton grondeur, lorsqu'elle les harangue, Il faut voir de quels mots elle enrichit la langue : Ma plume ici traçant ces mots par alphabet, Pourroit d'un nouveau tome augmenter Richelet. Tu crains peu d'essuyer cette étrange furie; En trop bon lieu, dis-tu, ton épouse nourrie. Jamais de tels discours ne te rendra martyr ; Mais cùt-elle sucé la raison dans Saint-Cyr, Crois-tu que d'une fille humble, honnête, charmante. L'hymen n'ait jamais fait de femme extravagante? Combien n'a-t-on point vu de Pliilis aux doux yeux, Avant le mariage anges si gracieux, Tout à coup se changeant en bourgeoises sauvages, Vrais démons, apporter l'enfer dans leurs ménages, Et, découvrant l'orgueil de leurs rudes esprits. Sous leur fontange altière asservir leurs maris ?
En voilù plus qu(3 je ne vous avois prorais. Mandez-moi ce (|ue vous y aurez trouvé de fautes plus grossières. J'ai envoyé des pêches à M"" de Caylus,' qui les a reçues, dit-on, avec de grandes marques de joie. Je vous donne le bonsoir, et suis tout à vou<.
Despréaux.