Voii' la leurc prèecdeme
2. En 1C93, l'armée de Caliiiat bn'ila la Vénerie, magnifique cliàti.'au du duc, et après la victoire de la Marsaille [l octobre) mit le Piémont à contribution ; tristes et faibles représailles dos ravages faits par le due en Dauphiné (août et seplcml.re 1C9'2), où il avait aussi levé des contributions et brûlé quatre-vingts villes, bourgs, cbàteaux ou villages. (Larrey, VI, Wet 131.)
3. Voy. la réponse du père dans les Lettres de Racine à scn fils, i octobre IGP'2.
sauriez dire de vouloir bieu vous amuser avec lui. Le plaisir qu'il preud d'ètie avec vous me donne assez bonne opinion de lui; et s'il est jamais assez heureux que de vous entendre parler tle temps en temps, je suis persuadé qu'avec l'admiration dont il est prévenu, cela lui fera le plus grand bien du monde. J'espère que cet hiver vous voudrez bien l'aire quelfiuefois chez moi de petits dîners dont je prétends tirer tant d'avantages. M. de Cavoie vous fait ses compliments.
J'appris hier la mort du pauvre abbé de Saint-Réal.'
Suscription : A monsieur monsieur Despréaux, à Auteuil.
T5 0 It. E A II A n V C I N E .
A Auleail, 7 octobre [1C9'2J.
Je vous écrivis avant-hier ■ si i la hùte, que je ne sais si vous aurez bien conçu ce que je vous écrivois : c'est ce qui m'oljlige à vous récrire aujourd'hui. M"" Racine vient d'arriver chez moi, «lui s'engage à vous faire tenir ma lettre.
L'action de M. de Lorges est très-grande et très-belle, et J'ai
I. César Vicliard, plus connu sous le nom d'abbé de Saint-Héal, né à Chaoïbéry en IGliO, moit dans la même ville au mois de septembre 1092. Il Ht ses études à Paris chez les jésuites, passa en .Angleterre avec Horteuse Mancini, nièce de Mazarin, et re\int vivre à Paris d'une pension qu'il avait sur la bibliothèque du roi. Outre ['Histoire de la conjuralion des Espagnols contre Venise en 1018, son plus célèbre ouvrage, il a laissé différentes œuvres d'érudition et de controverses.
i. L'autographe est à la Bibliothèque nationale.
:!. Je vous écrivis avant-hier. Cette lettre manque, dit Bcrriat-Saint-
déjà reçu une lettre de M. l'abbé Renaudot,' qui me mande que M. de Pontchartrain veut qu'on travaille au plus tôt à faire une médaille pour cette action. Je crois que cela occupe déjà fort M. de La Chapelle; mais pour moi, je crois qu'il sera assez temps d'y penser vers la Saint-Martin.
Je ne saurois assez vous remercier du soin que vous prenez de notre maison de Fontainebleau. Je n'ai point encore vu sur cela personne de notre famille; mais, autant que j'en puisjujrer, tout le monde trouvera assez mauvais que celui qui l'habite prétende en profiter à nos dépens. C'est une étrange chose qu'un bien en commun : chacun en laisse le soin à son compagnon ;
Prix. Ellfi a, depuis, été donnée par M. de La Rocliefoucault-Liancourt dans SCS Etudes littéraires et morales de Racine, page 178; nous la donnons ici :
« Auleuil, 6 octobre 1692.
Il Votre lettre du 3 m'a causé un vif plaisir, et l'agréable nouvelle de votre santé a chassé tous les chagrins de ma solitude. Ma Satire des femmes est loin d'être achevée; j'y ai travaillé fort assidûment durant huit jours, et je crois que lorsque j'aurai tout rassemblé, il y aura bien cent vers nouveaux d'ajoutés. Mais présentement je ne fais point de vers, et ma fougue poétique est passée presque aussi vite qu'elle est venue. J'amasserai ce qu'il y a de fait sur l'histoire de la lioutenanle, et je vous l'enverrai ces jours prochains avec un ou deux autres morceaux. C'est un ouvrage qui me coûte beaucoup de temps et de fatigue, et vous savez combien il est difficile de rentrer dans une idée une fuis qu'on en est sorti.
Il Adieu, monsieur, je vous embrasse de tout mon cœur. Je vous demande pardon de vous écrire si à la hâte et de ne pas m'étendre sur l'action de M. de Lorges, qui est très-grande et très-belle. Mais je pense vous écrire par le prochain ordinaire, surtout pour vous remercier de toutes les peines que \ous vous êtes données pour notre misérable maison. Je n'y vois plus clair et je suis forcé de terminer brusquement en vous embrassant de nouveau. Jusques à demain.
li Desphéacx. »
Suivant .M. de La Rochefoucault-Lianrourt, « avant-hier » est une erreur, car la date du 6 de la première est bien, dit-il, écrite de la main de Boileau. L'éditeur avait sous les yeux l'orijinal de la lettre que nous venons de donner. — Il reste à savoir si cet original était authentique, ce qui nous parait fort douteux.
i. Le petit-fils de Théophraste Renaudot; il avait alors le privilège de la Ga::ette de France et venait d'entrer dans la petite Académie. C'est à lui qu'est adressée l'épître XII de Boileau,
ainsi personne n'y soigne,' et il demeure au jtillage. Je vous mandois, le dernier jour, <[ue j'ai travaillée \ASaCire des femmes durant huit jours : cela est véritable; mais il est vrai aussi que ma fougue poétique est passée presipie aussi vite ([u'elle est venue, et que je n'y pense plus à l'heure qu'il est. Je crois que, lorsque j'aurai tout amassé, il y aura bien cent vers nouveaux d'ajoutés ; mais je ne sais si je n'eu Citerai pas bien vingt-cine ou trente de la description du lieutenant et de la lieutenante-criminelle.* C'est un ouvrage qui me tue par la multitude des transitions, qui sont, à mon sens, le plus difficile chef-d'œuvre de la poésie. Comme je m'imagine que vous avez quelque impatience d'en voir quelque chose, je veux bien vous en transcrire ici vingt ou trente vers; mais c'est à la charge que, foi d'honnête homme, vous ne les montrerez à ûme vivante, parce que je veux être absolument maître d'en faire ce que je voudrai ; et que, d'ailleurs, je ne sais s'ils sont encore en l'état où ils demeureront.' Mais, afin que vous en puissiez voir la suite, je vais vous mettre la fin de l'histoire de la lieutonante, de la manière que je l'ai achevée :
Mais peut-être j'invente une fable frivole.
Soutiens donc tout Paris, qui prenant lu parole.
Sur ce sujet encor de bons témoins pourvu.
Tout prêt à le prouver, te dira : n Je l'ai vu.
Ving;t ans j'ai vu ce couple uni d'un même vice,
A tous mes liabilunts montrer que l'avarice
Peut faire dans les biens trouver la pauvretiS,
Et nous réduire ii pis que la mendicité. i>
Deux voleurs qui, chez eux, pleins d'espérance, entrèrent,
Enfin un beau matin tous deux les massacrèrent.
Digne et funeste fruit du nœud le plus affreux
1. Personne n'y soigne. Cette forme intransitive du verbe soigner a complètement vieilli. Elle était fort usitée au début du xvn'' siècle. « Sous ombre que vous avez à cette heure une infinité d'affaires; que vous soignez à fortifier un canr.p et Ji prendre une ville. » Voiture, lettre 83. — " Le PmscE : Faites observer qu'aucun ne nous écoute. — Théodore. Soignez-y, Léonore. « Roinou, Vencestas, IV, -2. — « Bien, bien, dit-il, à cela j'ai soigné. » La Font., Faiseur. C'était aussi le sens général au moyen âge.
(GiDEL.)
2. Il en ota en effet vingt vers, mais il les rétablit en 1G98. (15. -S. -P.)