L'autographe est à la Bibliothèque nationale
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fenipi'M-amont sombre qui me doiiiiiioit i et par un reste de maladie; mais je vous en écris une aujourd'luii toute pleine de la joie que m'a causée l'upréable nouvelle (pie j'ai reçue. Je ne saurois vous exprimer l'allégresse qu'elle a excitée dans toute notre famille : elle a fait changer de caractère à tout le monde. M. Dongois le greffier est présentement un homme jovial et folâtre; monsieur l'abbé Dongois, un bouffon et un badin. Enfin il n'y a personne qui ne se signale pai' des témoignages extraordinaires de plaisir et de satisfaction, et par des louanges et dej exclamations sans fin sur votre bonté, votre générosité, votre amitié, etc. A mon sens néanmoins, celui qui doit être le plus satisfait, c'est vous; et le contentement (jue vous devez avoir en vous-même d'avoir obligé si efficacement dans cette affaire tant (le personnes qui vous estiment et qui vous honorent depuis si longtemps, est un plaisir d'autant plus agréable qu'il ne procède ((ue de la vertu, et que les âmes du commun ne se sauroieat ni se l'attirer, ni le sentir. Tout ce que j'ai à vous prier maintenant, c'est de me mander les démarches que vous croyez qu'il faut que je fasse à l'égard du roi et du P. de La Chaise ; et nonseulement s'il faut, mais à peu près ce qu'il faut, que je leur écrive. Monsieur le doyen de Sens ne sait encore rien de ce qu'on a fait pour lui. Jug(iz de sa surprise, quand il apprendra tout d'un coup le bien imprévu et excessif que vous lui avez fait! Ce que j'admire le plus, c'est la félicité de la circonstance, qui a fait que, demandant pour lui la moindre de toutes les chanoinies de la Sainte-Chapi^lle, nous lui avons obtenu la meilleure après celle de monsieur l'ubbé Danse.- 0 facliim beiie! Vous pouvez compter que vous aurez désormais en lui un homme qui disputera avec moi de zèle et d'amitié pour vous.
J'avois résolu de ne vous envoyer la suite de mon Ode sur Namur que quand je l'aurois mise en état de n'avoir plus besoin que de vos corrections; mais en vérité vous m'avez fait trop de plaisir pour ne pas satisfaire sur-le-champ la curiosité que vous
1. On n'a pas cette; lettre, et d'après ce (|uc Boiloau vient de dire dans la lettre précijdente, il fallait qu'il fût en effet bien dominé par son tempiirament pour la remplir de chagrin. (B.-S.-P.)
2. Sous-diacre et chanoine de la Sainto-ChapoUc, ami do Doileau, mort eu ICOO.
avez peut-être conçue de la voir. Ce que je vous prie, c'est de ne la montrer à personne, et de ne la point épargner. J'y ai hasardé des choses fort neuves, jusqu'à parler de la plume blanche que le roi a sur son chapeau; mais, à mon avis, pour trouver des expressions nouvelles en vers, il faut parler de choses qui n'aient point été dites en vers. Vous en jugerez, sauf à tout changer si cela vous déplait.
L'ode sera de dix-huit stances. i Cela fait cent quatre-vingts vers. Je ne croyois pas aller si loin. Voici ce que vous n'avez point vu : je vais le mettre sur l'autre feuillet.
Déployez toutes vos rages.
Princes, vents, peuples, frimats.
Ramassez tous vos nuages.
Rassemblez tous vos soldats; Malgré vous Namur en poudre Va retomber sous la foudre Qui dompta Lille, Courlrai, Gand la constante Espagnole, Luxembourg, Besançon, Dole, "Vpres, Mastrich et Cambrai.
Mes présages s'accomplissent :
Il commence à chanceler.
Je vois ses murs qui frcmissen Déjà prêts à s'écrouler.
Mars, en feu, qui les domine.
De loin souffle leur ruine; Et les bombes, dans les airs Allant chercher le tonnerre. Semblent, tombant sur la terre, Vouloir s'ouvrir les enfers.
Approchez, troupes altières Qu'unit un même devoir; A couvert de ces rivières Venez, vous pouvez tout voir.
Coutcniplez bien ces approches Voyez détacher ces roches, Voyez ouvrir ce terrain; Et dans les eaux, dans la flamm e, Louis, à tout donnant l'âme, .Marcher tran(iuille et serein.