Poëme licroique de Charles PeiTault
2. Cette lettre est dans le recueil de Louis Racine, p. 215; l'autographe n'est plus pourtant à la Bibliothèque nationale. M. Berriat-Saint-Prix avait pu consulter encore le manuscrit : nous pouvons, par conséquent, nous en rapporter au texte qu'il donne.
3. Louis Racine date cette lettre du 9,1e manuscrit donne le 0. (B.-S.-P.) i. On n'a pas celte lettre.
se démettre de sa chanoiiiie. Ainsi vous jugerez bien, par ma lettre, que ce ne sont pas, à l'heure qu'il est, des remerciements que je médite, puisque je suis même honteux de ceux que j'ai déjà faits. A vous dire le vrai, le contre-temps est l'ùcheux, et quand je songe aux chagrins qu'il m'a déjà causés, je voudrois presque n'avoir jamais pensé à ce bénéfice pour mon frère. Je n'aurois pas la douleur de voir que vous vous soyez peut-être donné tant de peine si inutilement. Ne croyez pas toutefois, quoi qu'il puisse arriver, que cela diminue en moi le sentiment des obligations que je vous ai. Je sens bien qu'il n'y a qu'une étoile bizarre et infortunée qui piU empêclier le succès d'une afl'aire si bien conduite, et où vous aviez également sign:dé votre prudence et votre amitié.
Je vous ai mandé, par ma dernière lettre, ce que M. de Pontchartrain avoit répondu à monsieur l'abbé Renaudot touchant nos ordonnances. Comme il a fait lu distinction entre les raisons que vous aviez de le presseï- et celles que j'avois d'attendre, je m'en vais ce matin chez madame Racine, etje lui conseillerai de porter votre ordonnance à M. de Rie, à part; je ne doute point qu'elle ne touche au plus tôt son argent. Pour moi, j'attendrai sans peine la commodité de M. de Pontchartrain : je n'ai rien qui me presse, et je vois bien que cela viendra. J'oubliai hier à ' vous mander que M. de Pontchartrain, en même temps (ju'il parla de nos ordonnances à monsieur l'abbé Renaudot, le chargea de me féliciter de la chanoinie que Sa Majesté avoit donnée à mon frère.
Je ne doute point, monsieur, que vous ne soyez à la veille de quelque grand et heureux événement; et, si je ne me trompe, le roi va faire la plus triomphanti' campagne qu'il ait jamais faite. 11 fera grand plaisir à M. de La Chapelle, qui, si nous l'en voulions croire, nous engageroit déjà à imaginer une médaille sur la prise de Bruxelles, dont je suis persuadé qu'il a déjà fait le type en lui-même.^ Vous m'avez fort réjoui de me mander la
1. Jusqu'au milieu du xvnr' siècle, on disait indiflcrcmiiient oubliera, ou oublier de, comme on le peut voir dans le Dictionnaire de l'Académie. (B.-S.-P.)
2. On va voir par les lottrus qui suivent que M. de La Chapelle so pressait trop.
part qu'a M"" de Maintenon dans notre affaire. Je ne manquerai pas de me donner l'honneur de lui écrire, mais il faut auparavant que notre embarras soit éclairci, et que je sache s'il faut parler sur le ton cai ou sur le ton triste.
Voici la quatrième lettre ' que vous devez avoir reçue de moi depuis six jours. Trouvez bon que je vous prie encore ici de ne rien montrer à personne du fragment informe que je vous ai envoyé, et qui esc tout plein des négligences d'un ouvrage qui n'est pas encore digéré. Le mot de voir y est répété partout jusqu'au dégoût. La stance
Grands défenseurs de l'Espagne, etc.
rebat celle qui dit :
Approchez, troupes altières, etc.
Celle sur la plume blanche du roi est un peu encore en maillot , et je ne sais si je la laisserai avec
Slars et sa sœur la Victoire.
J'ai déjà retouché à tout cela, mais je ne veux point l'achever que je n'aie reçu vos remarques, qui sûrement m'éclaireront encore l'esprit : après quoi je vous envolerai l'ouvrage complet. Mandez-moi si vous croyez que je doive parler de M. de Luxembourg. Vous n'ignorez pas combien notre m"' - est chatouilleux sur les gens qu'on associe à ses louanges.' Cependant j'ai suivi mon inclination. Adieu, mon cher monsieur; croyez qu'heureux <iu malheureux, gratifié ou non gratifié, payé ou non payé, je serai toujours tout à vous.
Despriîacx.
i. C'était bien la cinquième, savoir les n"' XXXV, XXXVI, XXXVII, et
les deux lettres qui manquent. (B.-S.-P.)
2. Cette abréviation du mot maitre est dans le manuscrit (B.-S.-P.)
3. 11 ne donna plus de commandement à son frère, depuis qu'il eut entendu des vivat criés en faveur de JIoxsieli!, après la victoire de Cassel (D'Alembeut, I. 111, 03, n. 1 i.)
XXWIII.'
HAT, IXE A lîOILEAU.
A (îcmbloiirs, I le Oc juin [1003.]
J'avois comnienci' une grande lettre, où je prétendois vous (lire mon seutiinent sur (juekjues endroits des stances que vous m'avez envoyées; mais comme j'aurai le plaisir de vous revoir l)ientôt, puisque nous nous en retournons à Paris, j'aime mieux attendre à vous dire de vive voix tout ce quej'avois à vous mander. Je vous dirai seulement, en un mot, (jue les stances m'ont paru trèsbelles et très-dignes de celles qui les précèdent, à quelque peu de répétitions près, dont vous vous êtes aperçu vousmême.
Le roi fait un grand détachement de ses armées, et l'envoie en Allemagne avec Monseic.xeur. 11 a jugé qu'il falloit profiter de ce côté-là d'un commencement de campagne qui paroît si favorable, d'autant plus que le prince d'Orange, s'opiniàtrant à demeurer ici sous de grosses places et derrière des canaux et des rivières, la guerre auroit pu devenir ici fort lente, et peut-être moins utile que ce qu'on peut faire au delà du iihiu.' Nous allons