XLV
RACINE A liOILEAU.
A Fontainebleau, le 3 octobre [1094].
Je VOUS suis bien obligé de la promptitude avec laquelle vous m'avez fait réponse. Comme je suppose que vous n'avez pas perdu les vers que je vous ai envoyés, ' je vais vous dire mon sentiment sur vos difficultés et en même temps vous dire plusieurs changements que j'avois déjà
1. L'aim'', celui qui travaillait dans le» bureaux des affaires étrangères.
2. L'autographe est i la Bibliotlièi[iie nationale. Au dos de la lettre, on lit cette note : « Minute à recopier. » Un autre autographe appartient à M. Boutron-Cliarlard. Il porte la date de lOOi.
3. Le cantique sur le bonheur des justes et sur le malheur des réprow vés, dont il est question dans la lettre précédente.
lie CORRESPOXDAXCE.
faiis de moi-même : car vous savez qu'un honune qui compose fait souvent son thème en plusieurs façons.
Quand, par une fin soudaine, Détrompés d'une ombre vaine Qui passe et ne revient plus...
J'ai choisi ce tour, parce qu'il est conforme au texte, qui parle de la fm imprévue des réprouvés; et je voudrois bien que cela fût bon , et que vous pussiez passer et approuver par une fm soudaine, qui dit précisément la cho.se. Voici comme j'avois mis d'aljord :
Quand, dcclius d'un bien frivole, Qui comme l'ombre s'envole Et ne revient jamais plus...
ilais ce jamais me parut un peu mis pour remplir le vers, au lieu que qui passe et ne revient plus me .sembloit assez plein et assez vif. D'ailleurs, j'ai mis à la troisième stance : ' pour trouver un bien fragile, et c'est la même chose (\\xun bien frivole, .\insi tâchez de vous accoutumer à la première manière, ou trouvez quelque autre chose qui vous satisfa.sse. Dans la 2" stance, -
ilisérablvîs que nous sommes.
Où s'égaroient nos esprits?
Infortunés m'étoit venu le premier; mais le mot de misérables, que j'ai employé dans Phèdre, à qui je l'ai mis dans la bouche, ' et que l'on a trouvé assez bien,
1. Elle est devenue la quatrième, "i. Elle est devenue la troisième.