G. Lucilius, poète satirique latin
PRÉFACE
fier ; Regnier écrivait comme on écrivait de son temps. Mais si son expression n’est pas toujours chaste, il peint le vice de couleurs qui ne sont assurément pas faites pour le rendre attrayant.
Les œuvres de Regnier ont été imprimées un grand nombre de fois. Les éditions les plus importantes sont :
fo Les quatre éditions originales faites à Paris par Anthoine du Brueil, 1608, in-4o, 1609, 1612 et 1613, in-8. La première contient la Dédicace au Roi, l’Ode de Motin, dix satires (les neuf premières et la douzième) et le Discours au Roy, Dans la seconde, cm trouve deux satires de plus, la dixième et la onzième ; la troisième édition contient en outre la treizième sdiiire, Macet te, le chef-d’œuvre de l’auteur. Dans la quatrième, on trouve toutes les pièces qui forment la première partie de cette édition, de la page 1 à la page 207 L
2° Les satyres et autres œuvres folastres du sieur Regnier. Derniere édition^ revue^ corrigée et augmentée de plusieurs pièces de pareille estoffe, tant des sieurs de Sigogne, Motin, Touvent et Bertelot, qu^ autres des plus beaux esprits de ce temps. Paris, Samuel Thiboust, 1616, in-8.
Volume de 198 feuillets chiffrés, plus quatre ff. liminaires et un pour le privilège, accordé à Anthoine Du Brueil le 23 septembre 1616. Il a été réimprimé page pour page sous la date de 1617, avec une suite de 20 feuillets chiffrés très irrégulièrement, et dont le dernier est coté 233. Le volume se termine par le privilège de 1616. J’ai sous les yeux un exemplaire de 1617 au nom d’Anthoine
1. J’indique ici pour mémoire une édition de Paris, Anthoine du Brueil, 1614, in-8, qui reproduit l’édition de 1613. A la suite on trouve quinze pièces qui ne sont pas de Regnier.
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Estoc, et un autre au nom de Pierre Chevalier. Il doit en exister sous les deux dates avec le nom d'Anthoine Du Brueil.
Dans ces éditions de 1616-1617, les œuvres de Regnier comprises dans Fédition de 1613 finissent au fol. 100 r®. Les pièces ajoutées commencent au verso du même feuillet, par ce titre : divers épigrammes. Sauf V Adieu de Bertelot et VEscume des œuvres poétiques du sieur de B., toutes les pièces de cette suite sont anonymes. Regnier est-il Fauteur d’un plus ou moins grand nombre d’entre elles? Ses éditeurs ont pu^le croire, et ils en ont joint plusieurs à ses œuvres.
3° Les satyres et autres œuvres du sieur Regnier. Selon la copie imprimée à Paris {Leyde, Elsevier), 1642, petit in-12.
Cette édition contient deux pièces de plus que celle de 1613.
4° Les satyres... augmentées de diverses pièces cy -devant non imprimées. Leiden, J. et D. Elsevier, 1652, petit in-12.
Cette édition contient onze pièces tirées du Cabinet satyrique qu’on n’avait pas encore jointes aux œuvres de Regnier.
5° Satyres et autres œuvres de Regnier, accompagnées de remarques historiques [de Cl. Brossette), nouvelle édition, considérablement augmentée. Londres, Tonson, 1733, in-4.
Cette édition est augmentée de diverses pièces tirées presque toutes du Cabinet satyrique, où elles sont attribuées à Regnier. On y a joint un choix de poésies de Motin, Berthelot, etc.
60 Œuvres de Regnier, avec les Commentaires revus et corrigés, etc., par M. Yiollet le Bue. Paris, Desoer, 1822, in-18.
Cette édition, qui a été reproduite en 1853 dans la
PRÉFACE
Bibliothèque elzevirienne , contient trois pièces du Cabinet satyrique, réunies pour la première fois aux œuvres de Regnier.
7° Œuvres complètes de Regnier^ avec le Commentaire de Brossette, des notes littéraires^ etc., par M.Prosper Poitevin. Paris, Delahays, 1860, in-16.
M. P. Poitevin a fait entrer dans son édition sept épigrammes tirées'de Tédition de 1616, eiVEsioignement de la Cour, pièce qui porte partout le nom de Berthelot, et dans laquelle Fauteur se nomme plusieurs fois lui-même.
8° Œuvres de Mathurin Regnier, augmentées de trentedeux pièces inédites, avec des notes et une introduction, par M. Édouard de Barthélémy. Paris, Poulet-Malassis, 1862, in-18.
Les trente-deux morceaux inédits sont tirés d’un manuscrit de la seconde moitié du xvii® siècle, conservé à la Bibliothèque Nationale, n® 12,491 fonds français. Ils sont presque tous pitoyables, dans la forme comme pour le fond. Quelques-uns portent en eux-mêmes la preuve qu’ils ne sont pas de Regnier L Deux cependant paraissent lui
Dans une Lettre à M. VEvesque de Chartres, an 1606, il est dit (page 253, édition E. de B.) :
Vous composeriez à V auteur...
Lequel ne fut jamais à Rome.
Or, on sait que Regnier y avait séjourné dix ans.
Une pièce datée de 1612 (p. 360), ünit ainsi :
Mais si celle qui tient mon coeur Pour chaque vers me fait Vhonneur Me permettre que je la Vaise,
Je veux mourir chaud comme "braise Entre les bras de ma Cypris,
Tant j'ay d'amour le coeur épris.
Si je n' envoyé pestre Vherbe Desportes, Ronsard et Malherbe.
Malherbe, soit! mais Desportes et Ronsard, Jamais Regnier n’eût ainsi parlé d’eux.
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appartenir, les vers pour Monsieur le Dauphin (page 242 de cette édition) et la pièce qui commence ainsi : Encor que ton œil soit esteint (page 374 de TéditionE. de B.).
Œuvres de Regnier. Édition Louis Lacour. Paris, Académie des Bibliophiles, 1867, in-8.
Cette édition, au-dessus de tout éloge sous le rapport typographique, est en outre une bonne édition. Au texte de 1613, qu’elle reproduit un peu trop scrupuleusement peut-être, on a joint les variantes des éditions précédentes, et ce qu’il y a de meilleur parmi les pièces recueillies par les divers éditeurs de Regnier.
En somme, l’œuvre authentique de Regnier ne se compose guère que des pièces qui figurent dans l’édition de 1613. Mais il est presque certain que plusieurs de celles qu’on lui attribue sont réellement de lui. Regnier ne paraît pas s’être beaucoup préoccupé du soin de présenter ses œuvres au public. Les éditions successives qui en ont été faites de son vivant deviennent plus fautives à mesure qu’elles se multiplient, et ne présentent pas une variante, pas une correction d’auteur. Il est probable qu’il ne se souciait pas plus de ses pièces inédites que de celles qu’il avait publiées. Il dut en circuler un certain nombre, et
Mais voici qui vaut mieux : une Élégie de Van 1613 nous présente Regnier marié !
Amy, pourquoi me veux-tu tant reprendre Que ne dehvois si souMain prendre femme ?
Ne me fais plus la guerre, je te dis,
Car je Vay faict pour avoir paradis.
Et ne pouvois faire meilleur ouvrage Pour mon salut qu'entrer en mariage.
Car tous maris sont d'un cas soucieux Qui me rend seur d'aller jusques aux deux.
Le grand hazard d'estre cocu les fasche ;
Si je le suis et que point ne le sçache,
PRÉFACE
celles qu’on lui attribue dans des recueils manuscrits ou imprimés à peu près contemporains sont probablement sorties de sa plume. Ajoutons que certaines de ces pièces ne pouvaient absolument pas être avouées, même par Regnier.
On comprend combien il est difficile de déterminer quelles sont, dans les pièces attribuées à Regnier, celles qui lui appartiennent. C’est une affaire de sentiment et de goût, pour laquelle j’aime mieux m’en rapporter au lecteur qu’à moi-même. J’ai donc pris le seul parti que j’avais à prendre : Je donne toutes les pièces recueillies par les précédents éditeurs, et même un peu plus *. On trouvera dans les notes l’indication des sources.
J’aurais pu donner quelques morceaux encore qui me paraissent être très certainement de Regnier. J’ai cru devoir m’en .abstenir par respect pour le lecteur. J’ai laissé trois pièces dans les Délices satyriques 2, où M. Ed. Tricotel les a découvertes 3, et une ode inédite, pleine
Innocent suis; or tous les inno cens Seront sauvés^ y en eust-il cinq cinq cens.
Si malgré moy je puis voir et sentir Que Von me fait cocu, je suis martir;
Les tons martirs, si Von croit VÊcriture,
Iront en gloire, et moy donc par droiture.
Regarde donc si je ne suis pas sage D'avoir au ciel assigné mon partage.
Que fusses-tu, pour le tien qu'il me semtle,
Bien marié et cocu tout ensemtle.
J’ai rapporté cette pièce en entier, parce que c’est une des meilleures; mais ce n’est pas là du Regnier. d. A l’exception, toutefois, des pièces du manuscrit 12.491.
2. Paris, 1620, in-12, p. 22-23 {Je ne suis pas prest de me rendre) ; p. 98-99 {Jeanne, vous desguisez en vain) ; et p. 24-25 {Encor que ton teint soit desteint). Cette dernière pièce se trouve aussi dans le manuscrit 884 fonds français et dans le manuscrit 12.491. Elle a été réimprimée dans une édition récente.
3. Voy. Vo/riétés titliographiques, par M. Ed. Tricotel. Paris, 1863, in-12, p. 220 et s.
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d^une verve endiablée, dans le manuscrit 884 fonds français, à la Bibliothèque nationale K
J’ai reproduit le Combat de Regnier et de Bertelot, qu’on attribue à Sigognes, pour les raisons que j’ai déjà fait connaître. Mais j’ai dû laisser de côté deux pièces dédiées à Regnier. L’une se trouve dans l’édition de ses Œuvres, 1616, fol. 150 v®, et l’autre dans les Délices satyriques, p. 411-417.
Pour les pièces publiées du vivant de Regnier, j’ai suivi l’édition de 1613, mais en prenant le texte des éditions précédentes lorsqu’il m’a paru meilleur. Dans ce cas, j’ai indiqué dans les Variante^ la leçon de 1613.
Pour les pièces posthumes ou apocryphes, j’ai suivi le texte le plus ancien ; mais j’ai cru pouvoir me dispenser d’indiquer les variantes.
Le Glossaire-Index qui termine le volume pourrait être plus long. Pour les noms de personnes et de lieux, il était inutile de répéter ce que tout le monde sait, ce qu’on trouve partout. Pour le Glossaire proprement dit, je n’ai pas cru devoir y faire entrer les mots vieillis, les termes de fauconnerie, de manège, etc., qui ne sont pas familiers à tout le monde, il est vrai, mais qu’on trouve dans le Dictionnaire de V Académie, Je me suis borné à expliquer les mots qui ne figurent pas dans ce code de notre langue, ou qui n’y figurent pas avec le sens que leur donne Regnier.
Pierre JANNET.