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PRÉFACE

(( M. Sainte-Beuve, des habitudes antiques, et, pour ainsi « dire, de la tunique romaine, pour les revêtir des (( mœurs et du pourpoint de son temps... »

Regnier, en effet, n’était pas un de ces faiseurs de marqueteries dont j’ai parlé tout à l’heure. Ennemi du travail, un peu trop même, il n’aurait pu s’astreindre à la longue élaboration d’une de ces œuvres où la patience fait beaucoup plus que le génie. Il agissait, il vivait, il observait, et, lorsqu’un sujet était miir, bien vivant dans son esprit, il le produisait d’un seul jet. Inspiration, observation, réminiscences, tout se mêlait, se fondait, et l’œuvre apparaissait belle et grande, même alors que des scories la voilaient par endroits.

On a souvent fait à Regnier un reproche qui paraît grave au premier abord. Tout le monde connaît les vers de Boileau et leur fameuse variante. Le législateur du Parnasse, averti à temps, évita l’écueil dans lequel il reprochait à Regnier d’être tombé. Mais un de ses devanciers, Du Lorens, avait été moins heureux. Dans la satire XXIII, édition de 1646, p. 180, il dit naïvement :

Si mon siècle m'approuve habile cuisinier,

J' ay rencontré son goût en suite de Renier,

Qui coule aussi bourbeux que le père Lucile ^ ;

Mais pour le reformer je ne suis pas concile.

Prenant la chose au pis, quand il seroit parfait.

Il ne me feroyt pas hayr ce que j'ay fait.

Si parfois ne antmoins je croyois mon courage.

Par dépit ou degoust je chirois sur V ouvrage.

Cette façon de critiquer les licences de Regnier, trente ans après sa mort, n’est-elle pas suffisante pour le justi-

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