Var. : que un qui heurte une
SATYRE IX
Qu’elle rend à l’oreille un agréable son;
Et voyant qu’un beau feu leur cervelle n’embrase,
Ils attifent^ leurs mots, enjolivent leur phrase,
Affectelit leur discours tout si relevé d’art.
Et peignent leurs defaux de couleur et de fard.
Aussi je les compare à ces femmes jolies •
Qui par les affîquets se rendent embellies.
Qui, gentes en habits et sades^ en façons,
Parmy leur point coupé tendent leurs hameçons ;
Dont l’œil rît mollement avecque affeterie.
Et de qui le parler n’est rien que flaterie;
De rubans piolez s’agencent proprement,
Et toute leur beauté ne gist qu’en l’ornement;
Leur visage reluit de ceruse et de peautre;
Propres en leur coiffure, un poil ne passe l’autre.
Où ces divins esprits, hautains et relevez.
Qui des eaux d’Helicon ont les sens abreuvez,
De verve et de fureur leur ouvrage estincelle ;
De leurs vers tout divins la grâce est naturelle.
Et sont, comme l’on voit, la parfaicte beauté.
Qui, contente de soy, laisse la nouveauté
Que l’art trouve au Palais ^ ou dans le blanc d’Espagne.
Rien que le naturel sa grâce n’accompagne ;
Son front, lavé d’eau claire, éclate d’un beau teint;
De roses et de lys la nature l’a peint.
Et, laissant là Mercure et toutes ses malices.
Les nonchalances sont ses plus grands artifices.
Or, Rapin, quant à moy, je n’ay point tant d’esprit.