‹ Œuvres complètes de RégnierChapitre 46 sur 134 · Var. : fades · texte numérisé non relu

Var. : fades

3. Au Palais, chez les marchands d’objets de luxe établis dans les galeries du Palais.

SATYRE IX

Je vay le grand chemin que mon oncle m’aprit,

Laissant là ces docteurs que les muses instruisent En des arts tout nouveaux; et sTls font, comme ils disent. De ses fautes un livre aussi gros que le sien S Telles je les croiray quand ils auront du bien,

Et que leur belle Muse, à mordre si cuisante.

Leur don’ra, comme à luy^, dix mil escus de rente,

De rhonneur, de Testime, et quand par Tunivers Sur le lut de David on chantera leurs vers ;

QuTls auront joint Rutile avecq’ le délectable,

Et quTls sçauroMt rimer une aussi bonne table.

On faict en Italie un conte assez plaisant.

Qui vient à mon propos, qu'une fois un paisant.

Homme fort entendu et suffisant de teste.

Gomme on peut aisément juger par sa requeste.

S'en vint trouver le pape, et le voulut prier Que les prestres du temps se peussent marier.

Afin, ce disoit-il, que nous puissions, nous autres.

Leurs femmes caresser ainsi qu'ils font les nostres.

Ainsi suis-je d'avis comme ce bon lourdaut :

S'ils ont l'esprit si bon et l'intellect si haut.

Le jugement si clair, qu'ils facent un ouvrage Riche d'inventions, de sens et de langage,

Que nous puissions draper comme ils font nos escris.

Et voir comme l'on dit s'ils sont si bien apris :

Qu'ils monstrent de leur eau, qu'ils entrent en carrière. Leur âge deffaudra plustost que la matière.

Nous sommes en un siecle où le prince est si grand.

Que tout le monde entier à peine le comprend.

Qu'ils facent par leurs vers rougir chacun de honte,

Page 1