Imité de Rabelais, livre III, ch
SATYRE X
Il avoit un jupon, non celuy de Constable,
Mais un qui pour un temps suivit Tarriere-ban,
Quand en première nopce il servit de caban Au croniqueur Turpin ^ lors que par la campagne Il portoit Tarbalestre au bon roy Charlemagne.
Pour asseurer si c’est ou laine ou soye ou lin.
Il faut en devinaille estre maistre Gonin^.
Sa ceinture honorable, ainsi que ses jartieres.
Furent d’un drap du Seau mais j’entends de lizieres,
Qui sur maint cousturier jouèrent maint rollet ;
Mais pour l’heure présente ils sangloient le mulet.
Un mouchoir et des gands, avecq’ ignominie Ainsi que des larrons pendus en compagnie,
Luy pendoient au costé, qui sembloient, en lambeaux. Crier en se mocquant : vieux linges, vieux drapeaux î De l’autre brimballoit une clef fort honneste.
Qui tire à sa cordelle une noix d’arbaleste.
Ainsi ce personnage en magnifique arroy.
Marchant pedetentm s’en vint jusques à moy,
Qui sentis à son nez, à ses levres décloses.
Qu’il fleurait bien plus fort 4, mais non pas mieux que roses.
Il me parle latin, il allégué, il discourt,
Il reforme à son pied les humeurs de la Court :
Qu’il a pour enseigner une belle maniéré.
Qu’en son globe il a veu la matière première ;
Qu’Epicure est yvrongne, Hypocrate un bourreau.
Que Bartolle et Jason ignorent le barreau ;
Que Virgile est passable, encor’ qu’en quelques pages