Personnage resté inconnu aux commentateurs
3. Le Cousin était un fou de Henri IV, ainsi nommé, dit-on, parce qu’il appelait ce roi son cousin.
SATYRE XIV
Comme le chaud, le froid, les frimas et la pluye,
Mil autres accidens^ bourreaux de nostre vie,
Luy, selon sa raison, souz eux il s’est sousmis,
Et, forçant la Nature, il les a pour amis.
11 n’est point enreumé pour dormir sur la terre ;
Son poulmon enflammé ne tousse le caterre ;
11 ne craint ny les dents ny les déductions.
Et son corps a, tout sain, libres ses fonctions.
En tout indifferent, tout est à son usage.
On dira qu’il est fou : je croy qu’il n’est pas sage.
Que Diogene aussi fust un fou de tout point.
C’est ce que le Cousin comme moy ne croit point. Ainsi ceste raison est une estrange beste ;
On l’a bonne selon qu’on a bonne la teste.
Qu’on imagine bien du sens comme de l’œil,
Pour grain ne prenant paille, ou Paris pour Corbeil.
Or, suivant ma raison et mon intelligence.
Mettant tout en avant, et soin et diligence,
Et criblant mes raisons pour en faire un bon chois. Vous estes, à mon gré, l’homme que je cherchois. Afin doncq’ qu’en discours le temps je ne consomme. Ou vous estes le mien, ou je ne veux point d’homme. Qu’un chacun en ait un ainsi qu’il luy plaira ;
Rozete, nous verrons qui s’en repentira.
Un chacun en son sens selon son chois abonde.
Or, m’ayant mis en goust des hommes et du monde. Réduisant brusquement le tout en son entier.
Encor faut-il finir par un tour du mestier.
On dit que Jupiter, roy des Dieux et des hommes, Se promenant un jour en la terre où nous sommes,