ODE A REGNIER
SUR SFS SATYRES
K2 y I de nous se pouiroit vanter De n^estre point en servitude.
Si rheur, le courage et Testude Ne nous en sjauroient exempter ?
Si chacun languit abbatu, Serf de Tespoir qui l'importune, Et si mesme on voit la vertu Estre esclave de la fortune?
L*un aux plus grands se rend suject, Les grands le sont à la contrainte, L'autre aux douleurs, Tautre à la crainte, Et l'autre à Tamounux object.
Le monde est en captivité ; Nous sommes tous serfs de nature, Ou, vifs, de notre volupté, Ou, morts, de notre sépulture.
Mais en ce temps de fiction, £t que ses humeurs on desguise, Temps où la servile feintise Se fait nommer discrétion, Chacun fiiisant le réservé, . Et de son plaisir son idole, Regniek, tu t*es bien conservé La liberté de la parole.