‹ Œuvres complètes de Regnier: revues sur les éditions originales avecChapitre 3 sur 74 · Philippe Desportes mourut le 5 octobre · texte numérisé non relu

Philippe Desportes mourut le 5 octobre

3. M. Lucien Merlet donne à cette hôtellerie le nom de TEcu de France.

Voici le récit de Tallemant (t. I, p. 96) : « Régnier mourut à trente-neuf ans à Rouen, où il estoit allé pour se faire traitter de la veroUe par un nommé Le Sonneur. Quand il fut guery, il voulut donner à manger à ses médecins. Il y avoit du vin d*£spagne nouveau. Ils luy en laissèrent boire car complaisance ; il en eut une pleurésie qui l'emporta en trois joure. D

PRéFACB. IX

que nous pouvons tirer du peu de renseignements qu'il nous a transmis.

Régnier appartenait à une famille considérable de la bourgeoisie. 11 était neveu de Philippe Desportes, le poète le mieux rente du temps. Son père rêva dès le premier jour pour le jeune Mathurin la fortune de Tabbé de Tiron, et le fit tonsurer à Tâge de onze ans. Si plus tard il cherche à le détourner du culte des muses^ c'est que « l'homme de plaisir » veut la fin sans les moyens. Régnier, tout poète qu'il était, fut plus conséquent. Comptant sur la protection de son oncle, il comprit qu'il devait suivre la même voie que lui, et s'adonna à la culture des lettres. Dans sa position, un homme vulgaire eût probablement bien fait son chemin. Régnier ne réussit pas. A vingt ans, affolé par la pauvreté, se voyant méprisé du peuple et des grands, il cherche un protecteur. Il part pour Rome à la suite du cardinal de Joyeuse; il y passe huit ans, puis, après un court séjour en France, il y retourne à la suite du duc de Béthune. Deux ans après, il était de retour à Paris, aussi pauvre, aussi mécontent qu'avant son départ. Le diplomate n'avait pas mieux réussi que le poète.

Rentré en France, Régnier s'attacha à son oncle Desportes, qui l'aimait beaucoup, assure-t-on^ mais dont la tendresse, toutefois, ne paraît pas avoir été fort active. Il ne fit rien obtenir à son neveu, et ne lui laissa rien par son testament. Peut-être croyait-il, comme on l'a conjecturé, qu'un homme d'un tel mérite ne pouvait manquer d'être bientôt largement pourvu.

Dans la maison de son oncle, qui avait su « rimer une bonne table > et recevait beaucoup de monde, Régnier se lia plus ou moins avec les beaux-esprits du temps, de même qu'il y trouva, grâce à son humeur satirique et à son admiration un peu trop enthousiaste pourle talent et la brillante position de Desportes, l'occasion de se mettre quelques mauvaises affaires sur les bras. Tallemant en rapporte trois.

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