LA C. P
Infâme bastardde Cythère, Fils ingrat d'une ingrate mère.
Avorton traistre et déguisé.
Si je t'ay suivy dès Penfance, De quelle ingrate recompense As-tu mon service abusé !
Mon cas, fier de mainte conqueste.
En Espagnol portoit la teste.
Triomphant, superbe et vainqueur, Que nul effort n'eust sceu rabattre ; Maintenant lasche et sans combatrc, Fait la cane et n'a plus de cœur.
De tes autels une prestresse L'a reduict en telle détresse, .
Le voyant au choc obstiné,
gu'entouré d'onguent et de linge, m'est avis de voir un singe Comme un enfant embeguiné.
De façon robuste et raillarde.
Pend raureille,et n'est plus gaillarde; Son teint vermeil n'a point d'esclat ; De pleurs il se noyé la face.
Et faict aussi laide grimace Qu'un boudin crevé dans un plat.
Aussy penaud qu'un chat qu'on chastrc.
Il demeure dans son emplastre.
Comme en sa coque un limaçon.
En vain d'arrasser il essaye :
Encordé comme une lamproye, H obeyt au caveçon.
Une salive mordicante De sa narine distillante L'ulcère si fort par dedans.
Que, crachant l'humcnr qui le pique.
Il bave comme un pulmonique Qui tient la mort entre ses dents.
Ha ! que cette humeur languissante Du temps jadis est diâêrente.
Quand brave, courageux et chaud.
Tout passoit an fil de sa r&ge.
N'estant si jeune pucelage Qu'il n'eniîkst de prime assaut !
Appollon, dès mon âge tendre.
Poussé du courage d'apprendre, Auprès du ruisseau pamassin- Si je t'invocqué pour poète.
Ores, en ma douleur secrète.
Je t'invoque pour médecin.
Sévère Roy des destinées, Mesureur des vistes années.
Cœur du monde, aU du £^ament^ Toy qui présides à la w, Garis mon cas, je te siçplie.
Et le conduis à sanvement.
STAKCIS. 151
Pour recompense, dans ton temple , Servant de mémorable exemple .
Aux joueurs qui viendront après^ J'appendray la mesme figure De mcm cas malade en peinture.
Ombragé d'ache et de cyprès.
FIN