Z^^ LE COMBAT DE REGNIER
Il poursuit tousjours et le prcî^r^, Luy donnant du poing sur le nez, Et ceux qui voycnt la fbiblesse De ce géant sont estonnez.
Pensant voir en ccstc deffaitte Un corbeau sur une alouette.
Ce Goliath remply de rage Avec les pleurs respand son fiel, Et son sang luy faict le visage De la couleur de Parc en ciel.
Ou bien de ceste estoffe fine gue l'on apporte de la Chine.
Phœbus, dont les grâces infuses Honorent les divins cerveaux.
Comment permets-tu que les Muscs Gourmandent ainsi leurs museaux, « ' Et qu*un peuple ignorant se raille De voir ses enfans en bataille ?
Régnier, pour toute sa deffence.
Mordit Bertelot en la main, Et Teust mangé, comme Ton pense.
Si le bedeau de Sainct Germain, Qui revenoit des Tuileries, N*eust mis fin à leurs batteries.
Mais ce vénérable beau père, Preud' homme comme un pellerin.
Dit à l'un deux : « Bonne galère, »
A Tautre : Bon sainct Mathurin :
Je vous ordonne ces voyages.
Mes amis, pour devenir sages. »
ET DE BERTELOT. 239
Au bruict de ces grandes querelles, Où Régnier eut les yeux pochez, Une troupe de maquerelles, Conduites par les sept péchez.
Prestes de faire un bon office, Luy vindrent offrir leur service.
Si tost qu'elles voyent sa face.
Pleine de sang et de crachat.
Elles font plus laide grimace Que la soury prise du chat.
Et leur plainte semble. aux oreilles Une musique de corneilles.
Mais Régnier, en mordant sa lèvre.
Leur promit qu'A n'en mourroit pas.
Bertelot s'enfuit comme un lièvre, Et le Bedeau haste ses pas, Ayant appaisé ceste escrime.
Pour aller fidre sooner Prime.
P. 3. • Me faisant du bien. »
Allusion à la pension de 2000 livres que le Roi lui avait doi>née sur l'abbaye de Vaux-de- Cernay.