‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciens (volume 2)Chapitre 109 sur 178 · CHRYSIPPE · texte numérisé non relu

CHRYSIPPE

Chrysippe était de Soji , ville de Cilicic’. Il avait l’esprit fort subtil, et propre aux dispules de la dialectique, où il s’était fort exercé, et sur laquelle il avait fait plusieurs traités. Diogène Laérce les fait monter à plus de trois cents. On prétend que ce qui l’engagea à écrire beaucoup, fut l’envie qu’il portail à Épicure, qui avait fait plus de livres qu’aucun autre philosophe; mais il n’égala jamais ce concurrent. Ses ouvrages étaient peu travaillés , et, par une suite nécessaire, peu corrects, pleins de répéli lions ennuyeuses , et souvent même de contradictions. C’était le défaut ordinaire des stoïciens, de mêler beaucoup de subtilité et de sécheresse dans leurs disputes , soit de vive voix , soit par écrit. Ils évitaient, ce semble, avec autant de soin tout agrément dans le style comme tout relâchement dans les mœurs. Cicéron ne les blâmait pas beaucoup de manquér d’un talent entièrement étranger à leur profession 3 , et qui n’y était pas abso-

• « Serlpslt artem rlirtoriram Cleanthes , Cbrjilppus « eliam , sed sic ut, si quls obmutescere eoncuplcrit, nihil • «Huit legere debeat. » (De Finit. Mb. 4, u. 7.)

1 Laert.

• <r Vidcmus llsdcm de rebus Jejuni qnosdam et esllln ter. ul eum , quem aeulisstmum feront , Cbrystppum « dispuUvIssc ; neque ob e.tm rem philosophite non u-

lumcnt nécessaire. Si un philosophe', dit-il , a de l’éloquence, je lui en sais bon gré: s’il ne n a point, je ne lui en fais pas un crime. Il se contentait qu’ils fussent clairs et intelligibles*; et c'est par où il estimait Épicure.

Quinlilien cite souvent avec éloge un ouvrage que Chrysippe avait fait sur l'éducation des enfants.

Il s'associa pendant quelque temps aux académiciens’, soutenant à leur manière sur un même sujet le pour et le contre. Les stoïciens se plaignirent de ce que Chrysippe avait ramassé tant et de si forts arguments pour le système des académiciens, qu'il ne put ensuite les réfuter; ce qui avait fourni des armes à Carnéade, leur antagoniste.

Sa doctrine, sur plusieurs points, ne faisait pas d'honneur à sa secte, et n’était capable que de la décrier. Il croyait les dieux périssables’, et soutenait qu'ils périraient en effet dans l'incendie du monde. Il permettait les incestes les plus criants et les plus abominables, cl admettait la communauté des femmes parmi les sages. Il avait composé plusieurs écrits remplis d'obscénités qui faisaient horreur. Voilà ce qu’était le philosophe qui passait pour le plus ferme appui du Portique c'est-à-dire de la secte la plus sévère du paganisme.

Il doit paraître étonnant , après cela , que Sénèque fasse de ce philosophe6, en le joignant à Zénon , un éloge si magnifique , jusqu’à dire de l'un et de l’autre qu’ils ont fait de plus grandes choses par tes travaux de leur cabinet que s’ils avaient commandé des armées, rem-

« Üsfecissc . qaôd non habuerunt hnne dlcendi ex «rte « aliénant facalutem. » ( De Orat. lib. 1, n. 49.)

1 « A philosophe, si afferat eloquenliam, non asperner: u si non habcat , non admodùm flagiUm. » ( De Fintb.

« iib.l, n. 15. )

* « Oratlo me istins philosophi non offendlt. Nam et a fompIfClHur verbis quod vult, etdiclt plané qnod in- « telligam. » ( Ibid. )

» Acad. lib. 4, n. 7.

* Plut, contra Stolc. pag. 1071 . 1075. — Laert.

* « Fulcire putalur porlicum sloicorum. » (Acad. 4, 75.)

a Nos ccrtè sumus qui diciraus et Zenonera et Chry- « sippum majora egisse , quàin si duxissent exercitus, n gessbsent honores, leges luIUsent , quas non uni civi- « laii , sed loti buruano generi lulerunt. » ( Suis, de ot sap. cap. 32. )

pli les premières places d'un état , établi de sages lois; et qu'il les considère comme des législateurs, non d'une seule ville, mais du genre humain entier.

Chrysippe mourut dans la 143* olympiade1. On lui dressa un tombeau parmi ceux des plus illustres Athéniens. Sa statue se voyait dans le Céramique.

DIOG&ftE LE lUBYLONIE*.

Diogène le Babylonien était ainsi appelé, parce que Sélcucie, sa patrie, était voisine de Babylone. Il était un des trois philosophes qu'Athènes députa vers les Romains.

Il fil paraître une grande modération et une grande tranquillité d'âme dans une conjoncture capable d’émouvoir l’homme le plus doui et le plus patient. Il faisait une dissertation sur la colère *. Un jeune homme , pétulant et eCTronté à l'excès, lui cracha au visage, apparemment pour voir s’il mettrait en pralique les leçons qu'il donnait aux autres. Le philosophe, sans paraître ému, et sans hausser le ton, dit froidement : Je ne me fâche point: mais néanmoins je doute si je devrais me fâcher. Ce doute convenait-il à un stoïcien?

XVTirATM.

Antipater était de Sidon. Il est souvent parlé de lui dans le quatrième livre des Questions académiques comme de l'un des stoïciens les plus habiles et les plus estimés. Il avait été disciple de Diogène le Babylonien , et Posidonius fut le sien.

PAaÉTICS.

Panètius a été sans contredit un des plus célèbres philosophes de la secte stoïcienne. Il était Rhodien’ , et ses ancêtres avaient com-

i An. M. 3793.

* « El de irâ quum maximè dlsserenii ndolesrens pro- « (ervus inspuil. Tulil hoc ilte leuiler ac sapienter. Non « quidem , inquit , irascor : sed dubito lamen an irasri « oporteal.» ( Se*, de Ira, lib. 3, cap. 38. )

3 Slrab. lib. 15 , pag. 655.

mandé les armées de la république, lin peul placer sa naissance vers le milieu de la 1 V8' olympiade'.

Il répondit parfaitement aux soins particuliers qu’on avait pris de son éducation , et se livra tout entier à l'étude de la philosophie. L’inclination, peut-être les préjugés, le déterminèrent en faveur de la secte des stoïciens, alors très-accrédilée. Antipater de Tarse fut son maître. Il l’écouta en homme qui connaissait les droits de la raison * : et , malgré la déférence aveugle avec laqnelle les stoïciens recevaient les décisions des fondateurs du Portique , Panélius abandonna sans scrupule celles qui ne lui parurent pas suffisamment établies.

Pour satisfaire son désir d’apprendre , qui était sa passion dominante , il quitta Rhodes , peu touché des avantages auxquels semblait le destiner la grandeur de sa naissance. Les personnes les plus distinguées en tout genre de littérature se rassemblaient ordinairement & Athènes , et les stoïciens y avaient une école fameuse. Panélius la fréquenta avec assiduité, et en soutint dans la suite la réputation avec éclat. Les Athéniens , résolus de se l’attacher, lui offrirent le droit de bourgeoisie : il les en remercia. « Un homme modeste3 », leur dit-il, ! au rapport de Proclus , « doit se contenter a d’une seule patrie . » En quoi il imitait Zénon , qui , dans la crainte de blesser ses ci- , toyens , ne voulut point accepter la même grâce 4.

Le nom de Panélius ne tarda guère à pas- ’ser les mers. Les sciences, depuis quelque temps, avaient fait à Rome des progrès considérables. Les grands les cultivaient à l’envi , et ceux que leur naissance ou leur capacité avaient mis à la tète des affaires se faisaient un honneur de les protéger efficacement, j Voilà les circonstances dans lesquelles Panélius vint à Rome. 11 y était ardemment souhaité. La jeune noblesse courut à ses leçons , et il compta parmi ses disciples les Léliuset les Scipions.Une amitié tendre les unit depuis ;

' et Panélius , comme le témoignent plusieurs écrivains , accompagna Scipion dans ses diver-

> An. M. 3811.

* De Divin, lib. 1, n. 6.

* Piocl, in Ifesiod. pag. 151.

* Plut. deSlolc rep, pag. îUJt.

lit.

ses expéditions. En revanche cet illustre P main lui donna , dans une occasion éclatante , des marques de la confiance la plus (laiteuse. Panélius fut le seul sur lequel il jeta les yeux, lorsque le sénat le nomma son ambassadeur auprès des peuples et des rois de l’Orient alliés de la république Les liaisons de Panélius avec Scipion ne furent pas inutiles aux Rhodiens’, qui employèrent souvent avec succès le crédit de leur compatriote.

On ne sait point précisément l’année de sa mort. Cicéron nous apprend que I’anétius a vécu trente ans après avoir publié le traité des Devoirs de l’Homme , que Cicéron a fondu dans le sien : mais on ne sait pas en quel temps ce traité a paru. On peul juger qu'il le publia à la fleur de son âge. Le cas et l’usage que Cicéron en a fait en traitant la même matière sont de bons garants de l'excellence de cet ouvrage, dont la perte doit être regrettée. Il en avait composé beaucoup d'autres , dont ou peut voir le dénombrement dans le mémoire de M. l’abbé Sevin3 sur la vie et sur les ouvrages de Panélius , que je n’ai fait qu'extraire dans ce que j’en ai rapporté ici.

Il faut avouer, â la louange des stoïciens , que , moins occupés que les autres philosophes de spéculations frivoles et souvent dangereuses , ils consacraient leurs veilles à l'éclaircissement de ces grands principes de la morale , qui sont le plus ferme appui de la société : mais la sécheresse cl la dureté qui régnaient dans leurs écrits aussi bien que dans leurs mœurs rebutaient la plupart des lecteurs , et diminuaient beaucoup futilité qu’on en aurait pu tirer L’exemple des fondateurs du Portique, Cièanthe et Chrysippe, ne séduisit point Panélius. Attentif aux intérêts du public , et persuadé que l'utile ne passe d'ordinaire qu’à la faveur de l'agréable , à la solidité

* « P. Afrirani blstoriæ loquuntur, in legalione illâ no~ « biU quam obiil, Panælium unum omninô Gomitcm « fuisse » (Cic. Acad. Quœst. lib. 4. n. 5. )

* Plut in Moral pag. 814.

» Tome X des Mémoires de l'Acad. des Belles- Leilr.

a « Sloici horridiorcs evadunt , asperiores . duriorcs , rt et oralione et moribus. Quam illorutn trlslilhm alque « asperilatem fugiens Panætius , nec accrbilatem sen- « lentiarum , nec disscrendi spioas probavit : fuilque in « altero généré mitilior. in altero lllusirior. p ( F;wb* lib. 4, n. 78,79.)

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du raisonnement il joignit la beauté et l'élégance du style, et répandit dans scs ouvragés les grâces et les ornements dont ils étaient susceptibles.

POS1DOSIL9.

Posidonius était d’Apamée en Syrie; mais il passa la plus grande partie de sa vie à Rhodes , où il enseigna la philosophie avec grande réputation , et fut employé au gouvernement avec un pareil succès.

Pompée , au retour de son expédition contre Mithridate , passa par Rhodes pour le voir. Il le trouva malade. Nous verrons dans la suite comment se passa cette visite.

ENCTÈTE.

Je ferais injure à la secte des stoïciens si , dans le dénombrement de ceux qui s’y sont attachés , j’omettais Épictète , celui peut-être de tous ces philosophes qui lui a fait le plus d'honneur par la sublimité de ses sentiments et par la régularité de sa conduite.

Épictète était né à Hiérapolis , ville de Phrygie . vis-à-vis de Laodicée. La bassesse de son origine nous a dérobé la connaissance de ses parents. 11 fut esclave d’un Epaphrodite, nommé par Suidas un des gardes de Néron ; cl c'est d’où lui fut donné le nom d' Épiclèle qui signifie serviteur acheté , esclave. On ne sait ni par quel accident il fut mené à Rome , ni comment il fut rendu ou donné à Epaphrodite : on sait seulement qu’il fut son esclave. Epictète fut apparemment mis en liberté, il fut toujours attaché à la philosophie des stoïciens , qui était alors la secte la plus parfaite et la plus sévère.

Il vécut à Rome * jusqu’à l’édit de Domilien qui en chassa tous les philosophes. Si l’on en croit Quintilicn *, plusieurs d'entre eux cachaient de grands vices sous un si beau nom ; et ils s’étaient fait la réputation de philosophes,

* E-«TÏÎTOf.

> An. J. C. W.

s a Noslris temporibux sub boc Domine mexims in « plcrlsquc vilia laluerunl. Non cnlm virlule ac xtudlls , • ut haberenlur philosophi , laborabanl . sed vulluro, cl o triililiani , et dissemientem a rsleris habituro pesslmis « morlbus prælendebinl » ( Quisr. in Proam. lib. 1. )

non par leur vertu et leur science, mais par un visage triste et sévère , et par une singularité d’habit et de manières qui servait de masque à des moeurs très-corrompues. Peut-être Quintilien charge-t-il un peu ce portrait pour faire plaisir à l’empereur : ce qui est certain , c’est qu'on ne peut en aucune sorte l’appliquer à Epictète.

Au sortir de Rome , il alla s'établir à Nicopolis , ville considérable d'Epire , où il passa plusieurs années , toujours dans une grande pauvreté , mais toujours fort honoré et fort respecté. Il revint ensuite à Rome, sous le règne d'Adrien , de qui il fut fort considéré. On ne marque ni le temps , ni le lieu , ni aucune circonstance de sa mort : il mourut dans une assex grande vieillesse.

Il réduisait toute sa philosophie à souffrir les maux patiemment et à se modérer dans les plaisirs ; ce qu'il exprimait par ces deux mots grecs, à'nyji-j XK i àtri^ou, sustine et obstiné.

Celsc 1 , qui a écrit contre les chrétiens, dit que son maître lui serrant la jambe avec beaucoup de violence , il lui dit sans s’émouvoir et comme en riant : Mais cous m' aile: casser la jambe. Et comme cela fut arrivé , il lui dit du même ton : Ne vous l'avais-je pas bien dit , que vous me la casseriez ?

Lucien * se moque d’un homme qui avait acheté très-cher la lampe d'Epictètc * , quoiqu’elle ne fût que de terre; comme s’il se fût imaginé qu’en s’en servant il deviendrait aussi habile que cet admirable et vénérable vieillard.

Épictète avait composé plusieurs écrits, dont il ne nous reste que son Enchiridion nu Manuel ; mais Arrien , son disciple , a fait un grand ouvrage qu’il prétend n’être composé que des choses qu’il avait ouï dire , et qu’il avait recueillies , autant qu’il avait pu , dansles mêmes termes. Des huit livres qui formaient cet ouvrage, nous n’en avons que quatre.

Stobée nous a conservé quelques sentences de ce philosophe , qui étaient échappées À la diligence de son disciple. J’en citerai ici deux ou trois.

« Il ne dépend pas de toi d’être riche, « mais il dépend de toi d’être heureux. Les

* Orig. in Cela. lib. 7.

* Lucian. ad vers. Indoct. pag. 548.

* Trois mille dragmes, cest-à-dire quinze cenla livres.

« richesses môme ne sont pas toujours un * bien , et certainement elles sont toujours (le « peu de durée ; mais le bonheur qui vient « de la sagesse dure toujours.

« Quand tu vois une vipère ou un serpent « dans une boîte d’or , l'en estimes-tu davan- « tage? et n’as-tu pas toujours pour elle la n même horreur è cause de sa nature malfoi- « santé et venimeuse? Fais de même à l’égard « du méchant, quand tu le vois environné « d'éclat et de richesses.

« Le soleil n’altend point qu’on le prie pour « faire part de sa lumière et de sa chaleur. A « son exemple, fais tout le bien qui dépend « de loi , sans attendre qu’on te le demande. »

Voici la prière qu’Epictète souhaitait de « foire en mourant : elle est tirée d’Arrien. a Seigneur, ai-je violé vos' commandements? « Ai-je abusé des présents que vous m’avez n faits? Ne vous ai-je pas soumis mes sens , « mes vœux , mes opinions? Me suis-je jamais « plaint de vous ? Ai-je accusé votre provi- « dcnce ? J’ai été malade, parce que vous a l’avez voulu , et je l’ai voulu de même. J’ai « été pauvre , parce que vous l’avez voulu , et « j’ai été content de ma pauvreté. J'ai été « dans la bassesse, parce que vous l’avez « voulu, et je n’ai jamais désiré d’en sorti tir. M’avez-vous jamais vu triste de mon c état? M’avez-vous surpris dans l’abattement « et dans le murmure ? Je suis encore tout a prêt è subir tout ce qu’il vous plaira d’or- « donner de moi. Le moindre signal de votre « part est pour moi un ordre inviolable. Vous « voulez que je sorte de ce spectacle magni- « tique , j’en sors et je vous rends mille très- « humbles grâces de ce que vous avez daigné « m’y admettre pour me faire voir tous vos « ouvrages , et pour étaler à mes yeux l'ordre « admirable avec lequel vous gouvernez cet « univers. » Quoiqu'il soit aisé de remarquer ici des traits empruntés du christianisme , qui alors commençait à jeter une grande lumière , on sent néanmoins un homme bien content de lui-même, et qui , par ses fréquentes interrogations , semble défier la divinité même de trouver en lui aucun défaut : sentiment et prière véritablement digne d’un stoïcien , tout fier de sa prétendue vertu ! Saint Paul , si rem-

pli de bonnes oeuvres , ne parlait pas ainsi. Je n'ose pas me juger moi-tnéme , disait-il ‘ ; car , encore que ma conscience ne me reproche rien , je ne suis pas justifie pour cela ; mais celui qui me juge , c'est le Seigneur. Au reste celle prière , toute imparfaite qu’elle est, sera la condamnation de beaucoup de chrétiens; car elle nous montre qu’une parfaite obéissance , un entier dévouement , une pleine résignation à toutes les volontés de Dieu , étaient regardés par le paganisme même comme des devoirs indispensables de la créature à l’égard de celui de qui elle tient l'être. Ce philosophe a connu le terme des devoirs et des vertus :il a eu le malheurd’en ignorer le principe.

Épictéte était à Rome dans le temps que saint Paul y faisait tant de conversions, et que le christianisme naissant brillait avec tant d’éclat par la constance inouïe des fideles. Mais , loin de profiter d’une si vive lumière, il blasphémait contre la foi des premiers chrétiens et contre le courage héroïque des martyrs. Dans le quatrième chapitre du septième livre d’Arrien , Épictéte, après avoir montré qu’un homme qui sent sa liberté, et qui est persuadé que rien ne lui peut nuire , parce qu’il a Dieu pour libérateur, ne craint ni les satellites, ni les épées des tyrans , ajoute : La folie et la coutume ont pu porter quelques-uns à les mépriser , comme elles y portent les Galiléent 1 , et la raison et la démonstration ne pourront le faire. Il n’y avait rien de plus opposé à la doctrine évangélique que l’orgueil stoïcien.

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