DE L'ASIE
Grâce à l’admirable conservation de certains monuments de l’Ëgypte, aux peintures qui les ornaient et aux objets d’arts qui remplissaient quelqnes-nns d’entre eux, grâce aussi aux fréquents rapports qui eurent lieu entre los Egyptiens, les Grecs et les Homains , soit en état de paix, soit en état de guerre, nous pouvons avoir une idée assez nette de ce que furent les scieoces et les arts sur la vieille terre d’Ègypte. Il n’en peut être de même
des Dations de l’Asie, qui ne noos offrent que des monceaux de reines an lieu de monemenls, et qui n’eurent que des rapports passagers avec les deux peuples célèbres qui pouvaient le mieux les étudier et noos les taire connaître. Laissons donc là des recherches qui seraient à peu près inutiles, et contentons-nous de dire que les Chaldécns et les Phé niciens poussèrent tort loin l’étude de l'astronomie et de la géographie, comme nous rapprennent les travaux de Ptolémée et de quelques autres savants de l’antiquité. Les Assyriens et les Perses turent aussi tort habiles dans l’art de l’architecture.
ÉTAT DU LTKDOSTEIE.
Agriculture. — Le long asservissement dans lequel vécurent la plupart des nations de l’Asie, et les guerres fréquentes qui occupaient les bras les pins utiles et ravageaient sans cesse les campagnes, ne turent pas un sujet d’encouragement pour les possesseurs du sol : aussi, si ce n’est quelques contrées plus particulièrement favorisées par la nature, le reste de l’Asie n’eut-il pas celle culture soignée des Grecs, des Romains, des peuples de l’Egypte ou de la Sicile. Toutefois il est juste de dire que c’est de l’Asie que neaa sont venus les animaux les plus utiles et les végétaux les plus précieux pourl’honalue. Nous ne devons pasomettre que dans la Babylooie, l’art avait porté à nue hauts prospérité la vaste plaine qui sépare l’Euphrate et le Tigre, aujourd'hui rendue à la stérilité. De nombreux canaux qui unissaient les deux fleuves, servaient à la Ibis à la navigation et à l 'arrosement des terres. Il serait d'une grande importance pour noua de connaître comment étaient (site ces canaux et quel était la système d’écluses dont ce servaient les Babyloniens, mais aucun historien n’en tait mention.
La Palestine fut aussi renommée pour les soins qu’elle apportait dans la culture des céréales, de l'olivier cl de la vigne.
Art» induifriets. — Les arts industriels turent, sans aucun doute, plusavancéschez les peuples asiatiques que l'agriculture. Quelques villes de la Phénicie, de la Babylooie, de la Perse et de la Hédie jouirent nolammeut d'une assez grande réputation. La magnifique Babyloue , antre antres, ne tut pas ■eulemeut renommée par «ou étendue , sea monuments, ses murailles, mais encore per une industrie aussi active que perfectionnée. Des bras nombreux fabriquaient , pour les nationaux comme pour lés étrangers, des étoffes do fil, de coton, de soie, de laioei dans quelques-uns cuiraient le 111 d’or et
d’argent dont S'habillaient les rois et les grands d* l’état.
Le colon venait de l’Inde, le fil de soie dent on ne connaissait pas l’origine , arrivait , au moyeu des caravanes, de la Chine, ou paya limitrophes. Placeurs contrées , notamment les pays montagneux , fournissaient la laine.
La pourpra de Sidoo est connue et célébrée par loua les hisloriens.
A Suae, à Sardes, à Persépolis, on fabriquait les armes, les chariots, on travaillait les métaux, on préparait les ornements des palais el des temples, les vêtements des riches personnages ; en un mot, tout ee qu'il follait pour fournir à ce luxe oriental qui semble s'être perpétué d'ége eu ège dans ces contrées moralement trop pen avancées pour comprendre que l'homme a sa véritable valeur en luimême, bien plus que dans les failles ornements qni le surchargent ou l'entourent.
L’Inde préparait aussi, pour les commerçants qni abondaient dans ses parages, des toiles de coton et de laine fine, des objets d'ivoire, des perles, des pierres précieuses, ses parfums, ses épices si justement renommés.
éTAT OC COHKESCK.
Lu plupart d«a peuples de l’Asie sont ceseoiielleaaoul commerçants. La boaulé de lear climat, la genre de lent esprit fort communicatif, leu religion, qui d’abord commande le pèlerinage, le* animaux qui leu secondent si bien dans leurs désirs de locomotion, tais que le clr amena et le dromadaire, tout cela les convie à la vie active el leu donne les qualités qni rendant les rapports commerciaux à la fois agréables et fructueux.
Il ut deux peuples surtout dont nous deveos mentionner les efforts el les succès dans la carrière commerciale, ce furent les Phéniciens et les Babyloniens.
Lue chose digne de remarque, c'eut que le commerce se fait encore en grande partie aujourd'hui dans ces contrées comme il se faisait autrefois, c'est-à-dire au moyen de curavunea. Le choix de ee mode de commercer tient à plusieurs causes. D’abord sur bien des pointa de l'Asie, le fer el le bois étaient assez rares ; ensuite il était des saisons ou lu goUe Persiqus el surtout le golfe Arabiqee n’étaient pas facilement navigables Les grands fleuves ne se prêtaient pis non plus facilement à une navigation ascendante, per conséquent les moyens de naviguer soit sur mer, soit sur les neuves , étaient à la fois difficiles et coûteux.
Pour remédier à ces inconvénients, le gouvernement et les commerçants eux -mêmes imaginèrent de créer des routes commerciales, c'est-àdire de grandes lignes qui mettaient en rapport les peuples qui avaient intérêt à échanger leurs produits. Ces roules étaient loin de ressembler aux nôtres ; c’était simplement des directions indiquées au moyen de bornes , de routaines, et de quelques caravnDsérailsqui n’étaient que de grandes hôtelleries propres à loger plusieurs ceutainesde personnes et d’animaux, qui portaient avec elles leurs provisions et qui ne demandaient qu’un point de station offrant quelque sûreté.
Les caravanes étaient alors, comme elles le sont encore aujourd’hui dans ces mêmes lieux, un usage forcé, car il fallait être en nombre et en forces pour se soustraire aux attaques de certaines- peuplades nomades, habituées à vivre autant de rapines que du fruit de leurs maigres troupeaux paissant au milieu des steppes. Par des causes identiques , ce même U9age a existé et existe encore sur certains points de l'Afrique.
Les auteurs varieut beaucoup sur les points de parcours des lignes commerciales. On s’accorde cependant assez généralement, pour reconnaître comme routes principales des Phéniciens, la direc* lion de Mariaba à Pelra, ainsi que celle de ce dernier point à Géra, sur le golfe Persique. Ces deux voies les mettaient en rapport d’un côté avec l’Ethiopie, de l’autre avec l’Inde. Il est probable qu'une troisième roule dut mettre les Phéniciens en rapport direct avec les Babyloniens. On sait aussi qu’ils commercèrent au nord avec plusieurs peuples, notamment avec les Arméniens.
Quant à Babylcne, elle avait une route commerciale qui remontait l'Euphrate, se rejetait ensuite dans la Mésopotamie et arrivait sur les bords de la Méditerranée. EHe devait aussi profiter de la route à la fois militaire et commerciale, qui conduisait de la Perse dans l’Asie Mineure. Une autre route que Babylone s’était créée et dont elle faisait un fréquent usage, était celle qui conduisait vers la Bactriane, passant par les portes Caspiennes et l’Hyrcanie.
Par mer, les Phéniciens avaient des rapports excessivement étendus sur tout le littoral de la Méditerranée : ils visitaient souvent l'Egypte, et même l’Ethiopie. Do côté opposé ils naviguaient jusque dans la mer Noire, et probablement ils passèrent plus tard le détroit de Gadès, pour commercer, soit avec la partie nord do l'Espagne, soit avec les habitants des Gaules et des Iles-Britaniques. On croit aussi qu’ils ont partagéavec les Car thaginois la gloire d’avoir fait le tour de l’Afrique.
Les colonies que fondèrent les Phéniciens forent
extrêmement nombreuses, et U plupart prospérèrent. Il faut savoir gré aux Phéniciens de n’avoir employé pour créer ccs établissements, que des moyens pacificateurs, sagesse que n’imitèrent ni les Carthaginois, ni les Grecs, ni les Romains.
Les Phéniciens avaient des produits d'échange fort variés. Ils tiraient de l’Espagne, l’étain et l’argent ; de l’Afrique, l’ébène, l’ivoire, la poudre d’or ; de l’Arabie, l’encens et les parfums; de l’Inde, les produits qui lui étaient propres et que nous avons déjà mentionnés. Eux-mêmes produisaient, comme nous l’avons vu , de riches étoffe». Le nord lui fournissait des cuirs, des fourrures et divers métaux.
On doit voir par là, qp’intermédiaires habiles entre tous ces peuples qa’ils visitaient, ils devaient nécessairement trouver dans leur trafic, sans cesse renouvelé, d’immenses bénéfices
Le commerce maritime des Babyloniens se faisait naturellement par le golfe Persique. A la différence des Phéniciens, ils étaient en rapport direct avec l’Inde et nie de Taprobaue, aujourd’hui Ceylan, dont ils tiraient les perles, la cannelle et quelques autres épices. Gerra était 1c point central du commerce des Babyloniens avec l’Afrique.
Par ce simple aperçu du mouvement industriel et commercial de quelques-uns des peuples qui figurèrent dans l’ancienne Asie, on doit voir de quel intérêt serait une histoire complète et contemporaine de pareils événements; et combien ceux qui se chargent d’écrire les annales des peuples, sont condamnables de négliger des choses d’un si haut intérêt, et souvent encore, pour ne nous donner que les récits les plus indifférents, ou du moins étrangers à. ce qui peut amener le progrès et servir au bonheur de l’humanité.
coup d'oeil sra les anciens monuments de la
GHfcCE RT DES VILLES DE L'ASIE, LES PLUS CURIEUX A VOIR OU LES PLUS IMPORTANTS A ÉTUDIER.
Monuments grec*. — Nous connaissons la Grèce, et nous avons va quels superbes monuments le gé. nie entreprenant et heureux de ses habitants était parvenu à élever. Sans les dernières lottes qui ont eu lieu entre les Turcs et les Grecs, nous aurions retrouvé bien plus de vestiges de ces précieux ouvrages. Malheureusement la haino venant s’adjoindre à l’ignorance, chez les dominateurs de ce peuple intéressant, il n’est échappé à l’esprit de destruction, que bien peu de choses de cette vénérable antiquité. Athènes est encore la ville qui