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offre le plus à moissonner sur celle terre classique des beaux-arts.
Le Parthènon ou temple de Minerve, est un des monuments non pas les mieux conservés, car il n’y en a pas qui aient pu demeurer entiers, mais du moins celui qui donne l’idée la plus exacte de ce qu'il fut autrefois. Une partie des superbes colonnes qui l’entouraient , les statues qui le décoraient , ses sculptures, ses bas-reliefs , tout cela manque, il est vrai ; mais à l’aide d’on peu d’imagination, le voyageur peut encore refaire ce bel ensemble et jouir un moment de sa douce illos|pn.
Lorsqu’on voit tout ce que les Turcs se sont plu à détruire, on en veut un peu moins à lord Elgin d’avoir osé porter la main sur les frises et les frontons de ce monument pour en enrichir sa patrie ; toutefois et dans le doute s’ils ne seraient pas conservés, c’était bien là de l’égoïsme national : et nous ne desespérons pas qu’un jour le génie régénéré de la Grèce ne redemande aux enfants d’Albion l’uu de ses plus beaux titres à l’admiration du monde.
Le Temple de Jupiter Olympien , le plus grand de la Grèce après celui d’Êphèse, et qui renfermait tant de chefs-d’œuvre de l’art grec, n’offre que bien peu de preuves de sa magnificence.
Le Pnyx , où se tenaient les assemblées du peuple, donne l’indication assez juste de 6a forme et de la disposition de ses diverses parties. On y reconnaît très-bien la tribune, cette tribune où tant de paroles éloquentes furent dites, et où se traitèrent de si graves intérêts.
L 'Aréopage, l’ Académie , le Lycée , lieux non moins célèbres, ne sont plus reconnaissables.
L 'Acropolis ou citadelle , malgré les ravages occasionnés par les dernières guerres, est encore en assez bon état de conservation, surtout si on la compare aux monuments qui l’entourent.
Les théâtres qui méritent notre mention, puisque c’est là que la tragédie naquit et s’éleva au plus haut point de perfection, ont subi bien des dégradations; cependant on en reconnaît encore la disposition et la forme. L ’Odeum de Hégilla conserve encore ses gradins et son avant-scène. Le plus ancien des théâtres d’Athènes est celui de ttaechus. Le Panthéon d'Adrien et le temple de Thésee ont été plus heureux, il ne manque que quelques parties au premier, et le dernier existe dans son entier.
Mais, si Athènes ne satisfait que faiblement l’étranger qui la visite, par ses monuments vus et étudiés dans leur ensemble, corobieu toutefois elle l’intéresse par la beauté et le prix des choses vues en détail et qui se trouvent éparses dans les de-
meures des particuliers , au milieu des ruines et jusque dans les cha i p«.
Le Pyrée est digne de l’attention du voyageur par plusieurs restes de son ancienne splendeur. Nous pouvons citer Y Arsenal maritime et les restes du Temple de Diane et d’un Théâtre,
. Ce qui a surtout hâté la destruction de plusieurs des monuments d’Athèoes, c’est la stupidité de ers pauvres Grecs dégénérés, qui eux aussi, pareils aux fellahs, enfants indignes de la terre d’Egypte, ont employé les marbres de leurs vieux édifices pour remplir leurs fours à chaux ; des marbres travaillés peut-être par un Phidias, un Praxilelleül
0 ignorance , quels terribles arguments n’ont pas à t’opposer et les bords du Nil et les rives de l’I-
1 issus t
On peut voir, pour se faire une idée de l’étendue d’Athènes et de la disposition de ses monuments, la planche XXIX.
Les autres cités non moins célèbres de la Grèce, sont encore plus à plaindre qu’Athènes. C’est à peine si à Olympie, lors de la dernière expédition des Français dans ce pays, la commission scientifique de Morèe a pu retrouver quelques fragments du fameux Temple de Jupiter Olympien: et cependant c’est là que toute la Grèce se rendait et trouvait place pour saluer l’œuvre de Phidias, écouter ses poëtes, voir les jeux de l'Hippodrome, et décerner ses couronnes qu'ambitionnaient avec une égale ardeur, le génie, la force, le courage.
Corinthe, la superbe Corinthe, n’a plus que quelques colonnes encore debout, comme pour indiquer quelle fut sa place.
Argos et Mycènes, la ville d’Agamemnon, ne vivent plus que dans le passé. Un peu plus heureuses, Tégée et Mégalopolis offrent quelques débris, l’uue du Temple de Minerve , l’autre de son fameux 7 'hédtre.
En dehors du continent, Naxos, Délos, Milo, Egine, ne sont pas échappées au génie de la destruction et offrent bien peu de traces de leur aolique splendeur. Ce n’est pas toutefois que ces tles ne méritent d'appeler l'attention et l’étude du voyageur. A Egine et à Délos on voit encore des restes de temples.
Monuments asiatiques. — Si nous quittons la Grèce pour entrer dans l’Asie Mineure, nous aurons même spectacle et mêmes regrets. Tout est eu ruine dans Ephèse, et l’on a même de la peine à indiquer quel fut l'emplacement du Temple de Diane, si célèbre dans toute l’antiquité.
Sardes, où les riches rois de la Lydie s’étaient plu à montrer toute leur opulence, n’est plus qu'un misérable village.
Césarée et ses environs sont peut-être les lieux
de ces contrées qui offrent à l’antiquaire le plus d’objets d'étude, de recherches intéressantes et des découvertes à faire. Un jeune savant français, qui arrive de ces lieux, M. Tessier, nous fera prochainement connaître le prix de cette richesse antique •usqu’ici presque ignorée.
La Palestine , cette contrée qui, sous le point de vue religieux, est pleine de si intéressants souvenirs, ne présente guère plus qu’aridité et solitude. 11 faut toute l’ardeur du croyant ou de l’antiquaire pour retrouver même la place des monuments ou des lieux les plus célèbres.
Les villes de la Pbocée se distinguèrent beaucoup plus par leurs richesses que par leurs monuments.
Il n’en est pas de même de la Babylonie. Elle comptait d’admirables travaux d’architecture. Par malheur, comme à la place du granit et du marbre, bases éternelles des monuments grecs et égyptiens, si la fureur des hommes ne s’en fût mêlée, il n’entrait dans les monuments de Babylone, que des matériaux en terre cuite, la main du temps mêlée aux effets de l’abandon, a ruiné tous ces colosses ; et aujourd'hui il ne reste que bien peu de vestiges et des jardins suspendus, tant vantés dans l’histoire, et des superbeg palais qui virent regnerNabuchodonosor, Sémiramis et mourir Alexandre.
Le Temple de Bèlus ou 7’our de Babel a laissé quelques traces (voir la planche XX).
Les Ruines de Ninive , de Seleucie , de Bagdad , sent un peu mieux conservées : mais encore qie sont ces restes pour certifier tant de grandeur passée?
Dans YInde on retrouve bien quelques traces des lieux qui ont un intérêt historique, mais c’est peu de chose sous le rapport de l’art, et dès lors il est inutile de les mentionner ici.
notub si'K i.f.s antiquités grecques et asiatiques
LES PLUS REMARQUABLES QUI SB TROUVENT DANS LB MUSÉE , ET AUTRES COLLECTIONS DE PARIS ET DE L'ÉTRANGER.
Antiquités grecques. — Les objets de l’art qoe Ton possède, soit en France, soit ailleurs, sont fort nombreux. Notre dessein n’est ici que de mentionner les plus importants. Ceux qui voudront avoir des détails précis sur ce grand héritage d’un peuple à qui personne au monde n’enlèvera la palme du goût, de la vérité et de la perfection dans la carrière des beaux-arts, pourront recourir aux descriptions et aux ouvrages spéciaux.
Le Musée de Paris possède plusieurs belles sta-
tues du travail grec : au premier rang, l’on doit mettre la Diane, le Gladiateur , la Ténus de Milo. Malgré l’état de dégradation où l’on a trouvé celte dernière , elle ne doit pas moins en être considérée comme une oeuvre des plus remarquables. Rien n’égale la grâce de sa pose, la beauté de ses formes et la souplesse de sa draperie. Des bronzes et des vases d’une excellente exécution se trouvent dans le même musée.
Le Cabinet du roi renferme un grand nombre d’objets fort curieux.
Rome est la ville la plus riche en objets du travail grec, et cela doit être, puisque ce furent les Romains qui fireut à plusieurs reprises la conquête des divers états de la Grèce, lorsqu’arriva le temps de la décadence.
Au Vatican , on peut admirer V Apollon du Belvédère et le Laocoon. Le Capitole renferme le Gladiateur mourant, la Ténus dite du Capitole. Sur la place do Monte-Cavallo se trouvent les colosses de Phidias. La Galerie Albani est d’une richesse qui demande à être étudiée.
Florence a recouvré la Ténus de Médicis et montre avec orgueil la Famille de Niobê.
Les Chevaux de Corinthe qui furent un moment sur l’Arc de Triomphe du Carrousel , élevé par Napoléon, dans notre capitale, ont repris leur place sur la façade de Saint-Marc à Venise.
Il faut aller à Naples pour voir Y Hercule et la Flore.
Munich, qui possède aujourd’hui de riches collections, met au rang de ses objets d’art les plus précieux, les statues qui décoraient les temples de Jupiter à Egine. Elles sont du plus ancien style grec.
C’est à Londres, et non pas â Athènes, qu’il faut aller pour voir les Marbres du Parthénon et l’une des belles CaricUydes du Pandronium d’Athènes. Les trois autres sont encore à leur place. L’âme élevée de Byron s’est indignée d’un pareil vandalisme, et quelques mots écrits de sa main, qu’on voit encore tracés sur le monument dégradé, témoignent de sa généreuse indignation. Les Marbres d'Oxford ou d'Arunde , où se trouve une précieuse chronologie, sont aussi en Angleterre. Mais cet objet du moins fut trouvé dans des ruines.
Antiquités asiatiques. — Il en est des antiquités de l’Asie comme de ses monuments. Tout ou presque tout a été perdu. Le cabinet du roi seul possède un objet de l 'art persèpolitain avec sculptures et inscriptions en caractères cunéiformes. On ne sait guère quelle destination lui assigner. Ce n’en est pas moins un morceau précieux par sa rareté.
L’Asie Mineure va bientôt nous doter du célèbre
Pu» de Pergame , donné tout récemment à la France, par -le grand sultan, faveur que ne put obtenir, malgré ses plus vives instances, M. Choiseol-Goufïier Maintenant que l'Asie semble vouloir se régénérer, devons-nous féliciter le grand sultan de sa générosité ; pour nous, nous ne le pensons pas. Nous voudrions plutôt que chaque contrée demeurât la maîtresse de sa richesse antique, comme elle le demeure de ses champs et de son or : d’ailleurs n’est -ce pas déprécier un monument que de l’arracher à son sol, à' son ciel, et surtout au puissant empire des souvenirs?
Ronce 9 (tr tes frircipaux auteurs er voyageurs
QUI O VT PARLÉ DE LA GRfcCB ET DE L’ASIE DEPUIS ROUI*.
Parmi les ouvrages les plus importants que je dois indiquer sur la géographie et les origines grecques, je mentionnerai les Mémoires de V Académie des Inscriptions et Belles- Lettres, ceux de la Société de Ga-ttingue et ceux de Heyne faisant partie des travaux de cette Société. On y trouvera des travaux pleins d’érudition et de faits assez peu connus, notamment snr les origines, chronologique, géographique, historique des annales grecques.
Je ne puis oublier non plus de mentionner parmi les sources où l’on peut aujourd’hui puiser pour approfondir l’ancienne histoire grecque, la Nouvelle édition commentée des auteurs originaux, publiée notamment en Allemagne et en France depuis vingt-cinq ans. Une nomenclature spéciale de ces auteurs nous mènerait beaucoup trop loin. Je ferai observer seulement qu’il en est quelques-ans qui n’étaient pas connus au moment où écrivait Rollin.
Deux ouvrages dont s’honore l’érudition française, oui jeté on grand jour sur la chronologie des premiers temps de la Grèce; ce sont ceux de MM. Clavier et Petil-Radei. Histoire des premiers temps de la Grèce , depuis Inachus jusqu’à la chute des Pisistratides , par Clavier; Paris, 1802, 2 vol. in-8°.
Examen analytique et Tableau comparatif des synchronismes de l'Histoire des temps héroïques de la Grèce , par Pelit-Radel; Paris, imprimerie royale, 1827, 1 vol. iu-4°.
Je citerai aussi parmi les travaux les plus remarquables sur l’ancienuc Histoire grecque, l’ouvrage suivant:
Hellenicœ , seu antiquissimœ Grœcorum historiée res insigniores usque ad primam olympiadem. illustravit et indices cum latind interprétations
adjecit Carolus-Gof. Siebelis, Leipsirk, 1803, in-8», 3 vol.
A côté de celui-là , j’aime à mettre l’ouvrage allemand de Muller sur la race Dorienne, ouvrage dont il n’existe pas de traduction française, mais dont on doit une version anglaise à MM. Tufuell et Cornwall, sous le litre suivant : The Dorions and account of the early history , religion and mithology , citil and domestic institut ions, art s, linguage and littérature of that race, etc. Translated from the German , 1829, in-8% 2 vol. Je donne l’indication de cet excllent ouvrage en anglais , parce que les Français sont plus familiarisés avec cette langue qu’avec la langue allemande.
L’ Histoire critique de l’établissement des colonies grecques , ouvrage couronné par l’Institut en 1813, par Raoul Rochelle; Paris, 1815, in 8°, 4 vol., est un ouvrage qui renferme d’utiles indicatious.
Il me serait facile d’ajouter un grand nombre de monographies spèciales , principalement allemandes, sur diverses parties de l’histoire grecque. Mais le but de ce travail n’étant pas de s’adresser aux érudits à qui tes sources sont connues, il me suffira d’avoir indiqué les ouvrages généraux les plus remarquables. Je crois devoir cependant encore donner l’indication de quelques ouvrages se rapportant aux mœurs et à l'histoire littéraire de la Grèce.
liecherches sur les mystères du paganisme , par Sainte-Croix , nouvelle édilioo de Sylvestre de Sacy ; Paris, 18i7, 2 vol. in-8°.
Dans notre bibliographie de l’histoire des Egyptiens, nous avons déjà cité les deux précieux ouvrages de Creuzer et de Héeren , le premier sur la Religion des peuples de l’antiquité, le second sur la Politique et le commerce des peuples de r antiquité. Nous devons les rappeler encore ici comme renfermant des documents importants sur le système religieux politique et commercial des Grecs.
Pour l'histoire littéraire! je mentionnerai Y Histoire de l'origine, des progrès, et de la décadence des sciences dans la Grèce , par Ch. Meiners, traduit de l’allemand, par J.-C. La vaux ; Paris, an VII, 5 vol. in-8°t
Histoire abrégée de la littérature grecque, par Scball , Paris, 1813, 2 vol. io-8».
Pour la partie des beaux-arts, on peut consulter les ouvrages de Winkelmann, Choiseul-Gouffier, de Steward et Revet, David Le Roy Spon et Weler, de Clarac, Bouillon, Cousinery, Cbandler. La Société des dilettanfi do Londres a publié quelques ouvrages sur les beaux-arts. La partie de l’art grec y est assez bien appréciée.
Quant à ce qni concerne les peuples de l'Asie, noos sommes moins riches en matériaux , cependant on peut consulter avec fruit les Mémoires de Gosselin , de l’Académie des Inscriptions , le f'ogage de Onndler dans l’Asie Mineure, les re-
cherches de Renoell sur les Connaissances géographiques des anciens, sur l’Inde, et enfin, quelques-uns des mémoires de la Société asiatique de Calcula.