‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciens (volume 2)Chapitre 55 sur 178 · LUCIEN · texte numérisé non relu

LUCIEN

Lucien, auteur grec, était de Samosate , capitale de la Comagène , province de Syrie. Il était d’une condition fort médiocre. Son père, u’ayant pas le moyen de l'entretenir, résolut de lui faire apprendre un métier; mais les commencements ne lui ayant pas été favorables, il sc jeta dans les lettres, sur un songe vrai ou supposé, qui est rapporté au commencement de ses ouvrages. J'en donnerai ici l'extrait, qui pourra contribuer à faire connaître son génie et son style.

J’avais prés de quinze ans, dit-il, et n'allais plus & l'école, lorsque mon père. délibéra avec scs amis sur ce qu’il devait faire de moi. Plusieurs n'approuvaient pas qu'on me jelâl dans les lettres, parce que pour y réussir, il faut beaucoup de temps et de dépense. Ils considéraient que je n’étais pas riche, et qu'en apprenant quelque métier, j'aurais moyen de ma fournir moi-méme en peu de temps de quoi vivre, sans être à charge à mon père ni ù ma famille. Cet avis fut suivi, et l’on me mit entre les mains d’un oncle , qui élail un excellent sculpteur. Cet art ne me déplaisait pas, parce' que je m'étais amusé de bonne heure à faire de petits ouvrages de cire où je réussissais assez : d'ailleurs la sculpture ne me paraissait pas tant un métier qu'un divertissement honnéle. On me mit donc à l’ouvrage pour voir comment je m'y prendrais. Mais je commençai par appuyer si lourdement le ciseau sur la

ai

ni.

pierre qu'on m’avait donnée à travailler, et qui était fort délicalc, qu'elle sc rompit sous mes mains. Mort oncle entra dan* une telle colère, qu’il ne put s'empêcher de me frapper, et de me donner plusieurs coups : ainsi mon apprentissage commença par les larmes.

Je courus au logis tout pleurant, et racontai ma triste aventure, montrant les marques des coups que j’avais reçus, ce qui affligea extrêmement ma mère. Le soir étant venu, je me couchai et ne fis que rêver toute la nuit. J’eus pendant le sommeil un songe dont l’ipinge me demeura vivement empreinte dans la mémoire. Je crus voir deux femmes , l’une grossière et mal peignée, qui avait les mains crasseuses, les bras retroussés, le visage tout couvert de sueur et de poussière, enfin telle qu’était mon oncle lorsqu’il travaillait de son métier. L’autre avait un air gracieux, un visage doux et riant, un habit fort propre, mais modeste. Après m'avoir bien tiraillé pour m’attirer chacune à leur parti, enfin elles remirent à mon choix la décision de leur différend, et plaidèrent leur cause successivement.

La première commença ainsi : « Mon fils,

« je suis la Sculpture que tu viens d’embras- « ser, et qui t’est connue dès ton enfance, ton « oncle s'y étant rendu très-célèbre. Si tu « veux me suivre, sans l'arrêter aux cajoleries « de ma rivale , je te rendrai illustre , non « comme elle , par des paroles , mois par des « effets : car, outre que tu deviendras robuste o et vigoureux comme moi , tu remporteras une a estime qui ne sera point sujette à l’envie, ni « cause un jour de ta perte, comme les char- « mes de celle qui te veut suborner. Du reste,

« que mon habit ne te fasse point de peine :

« c’est celui de Phidias et de Polyclètc, et des « autres grands sculpteurs qui se sont fait « adorer dans leurs ouvrages, et qu’on révère « encore avec les dieux qu’ils ont faits. Con- « sidère combien, en suivant leurs traces, tu « acquerras de gloire et de louange , et de « quelle joie tu combleras ton père et la fa- « mille. » Voilà à peu près ce que me dit cette dame, d’un ton rude et grossier, comme parlent les artisans, mais avec force et vivacité. Après quoi l'autre me parla ainsi :

« Je suis l'Erudition, qui préside à toutes « les belles connaissances. La sculpture t'a

« étalé les avantages que tu aurais avec elle, a Mais si tu l’écoules, tu ne seras jamais qu'un a misérable artisan, exposé aux mépris et aux « injures de tout le monde, et contraint de « faire la cour aux grands pour subsister, a Quand tu deviendrais des plus excellents « en ton art , on se contentera de l'admirer. « sans porter d’envie à ta condition. Mais, si lu « veux me suivre, je t’apprendrai tout ce « qu’il y a de beau et de rare dans l’univers, « et tout ce qu’il y a de remarquable dans « toute l'antiquité. J'ornerai ton ame des » vertus les plus estimables, telles que sont la « modestie, la justice, la piété, la douceur, « l'équité, la prudence, la patience et fa- « mour de tout ce qui est honnête et lotta- « ble : car ce sont là les véritables orne- « ments de l'éme. Au lieu de ce méchant « habit que lu as, je l’en donnerai un majes- « tueux , comme celui que tu me vois ; et de « pauvre et inconnu , je te rendrai illustre et « opulent , digne des plus grands emplois , el « en état d’y parvenir. S’il te prend envie de a voyager dans les pays étrangers , je ferai « marcher ta renommée devant toi. Partout « on viendra le consulter comme un oracle : « lu seras adoré et respecté de tout le monde. « Je te donnerai même t’immoitalité tant van- « tée, et le ferai vivre à jamais dans la raê- « moire des hommes. Considère ce qu'Eschine « et Démosthène, l'admiration de tous les « siècles , sont devenus par mon moyen. So- <■ crate , qui avait suivi d'abord ta sculplurc « ma rivale , ne m'eut pas plutôt connu , qu’il » l'abandonna pour moi. A-t-il eu sujet de « s’en repentir ? Quitteras-tu tant d'honneur, « de richesses et de crédit , pour suivre une « pauvre inconnue , qui , le marteau et le cio seau à la main , n’a que ces vils instruments « à t'offrir, qui est contrainte de travailler de « scs mains pour vivre , cl de songer plutôt à « polir un marbre qu’à se polir soi-même? » Elle n’eut pas plutôt prononcé ces paroles , que touché de ses promesses , et n'ayant pas encore oublié les coups que j’avais reçus , je courus l’embrasser, sans attendre qu’elle eût achevé son discours. L’autre, transportée de colère et de dépit , fut changée sur-le-champ en statue , comme on le dit de Niobé. Alors l’Érudition, pour me récompenser de mon

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choix , me fit monter avec elle sur son char, et louchant ses chevaux ailés, me promena d'orient en occident , me faisant répandre partout je ne sais quoi de céleste et de divin, qui faisait regarder les hommes en haut avec étonnement , et me combler de bénédictions et de louanges. Elle me ramena ensuite dans mon pays couronné d’honneur et de gloire; et me rendant à mon père, qui m'attendait avec grande impatience : a Vois, lui dit-elle « en lui montrant l’habit dont son fils était « revêtu-, de quel bonheur tu l’eusses privé « sans moi. » Telle fut la fin de mon songe.

Lncien termine ce petit discours en marquant que son dessein , dans le récit de ce songe , qui a tout l’air d'étre de sou invention , a été de porter la jeunesse à l’amour de la vertu, et de l’encourager par son exemple à surmonter toutes les difficultés qui se rencontrent dans cette carrière, et à ne point regarder la pauvreté comme un obstacle au vrai mérite.

L’effet de ce songe fut d’allumer en lui un vif désir de se distinguer par l’élude des belles-lettres, et il s'y livra tout entier. On peut juger du progrès qu'il y fit par l'érudition qui paraît dans scs écrits sur toutes sortes de matières : c’est ce qui m’a donné lieu de le ranger parmi les philologues.

il dit lui-mème qu'il embrassa la profession d’avocat : mais qu'ayant en horreur les criail— leries et les autres vices du barreau, il cul recours à la philosophie, commeà un asile.

il parait aussi par ses écrits que c’était un rhéteur qui faisait profession d'éloquence, et qui composait des déclamations et des harangues sur divers sujets, et même des plaidoyers , quoiqu'il ne nous en reste point de sa façon.

il s’établit d’abord à Antioche , d'où il passa en Ionie et en Grèce, puis en Gaule et en Italie : mais son plus long séjour fut à Athènes. Dans son extrême vieillesse il prit la charge de greffier du préfet d'Egypte. Je n'entre point dans le detail des particularités de sa vie , peu importantes pour mon sujet. Il vécut jusqu’au temps de l’empereur Commode , à qui il adressa , après la mort de Marc-Aurèle , l’histoire de l’imposteur Alexandre.

11 a laissé beaucoup d’écrits, et sur différen-

tes matières. La pureté de la langue grecque, et le style net , agréable, vif et plein d'esprit , les font lire avec beaucoup de plaisir. Il a attrapé dans ses Dialogues des Morts cette simplicité fine et cet enjouement naïf, qui sont si propres à ce genre d'écrire, très-difficile, quoiqu'il ne le paraisse pas, parce qu’il faut y faire parler une infinité de personnages, d’âge et d’état fort différents , chacun selon son caractère particulier.

Il a cet avantage, que Quintilicn a remarqué dans Cicéron , qu’il peut être utile à ceux qui commencent , et qu’il n’est pas inutile aux plus avancés. ,11 est merveilleux pour la narration, et a une fécondité qui peut être d’un grand secours aux esprits naturellement secs et stériles.

Il traite la fable d’une manière agréable, et fort propre à la faire retenir , ce qui n’est pas un petit avantage pour l’intelligence des poêles. Il fait , en mille endroits , une peinture admirable de la misère de cette vie, de la vanité des hommes , du faste des philosophes , et de l’arrogance des savants.

Il est vrai néanmoins qu’il faut du choix et du discernement dans cet auteur, qui, dans plusieurs de ses ouvrages , marque peu de respect pour la pudeur , et fait une profession ouverte d’impiété , se moquant également cl de la religion chrétienne, dont il parle en plusieurs endroits avec un souverain mépris, et de superstitions païennes ’, dont il fait voir le ridicule. C’est ce qui lui a fait donner le surnom de blasphémateur et d’athée. Aussi il suivait la philosophie d’Epicure, qui n’est guère éloignée de l’athéisme : ou plutôt il n’avait ni religion, ni dogme fixe cl constant, regardant tout comme incertain et problématique, et voulant se rire de tout.

Suidas dit qu’on tenait qu’il était mort déchiré par les chiens , en punition de ce qu’il avait eu la hardiesse de se railler de Jésus- Christ. Il serait à souhaiter que ce fait fût mieux attesté.

ADLr-GELLB.

’Aulu-Gelle (Aulus Gellius , ou par corruption Agtllius) est un grammairien qui vivait

i Suidas.

sogle

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dans le second siècle, sous Marc- Aurèle , et sous quelques empereurs qui le suivirent. 11 étudia la grammaire à, Rome , et la philosophie à Athènes , sous Calvisius Taurus , d'où il revint ensuite A Rome.

11 s’est rendu célèbre par scs Nuits attiques'. C'est le nom qu’il a donné au recueil qu'il fit pour scs enfants , de ce qu’il avait appris de plus beau par la lecture des auteurs, ou par la conversation des hommes habiles. Il l'appela ainsi , parce qu’il l’avait composé à Athènes pendant l’hiver, dont les longues nuits laissent plus de temps pour travailler. Macrobe en copie diverses choses sans le nommer..

Il ne parait pas un grand discernement dans les matières qu'il a choisies comme les plus considérables et les plus utiles , et qui pour la plupart ne sont que des remarques de grammaire peu importantes. On lui est pourtant redevable de plusieurs faits et de plusieurs monuments de l’antiquité, que lui seul nous a conservés. Des vingt livres qui composent cet ouvragerle huitième est entièrement perdu : il n’en reste que les titres des chapitres. Celui où il traite* en passant des lois des douze Tables est fort estimé.

Le style d’Aulu-GclIc ne manque pas de force, mais il est souvent mêlé de mots barbares et impropres qui le rendent dur et obscur , et qui se sentent du siècle où il a vécu , dont il ne faut pas attendre beaucoup de pureté ni d’élégance3.

Entre les particularités qu’il nous apprend de sa vie, il remarque qu’étant encore fort jeune, et ayant été choisi par les prêteurs pour juger quelques petites affaires de particuliers, il s'en présenta une où un homme demandait è un autre une somme d’argent qu'il disait lui avoir prêtée. Il ne le prouvait que par des indices fort faibles, n’ayant ni actes ni témoins: mais c'était constamment un homme d’honneur, d’une vie irréprochable , et d’une intégrité reconnue. Sa partie au contraire, qui niait la dette, était un homme décrié pour son avarice sordide; et l’on montrait qu’il avait été souvent convaincu de mensonge, de fraude et de perfidie. Autu-Gelle avait pris avec lui,

* Geil. In Præf.

» Llb 90. cap. 1.

* Lib. lt, c.ip. 1.

pour juger ce procès, plusieurs de ses amis accoutumés au barreau, mais qui ne demandaient qu’à expédier, parce qu’ils avaient bien d’autres affaires. Ainsi ils concluaient tous sans difficulté qu’on ne pouvait point obliger un homme A payer, lorsqu’il n’y avait point de preuves qu'il dût ce qu’on lui demandait.

Aulu-Gelie ne put se résoudre à mettre ainsi les parties hors de cour ; jugeant l'un très-capable de dénier ce qu'il devait, et l’autre incapable de demander ce qu’on ne lui devait pas. Il remit le jugement à un autre jour, et s’en alla consulter Favorin.qui vivait encore à Rome : c'était un philosophe d'une grande réputation. Favorin lui rapporta , sur te cas qu'il lui proposait, un endroit de Caton, qui disait que, dans ces sortes d'occasions où il n’y avait point de preuves, l'ancienne pratique des Romains était d’examiner lequel des deux était le plus homme de bien; et, quand ils l’étaient également, ou qu’ils étaient également décriés, de juger en faveur de celui A qui on demandait : d'où Favorin concluait, qu’entre deux personnes si différentes il n’y avait point de difficulté A croire un homme de bien contre un méchant. Quelque respect qu'eût Auiu- Gcllc pour ce philosophe, il ne put pas entrer entièrement dans sa pensée; et, ne voulant rien faire contre sa conscience, il s’excusa de juger celte affaire , où il ne voyait pas assez clair. Elle ne souffrirait maintenant aucune difficulté, cl le débiteur prétendu serait pris A serment, et cru sur parole.

ath £née.

Athénée était de Naucratis , ville autrefois célèbre dans l’Égypte , sur un bras du Nil , A qui elle donnait le nom. Il vivait du temps de l’empereur Commode. Il a composé en grec un ouvrage sous le nom de Dipnosophistes, c’est-à-dire Banqutt des savants , qui est rempli d'une infinité de recherches curieuses et savantes, et qui donne beaucoup de lumière pour les antiquités grecques. Nous n’avons qu’un abrégé ou des extraits des premiers livres des Dipnosophistes', faits, comme le croit

i Voss. Ilist. gr. lib. 2. cap 15.

Casaubon, à Constantinople, il y a cinq ou six cents ans.

JOLI L' S rOLLOL.

Julius Poilus était compatriote et contemporain d’Athénée. Il adressa à Commode, lorsqu’il n’était que césar, et que Marc-Aurèlc vivait encore, les dis livres que nous avons de lui sous le tilre d'Onomasd'con. C'est un recueil des mots synonymes par lesquels les bons auteurs grecs ont coutume d’exprimer une même chose. Il était apparemment l’un des précepteurs de Commode. Il lui plut par sa belle voix, et ce prinee’lui donna la chaire établie à Athènes pour les professeurs en éloquence. Pbilostrate1, qui le met entre les sophistes, lui attribue une grande connaissance de la langue grecque, le discernement de ce qui était bien ou mal écrit, et assez de génie pour l’éloquence, mais peu d’art.

40LINVS.

C. Julius Solinus nous a laissé une description de la terre, sous le nom de Polyislhor. Vossius* rapporte plusieurs opinions sur le temps où a vécu cet auteur, et conclut que tout ce qu’on en peut dire, c est qu’il a précédé saint Jérome qui le cite, c’est-à-dire qu’il est après le premier siècle, et avant la fin du quatrième. Son ouvrage n’est qu’un extrait de divers auteurs, particulièrement de Pline le naturaliste, et est fait avec assez peu de lumière et de jugement.

PHILOSTII ATE.

Il y a eu plusieurs sophistes de ce nom. Nous ne parlerons ici que de celui quia fait la vie d'Apollone de Tyane. Il était du nombre des hommes de lettres qui fréquentaient la cour de l’impératrice Julie5, femme de Sévère. Il professa l'éloquence à Athènes, et ensuite à Rome sous Sévère *. La vie d’Apollone,

> Philo#!, pog. 58», 580.

• Vos#. Illst. Ut. lit). 3.

> Suidas.

• An. J. C. 191.

écrite par Damis, le plus zélé de ses disciples, qui n’était proprement que des mémoires assez mal écrits, étant tombée entre les mains de Julie, elle la donna à Philostrate, qui, sur ces mémoires, et sur ce qu’il put tirer des ouvrages d’Apollone même, et sur quelques autres écrits, composa l’histoire que nous en avons.

Eusèbe' soutient qu’il serait facile de montrer qu’une grande partie de ses narrations se détruisent d’elles-mêmes, et qu’elles ne sentent que la fable et le roman. Aussi il ne craint point d’assurer que tout son ouvrage est plein de fictions et de faussetés. Pholius4, qui rapporte en abrégé une partie des faits de cette histoire, en traite plusieurs de fables impertinentes. Suidas en parle de même.

Ce dernier, outre la vie d’Apollone, attribue à Pbilostrate beaucoup d’écrits, et entre autres quatre livres de tableaux et de descriptions que nous avons encore, qui ont passé pour un ouvrage fort beau , bien soutenu, et écrit dans toute la délicatesse de la langue altique.

matou.

On donne à cet auteur, & la tête de ses ouvrages, les noms ti' Aunlius-Theodotius-Ambrosius Macrobiut. On y ajoute le titre d’iflustre, propre à ceux qui étaient élevés aux premières dignités de l'empire. Il était d’un pays où la langue latine n'était pas d’un usage commun, c'est-à-dire de la Grèce ou de l’Orient. II a vécu sous Théodose et sous ses enfants.

Quoiqu’on n’ait pas de certitude que cet auteur soit le Macrobc qu’on trouve dans les lois d’Honorius et de Théodose, on ne peut guère néanmoins douter qu’il n’ait vécu vers ce temps-là, puisque toutes les personnes qu'il fait parler dans ses saturnales en sont à peu près.

Il feint cet entretien pour ramasser tout ce qu’il savait d’antiquités3, afin que ce recueil pût servir à l'instruction de son fils Eustathe. a qui il l'adresse. Et comme il y fait rassembler tous les plus grands et les plus habiles de

> Euseb. In Hier.

• Ptaou cap. 41.

* Satura, lib. 1, in Pr«t.

Rome, durant les vacations des saturnales, on a donné le nom de Saturnales à son ouvrage. Il y fait profession de rapporter ordinairement les choses dans les propres termes des auteurs dont il les tirait, parce qu’il ne cherchait pas a faire paraître de l'éloquence, mais à instruire son fils; outre qu’étant Grec, il n’avait pas une entière facilité à s’exprimer en latin. On prétend en effet que son élocution n’est ni pure, ni belle; et que dans les endroits où il parle de lui-mème, on voit un Grec qui bégaio en latin, l'our les choses, on y trouve de l’agrément et de l'érudition.

Outre les Saturnales, on a encore deux livres de Macrobe sur le songe que Cicéron attribue à Scipion, faits aussi par son fils Eustathe, à qui il les adresse.

iiovit.

Donat ( Æliut Donaius ) , dont saint Jérôme a été écolier, enseignait la grammaire A Rome avec éclat, sous l'empereur Constance '.

On a des commentaires sur Virgile et sur Térenee, qu’on prétend être ceux mêmes que saint Jérôme attribue 6 Donat, son maître. Les plus habiles croient qu’il peut y avoir quelque chose de lui dans le commentaire sur V irgile, mais qu’on y en a ajouté beaucoup d’autres qui sont indignes d'un homme aussi habile qu'il était. Pour le commentaire sur Térenee, on l'attribue à Évanthius , nommé Eugraphe par d’autres , qui vivait du même temps. On oc croit pas non plus que les vies de ces deux |H>ëles soient de Donat. Nous avons sous son nom quelques écrits de grammaire qui sont estimés.

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