PAR CNE HEUREUSE PAIX
Nous avons longtemps 1 perdu de vue l’his-
* On en a parlé en dernier lieu vers la fin du livre XVIIl/art il, 8 2 et 3.
ROIS DE SYRIE. ' Al» du M.
DéinéliUis. ayant été pris parles Partîtes. Antiochus I)ion y sus. cinquième fils de Grypus, est établi sur le trône de Damas, et est tué l'année
Il est rétabli sur le trône par leur moyen.
suivante.
Les Syriens, fatigué» de tant de divisions et de changements, choisissent pour foi Tigrane, ioI d Arménie. Il régna par un vice-roi pendant quatorze ans.
Eusèbc se réfugie en Cilicie, où il demeure caché.
Sélènc,sa femme, conserva une partie de la Phénicie et de la Célésyrle , et donna une bonne éducation à ses deux fils.
Tigrane rappelle de Syrie Mégadate , vice-roi , qui y commandait en son nom depuis quatorze ans.
La Syrie se 3933.
trouvant dégarnie, Antiochus l’Asiatique , fils d'Antfochus Eujsebe, prend possession de quelques endroits du pays, et y règne pendant quatre ans. ‘ . .
Pompée dé- 3939.
pouillc Antiochus l’Asiatique de ses étals, et réduit la Syrie en province de l’empire romain. C’est en lui que finit la maison des Séleucldes.
toire des rois de Syrie, et celle des rois d’Egypte, qui, pour l'ordinaire, sont assez liées ensemble. Je vais maintenant les reprendre , pour ne plus les interrompre dans la suite.
Antioehus, surnommé Eupator, âgé de neuf ans seulement , succéda 6 son père , Antiochus Epiphane, dans le royaume de Syrie1. Ce dernier, en mourant, fit venir Philippe son favori , qui avait été élevé avec lui. Il lui donna la régente du royaume pendant la minorité
• J Air. M. 38 W ; av. J. C. 161. - Appian. In 8yr. pag. 117. -I.Macbab.6.17; II- 9.89, et 10, 10-13. - Joseph. AnUq Jud. Mb. 13 , cap. 14.
de son fils, et lui mit entre les mains sa couronne , son cachet , et toutes les autres marquas de la royauté , en lui recommandant surlout d’employer tous «es soins à élever son fils de la manière la plus propre à lui enseigner l'art de régner.
Philippe, en arrivant à Antioche, trouva qu’un autre avait déjà usurpé l’emploi que la confiance du feu roi lui avait destiné. Lysias , sur les premiers avis de la morl d’Epiphane , avait d’abord mis sur le trône Antiochus, son fils, dont il était gouverneur, et avait pris avec sa tutelle les rênes du gouvernement , sans avoir aucun égard à la disposition qu’avait faite le roi en mourant. Philippe vit bien qu’il n’était pas alors en état de la lui disputer. 11 se retira en Egypte, dans l’espérance de trouver àcetlecour l’assistance dont il avait besoin pour rentrer dans ses droits et chasser l'usurpateur.
A peu près dans ce lemps-là , Ptolémée Mncron , gouverneur de la Célésyrie cl de la Palestine, d’ennemi qu’il avait été jusque-là des Juifs , était tout d’ un coup devenu leur ami, touché, dit l’Ecriture, des injustices criantes que l’on avait commises à leur égard. Il fit relâcher la rigueur de la persécution contre eux , et employa tout son crédit pour leur procurer la paix. Par cette conduite il donna prise sur lui à scs ennemis. Ils prévenaient le roi contre lui en le lui représentant sans cesse comme un traître , parce qu’il avait effectivement trahi les intérêts de son premier maître Ptolémée Phiiumétor , roi d’Egypte , qui lui avait confié le gouvernement de l’ilo de Cypre, et qu’il avait livré cette île à Antiochus Epiphane en entrant à son service : car, quelque avantageuse que leur fût la trahison, ils haïssaient le traître, comme c’est l’ordinaire. Enfin ils firent tant par leurs clameurs et leurs cabales, qu’on lui ôta son gouvernement, et qu’il fut donné à Lysias. On ne lui donna même ni aucun autre poste , ni aucune pension pour se soutenir honorablement. Il n’eut pas assez de force d’esprit pour supporter cette chute. Il prit du poison, et en mourut : fin qu.’avàit bien méritée sa trahison, et la part qu’il avait eue à l’injuste et cruelle persécution des Juifs.
Judas Machabée *, cependant signalait son
i I. Macbab. 1-flj. II. MathaU, 10. M-38. '
courage par plusieurs victoires considérables qu'il remporta sur les ennemis du peuple de Dieu, qui lui faisaient toujours une guerre implacable. Le peu de temps qu’Antiochus Épi— phane survécut aux dispositions favorables qu’il témoigna pour les Juifs ne lui avait pas permis de révoquer en forme l’ordonnance qui les obligeait à changer de religion. La cour de Syrie, qui regardait toujours les Jnifs comme des rebelles qui voulaient se soustraire à sa domination , et qui avait un intérêt pressant d’y faire rentrer un peuple si voisin et si puissant, n'eut pôint d'égard à quelques démonstrations passagères de bonté du prince mourant ; elle suivit toujours les mêmes principes de politique, et continua toujours de regarder comme ennemie une nation qui cherchait à secouer le joug de la tyrannie et à se maintenir dans la liberté de conscience par rapport ù sa religion. Telles étaient les dispositions de la Syrie à l’égard des Juifs.
Démètrius, fils de Séleucus Philopalor 1 , qui , depuis l'année que mourut son père, avait toujours continué de demeurer en otage ù Rome, était dans sa vingt-troisième année , quand il apprit la mort d' Antiochus Épiphano et l’avéucment d'Eupator son fils à la couronne, qu’il prétendait lui appartenir de droit comme fils du frère aîné d’Epiphane. Il proposa au sénat de le rétablir sur îc trône de son père; et, pour l’y engager, il lui représenta qu'ayant été élevé à Rome dés son bas âge , il la regardait toujours comme sa patrie , les sénateurs comme ses pères, et leurs fils comme ses frères. Le sénat eut plus d'égard aux intérêts de la république qu'au droit de Démétrius , et jugea qu’il serait plus avantageux mu Romains qu’il y eût un roi mineur sur le trône de Syrie qu’un prince comme Démétrius, qui pourrait dans la suite leur devenir formidable. Ainsi ils firent un décret pour confirmer Eupator, et envoyèrent en Syrie En. Octavius, Sp. Lucrétius, et L. Aurèlius , avec le caractère d'ambassadeurs, pour y régler toutes choses conformément aux articles du traité avec Antiochus-le-Grand. Leur vue était d'aflàiblir de toutes les manières possibles
1 An. U. 3811 ; av. J. C. 193. - Poljb. Leg. 107. - Justin. Ilb. 3», cap. 3. - Applan.in Str. pap. 117.
les forces du royaume. Les memes ambassadeurs forent chargés d’accommoder, s’il était possible, les différends des deux rnis d’Égypte.
Lysias, effrayé des victoires de Judas Machabée', forma une armée de quatre-vingt mille hommes de pied , prit toute la cavalerie du royaume avec quatre-vingts éléphants, et mena lui-méme toutes ses forces dans la Judée , résolu de mettre à Jérusalem des habitants étrangers et attachés au culte des idoles. Il y ouvrit la campagne par le siège de Betbsura, forteresse entre Jérusalem et l’Idumée. Judas Machabée et tout le peuple conjurent le Seigneur avec larmes d’envoyer un bon ange pour le salut d’Israël. -Pleins de confiance , il se mettent en campagne. Lorsqu'ils marchaient tous ensemble avec un courage assuré, il parut au sortir de Jérusalem un homme 1 à cheval qui marchait devant eux. tl était vêtu d’un habit blanc avec des armes d’or, et une lance qu'il tenait à la main. Cette vuelut remplit d'une nouvelle ardeur. Ils se jouirent sur les ennemis comme des lions, tuèrent douze mille six cents hommes, et obligèrent tout le reste de fuir, la plupart blessés et sans armes.
Après cet échec, Lysias, ennuyé d’une guerre si malheureuse5, et comprenant , dit l’Écriture, que let Juifs étaient invincibles lorsqu' ils s' appuyaient sur le secours du Dieu tout-puissant , fit un traité avec Judas et le peuple juif, et Antiochus- le ratifia. Un des articles de cette paix fut que l’ordonnance d'Antiochus Épiphane, qui obligeait les Juifs de se conformer à la religion des Grecs, serait révoquée et cassée , et qu’ils auraient partout la liberté de vivre selon leurs lois particulières.
Celte paix ne fot pas de longue durée. Les peuples voisins étaient trop ennemis des Juifs pour les laisser en repos. Judas les vainquit en plusieurs combats. Timothée , l’un des généraux du roi , rassembla toutes ses forces et forma une armée de six vingt mille hommes de pied , sans compter la cavalerie, qui en fai-
* II. Machab. il, 1-38; M. 1-37; 13, 1-31 ;I. Machab. 5, 65-68 ; 6, itWB. — Joseph. Anüq. Jud. iib. 12.
* C'élaHun ange: peut-être. saint Michel, protecteur du peuple de Dieu.
* ■ Intelligent Invictos esse Hebrcos , omnipotent)»
« Del auiilto innileniei. » ( if. Machab. Il, 13. }
I Sait encore deux mille cinq cents. Judas, plein de confiance dans le Dieu des années, alla à sa rencontre avec des troupes bien inférieures pour le nombre . l’attaqua, le défit. Timothée perdit dans celte bataille trente mille hommes, et eut bien de la peine lui-même à se sauver. Cette défaite fot suivie de plusieurs avantages que remporta Judas, qui firent voir que Dieu seul est la source du courage , de l’intrépidité et de l’heureux succès des armes. Il le montrait sensiblement, par la protection éclatante qu'il donnait & un peuple dont il était le conducteur d’une manière particulière.
On mit sur pied - une nouvelle armée de cent mille hommes d’infanterie, avec vingt mille chevaux , trente-deux éléphants et trois cents chariots de gnerre. Le roi en personne, avec Lysias, le régent du royaume, se mit à sa léte, et entra dans la Judée. Judas, comptant sur la toute-puissance de Dieu , créateur de l’univers, et ayant exhorté ses gens & combattre jusqu'à la mort, alla se poster vis-à-vis du camp du roi. Après avoir donné aux sieos pour cri de guerre , la victoibe de Dieu , il choisit les plus braves de son arméè, et tomba avec eux pendant la nuit sur le quartier du roi. Ils tuèrent quatre mille hommes, et s’en retournèrent après avoir rempli tout son camp de trouble et d'effroi.
Quoique le roi connût par là le courage extraordinaire des Juifs, il ne douta point qu’ils fussent enfin accablés par te grand nombre de ses troupes et de ses éléphants. Il résolu! donc d’en venir à une bataille générale. Judas, sans être intimidé par ce terrible appareil, s’avança avec son armée. On en viot aux mains, et les Juifs tuèrent un grand nombre d’ennemis. Alors le célèbre Éléazar, voyant un éléphant, plus grand que les autres, couvert des armes du roi , et croyant que le roi lui-méme était dessus, se sacrifia pour délivrer son peuple et pour s’acquérir un nom immortel. Il courut hardiment à l'éléphant au travers du bataillon, tuant à droite et à gauche , et renversant tout ce qui se présentait devant lui. Puis, s’étant mis sous le ventre de la bêle, il la perça, la fit tomber, et fut écrasé lui-méme par sa chute.
Cependant Judas et les siens se bottaient avec une résolution extraordinaire. Mais à la lin , épuisés de fatigue et ne pouvant soute-.
nir plus longtemps l'effort des ennemis, ils prirent le parti de la retraite. Le roi , les ayant suivis, assiégea la forteresse de Bethsura. Celte place , après une longue et vigoureuse résistance , fut obligée, faute de vivres , de se rendre par capitulation.
De lé Antiochus marcha vers Jérusalem , et forma le siège du Icmple. Ceux qui le défendaient étaient déjà réduits à In même nécessité que ceux de Bethsura , et auraient été obligés de se rendre comme eux , si la Providence ne les eût dégagés par un incident imprévu. J'ai remarqué que Philippe s'était retiré en Égypte , dans l’espérance d'y trouver de l'assistance contre Lysias; mais la brouillerié qui était survenue entre les deux frères qui régnaient conjointement, comme il a été dit ailleurs , le désabusa bientôt. Voyant qu'il n'avait rien i espérer de ce côté-là, il retourna dans l’Orient , y ramassa quelques troupes de Mèdes et de Perses , et , profitant de l'absence du roi pendant son expédition en Judée , il s'empara de la capitale de l’empire. Sur cette nouvelle, Lysias jugea qu’il était nécessaire de faire la paix avec les Juifs, afin de tourner ses armes contre son rival en Syrie. La paix se fit donc i des conditions fort avantageuses et fort honorables. Antiochus la jura, cl on le laissa entrer dans les fortifications du temple, dont la vue l’effraya si fort , que , contre la foi donnée , contre le serment qu’il avait fait en jurant la paix , il les fil démolir avant que de partir pour la Syrie. Le prompt retour d'Anliochus chassa Philippe d'Antioche, et mit On à sa courte régence, et bientôt après à sa vie.
La brouilierie des deux Ptolémées dont je viens de parier alla si loin, que le sénat romain ordonna aux ambassadeurs qu’il avait envoyés en Syrie de passer à Alexandrie', eide faire tous leurs efforts pour les remettre bien ensemble. Avant qu’ils y arrivassent, Physcon , le plus jeune, surnommé aussi Èvergèle, avait déjà chassé son frère Philométor: celui-ci s'embarqua pour l’Italie ctabordaà Brunduse; de là il fit le reste du chemin à pied , fort mal habillé, avec fort peu de suite , et vint deman-
* An. M. 3812 ; av. J. C. 102. — Porphyr. in tir. Eus. Scalig. png. 00 el 68. — Dlod. in Eicerpt. Vales. p. 3*22. — Val. Mai. lib. 5, cap. 1. — Polyb. Lrg. Ilj. — Liv. Epitom. lib. 16.
der au sénat le secours dont il avait besoin pour remonter sur le trône.
Dés que Démétrius , fils du Séiencus Philopator , roi de Syrie , qui était encore en otage à Rome, apprit le triste état où était réduit ce prince fugitif, il lui fit faire des robes royales et un équipage, afin qu'il pût paraître à Home en roi , et alla au-devant de lui avec tout ce qu’il lui avait fiiit préparer. Il le rencontra à vingt-six milles, c'est-à-dire à neuf ou dix lieues de Rome. Ptolémée lui témoigna une grande reconnaissance de la bonté qu’il avait pour lui et de l'honneur qu'il foi faisait ; mais il ne crut pas devoir accepter son présent, ni lui permettre de l’accompagner le reste du voyage. Il l'acheva à pied , et avec le même cortége'qu'il avait eu jusque-là , et le même habit : il entra à Rome de cette manière, et alla loger chez un peintre d’Alexandrie qui avait une fort petite maison : il voulut , par toutes ces circonstances , marquer mieux la misère où il était réduit, et émouvoir la compassion des Romains.
Quand on eut appris son arrivée, on le fit prier de venir nu sénat, qui lui fit des excuses de ce qu'il n'avnil pas préparé une maison pour le loger , et de ce qu'à son entrée il ne foi avait pas rendu les honneurs qu’il avait coutume de rendre aux princes de sou rang. Il l'assura que ce n'était pas manque de considération pour sa personne, ni par négligence: mais que sa venue l'avait surpris, et qu’elle avait été tenue si secréte , qu’on ne l’avait appriseque lorsqu'il était déjà dans Rorae.Ensuite après l'avoir exhorté à quitter l'habit qu'il portait, et à demander audience pour exposer en plein sénat in sujet de son voyage, il fut conduit par quelques sénateurs dans une maison proportionnée à sa naissance ; et on chargea un des questeurs ou trésoriers de le faire servir , et de lui fournir aux dépens du public tout ce qui foi était nécessaire pendant son séjour à Rome
Quand on lui eut donné audience, et qu’il eut représenté son état aux Romains , ils résolurent aussitôt son rétablissement , et députèrent deux sénateurs, avec le caractère d’ambassadeurs , pour aller avec lui à Alexandrie faire exécuter leur décret. Ils le ramenèrent effectivement , et réussirent à faire l'arrommodc-
ment entre les deux frères. On donna la Libye et la Cyrénaïque à Physcon; Philomêtor eut l'Egypte et l’Ile de Cypre; et ils furent déclarés indépendants l'un de l'autre dans les états qu’on leur assignait.il chacun. Le traité et l’accord furent scellés par les sacriliccs et les serments ordiuaires.
Mais et les sacrifices et les serments n'étaient depuis longtemps, parmi la plupart des princes , que de simples cérémonies pour la formalité, et qu*ils croyaient ne les pbliger à rien; et ce sentiment n’est que trop ordinaire. Bientôt après , le cadet des deux rois , mécontent de la portion qui lui était échue, en porta ses plaintes au sénat. 11 demanda que le traité de partage fût cassé , et qu’on le remit en possession de Hic de Cypre. Il alléguait pour raison qu’il avait été forcé par la nécessité des temps de consentir aux propositions de son frère, et que, quand on lui accorderait Cypre, sa part n'égalerait pas à beaucoup près celle de son aîné. Ménithylle, député â Home par l’ainé, fit voir que Physcon tenait de la bonté de son frère , non-seulement la Libye et la Cyrénaïque , mais la vie même : qu’il s'était fait haïr des peuples par ses violences , à un tel point, qu'ils ne lui auraient laissé ni le gouvernement ni la vie , si son frère, en se rendant médiateur, ne 1 avait arraché ù leur ressentiment : que pour lors , sauvé de ce péril , il s’était cru trop heureux de régner sur la région qui lui avait été cédée ; que le traité avait été ratifié en présence des autels', et que de part et d’autre on avait juré de se tenir parole. Quiutius et Canuléius, qui avaient fait l’accord entre les deux frères, attestèrent la vérité de tout ce que Ménithylle avançait.
Le sénat, voyant qu’en effet le partage n’était point égal, profita habilement de ta querelle des deux frères pour diminuer les forces du royaume d’Égypte en les divisant , et accorda au cadet ce qu’il demandait : car (elle était la politique des Romains (c’est Polybe qui fait cette réüeiion) : ils mettaient à profit les querelles et les différends des princes pour étendre et affermir leur domination, cl se conduisaient de telle façon à leur égard, que, pendant qu’ils n’agissaient que pour leur intérêt propre, on leur avait encore obligation. Comme donc la grande puissance de l’Égypte leur
faisait craindre qu’elle ne devint trop formidable, si elle tombait entre les mains d'un souverain qui en sût faire usage, ils adjugèrent nie de Cypre & Physcon. Démétrius , qui ne perdait point de vue le trône de Syrie , et qui de son côté avait intérêt qu’un prince aussi puissant que le roi d’Egypte ne demeurât pas maître de l’ile de Cypre , avait appuyé la demande de Physcon de tout son crédit. Les Romains firent partir avec ce dernier T. Torquatus et Cn. Mérula pour l’en aller mettre en possession.
Pendant le séjour que ce prince fit è Rome 1 , il eut occasion de voir souvent Cornélia , la mère des Grecques, et lui fit proposer de l’épouser. Mais,' étant fille de Sripion l’Africain, et veuve de Tibérius Gracchus, qui avait été rfeüx fois 'consul eteeuseur, elle rejeta scs offres, et crut qu’il était plus honorable pour elle d’être une des premières dames de Rome que reine de Libye avec Physcon.
Physcon partit de Rome avec les deux ambassadeurs romains. Leur plan était de ménager une entrevue entre les deux frères sur la frontière, cl de les amener, par la voie de la négociation, à l’accommodement que le sénat avait réglé. Philomêtor ne s’expliqua point d’abord ouvertement : il traîna l’affaire en longueur sous différents prétextes, cherchant à gagner du temps , et prenant des mesures secrètes contre son frère. Enfin il déclara nettement qu’il était résolu de s’en tenir au premier traité , et qu’il n’en ferait point d’autre.
Cependant les Cyrénéens s, informés de la mauvaise conduite de Physcon , pendant qu’il avait été le maître du gouvernement à Alexandrie, prirent une si forte aversion pour lui , qu’ils résolurent de lui fermer l’entrée de leur pays les armes à la main. Ou ne doutait point que Philomêtor n’eût travaillé sous main àcxcilcrces troubles. Physcon, qui avait étévaincu par les rebelles dans une bataille, ayant perdu presque toute espérance, fit partir deux députés avec les ambassadeurs romains qui s’en retournaient, et les chargea de porter ses plaintes contre son frère au sénat , et de solliciter
1 Plut. InTib. Graccho. pag. 82t.
* An. M. 3813 ; av. J. C. ICI.- Poljb. Lcg. 132. - !<l ioEurrpt. Yaks. pag. 197. — DIod. in Eiccrpl. Voles, pag. 331.
sa protection. Le sénat , piqué contre Hiilométor du refus qu’ii faisait d’évacuer l’iie de ('.ypre selon son décret, déclara qu’il n’y avait plus ni amitié ni alliauce entre lui et les Humains, et ordonna à son ambassadeur de sortir de Home dans cinq jours.
Hhyscon trouva le moyen de se rétablir dans la Cyrénaïque; mais il s’y lit liaïr si généralement de ses sujets par sa mauvaise conduite, que quelques-uns d’entre eux se jetèrent sur lui, le blessèrent en plusieurs endroits, et le laissèrent pour mort sur la place. Il s’en prit b Philométor son frère ; et, dès qu’il fut guéri de ses blessures, il entreprit de nouveau le voyage de Home. 11 fit ses plaintes contre lui au sénat, montra les cicatrices de ses blessures,et l’accusa d’avoir mis eD œuvre les assassins qui avaient fait le coup. Quoique Phi— lométor fût le prince du monde le plus doux, et qui aurait dû être le moins soupçonné d’une action si noire et si barbare, le sénat, qui était toujours piqué du relus qu’il avait fait de se soumettre à son règlement à l’égard de l’ile de Cypre, prêta l’oreille à cette fausse accusation avec trop de facilité. Il se laissa si fort prévenir contre lui, qu’il ne voulut pas même entendre ce que ses ambassadeurs avaient à dire pour en prouver la fausseté ; on leur envoya l’ordre de sorlir de Rome incessamment. Outre cela , le sénat nomma cinq commissaires pour conduire l’hyscon en Cypre , et le mettre en possession de celte île , et il écrivit à tous ses alliés des environs de l’aider pour cet efTel de leurs troupes.
Par ce moyen Physcou ’, avec une armée qui lui parut suffisante pour le dessein qu’il avait, débarqua dans l’tle. Philométor, qui s’v était rendu en personne, le battit, et l’obligea à se renfermer dans la ville de Lapillio , ou il fut bientôt investi, assiégé , et enfin pris et mis entre les mains de ce frère qu’il avait si cruellement outragé. L’extrême bonté de Pliiloroètor parut bien dans celte occasiop. Après tout ce que Physcoo avait fait contre lui , on s’attendait que, le tenant en son pouvoir, il lui ferait sentir son indignation et sa vengeance. 11 lui pardonna tout; et, non coulent d’oublier toutes scs fautes, il lui rendit même la
• An. M- 3817 ; iv. J. C. 157.
Libye etla Cyrénaïque, et y ajouta encore quelque dédommagement pour tenir place de l’tle de Cypre qu’il retenait. Cet acte de générosité mit fin à la guerre entre les deux frères. Elle ne recommença plus, et les Romains eurent honte de traverser plus longtemps un prince d’une clémence si extraordinaire. 11 n’est point de lecteur qui ne rende secrètement un hommage d’estime et d’admiration à une action si généreuse. Ce sentiment, qui sort du fond de la nature, et qui prévient toutes les réflexions, marque quelle grandeur, quelle noblesse il y a dans l’oubli et le pardon des injures, et quelle bassesse d’ûme dans le ressentiment d’un vindicatif.
8 III, — OCTAYIUB . AMBASSADE un DES ROMAISS ES SVEIE, Y Est TUÉ. DÉMÉTRIUS SE SAUVE de Rome , FAIT PÉRIR Ecpator, moste sue lb trôxedeSvbie, et prexd le sursom de Soler. Il fait la
GUERRE AUX JUIFS. VICTOIRES IIÉITÉIIÉES DE JUDAS MACHABÉE : MORT DE CE GRASD 1IOMAIL. DÉMÉTRICS EST E ECOXSC ROI PAR LES RoMAIXS. Il t’ARASDOSSR AUX PLAISIRS ET A L’iVROGSERIE. ALEXAXDRB Ha LA FORME COSTRE LUI USE COSSPIRATIOX. ]>ù- MÉTRIUS EST TUÉ DASS US COMBAT. AleVASDRE ÉPOUSE LA FILLE DE PtoI.ÉMÈE PHILOMÉTOR. TEM- PLE BATI PAR les Juifs esKgvpte, üémétrius, fils DU PREMIER DE BE ROM , REVESDIQUE LE T DOSE DE
Syrie. Alexasdre périt. Piolémée Philométor