‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciens (volume 2)Chapitre 76 sur 178 · HEM ESI ANUS ET CALPCRNICS · texte numérisé non relu

HEM ESI ANUS ET CALPCRNICS

Nous avons quelques églogues, et une partie du poëme sur la chasse de M. Aurelius Olympius Nemesianus, fort célèbre en son temps pour la poésie. On prétend qu’il était de Carthage. Il adresse son poème sur la chasse à Carin et à Numérien après la mort de leur père, c'est-à-dire en *284

Titus Calpurnius.de Sicile, a vécu sous Carus, Carin, et Numérien. Il composa sept églogues qu’il adressa à Némésien, poète bucolique comme lui. Les vers de ces deux poètes se sentent du siècle où ils ont été composés.

PRl'IlEKCE.

Prudence ( Aurelius Prudenlius ) Clemens, poète chrétien, oflicicr à la cour de l’empereur Ilonorius, naquit en Espagne à Saragosse, l’an 348, et mourut vers l'an 412.

1 Lib. 10, epigr. 35.

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Il ne commença scs poésies sur la religion qu* l’âge de cinquante-sept ans. Il avait été avocat, puis juge, ensuite homme de guerre : enfin il fut attaché A la cour par un emploi honorable. C'est lui-même qui nous apprend ces circonstances dans le prologue de ses ouvrage*-

Per qulnqoennla jam oecem .

Ni fallcr, fuimus : seplimus insuper Anoum cartio rolat , dùm fruimur sole volubili.

Après avoir parié de sa jeunesse, il expose ses différents emplois.

Eiio jurgia turbidos Armàrunt animas, el malè perlinax Vincendi siudium subjacuitcasibus asperb.

Dis legum moderamine Frenos nobilium reximus urbium :

Jus civile bonis rctldidlmus, icriuimus reos.

Tandem miluia* gradu Evcclum pieias principls cxlulil ,

Adsunipium propriùs slare jubens ordine proxliuo.

Les poésies qu’on a de Prudence sont plus remplies de zèle de religion que des ornements de l’art. On y trouve beaucoup de fautes de quantité. D'ailleurs l’orthodoxie n’y est pas toujours gardée. Il faut pourtant avouerqu’on trouve en plusieurs endroits de ses ouvrages beaucoup de goût et de délicatesse. Je n’en veux pour preuves que ses hymnes sur les innocents : j’en rapporterai quelques strophes.

Salvete, flores marlyrum ,

Quos lucis ipso in liraine ,

Christi tnseculor sustulil,

Ceu turbo n isccntcs rosas Vos prima Chrisli victUna ,

Grei immolalorum lener A ram sub ipsam simpHces

l'alinA ci coronis ludilis

Audit ijrannus anxius Adosse regum principem ,

Qui nomen Israël régal,

Tencalque David regiam.

Exclamai a me ns nuntio :

Successor inslat, pellimur.

Satelles , I , ferrum rajic ,

PciTunde cunos sanguine.

Transflÿit ergo carnifei Mucronc dislrlr lo furens Kffusa nuper corpora ,

Animasquc rimalur iiovas

Le siècle d’Auguste n’a rien de plus vif ni de plus délicat que ces strophes

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