‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciens (volume 2)Chapitre 88 sur 178 · JUSTIN · texte numérisé non relu

JUSTIN

On croit que c’est à Tite Àntonin que Justin a adressé son abrégé de l'histoire deTrogus Pompéius : mais on n’en peut rien assurer , y ayant plusieurs empereurs du nom d’Anlonin. Trogus Pompéius est mis- entre les illustres écrivains du temps d’Auguste. On le place entre les historiens du premier mérite , avec Tite-Live, Salluste et Tacite. Son ouvrage était d'une étendue immense, et comprenait en quarante-quatre livres toute l'histoire grecque et romaine jusqu’au temps d’Auguste. Justin en a fait l’abrégé en autant de livres ; en quoi il nous a rendu un mauvais service, s’il est vrai que cet abrégé soit la cause de la perte de l’original. On peut juger combien le style de Trogue était pur et élégant , par la harangue de Mithridatc è scs troupes , que Justin a insérée tout entière dans son trente-huitième livre. Elle est fort longue , mais indirecte ; car Justin nous fait remarquer que Trogue n’approuvait pas que Tite-Live et Salluste eussent fait entrer dans leurs histoires des harangues directes. C’est à la fin de cette harangue que Mithridale , après avoir représenté à ses soldats qu’il les conduit, non plus dans les solitudes affreuses de la Scythie, mais dans le pays de l’univers le plus fertile et le plus opulent , ajoute : « Que J’ Asie les attend avec im- « patience-, et semble les appeler è haute voix « cl leur tendre les bras; tant la rapacité des « proconsuls, les violences des gens d’affaires,

« les mauvaises chicanes qu’on leur suscite a dans les tribunaux , leur ont inspiré de haine a et d’aversion pour les Romains. » Tantùm-

que se atida exspectat Asia, ut etiamvoeibm voeet : adeà illis odium Romanorum ineussit rapacitas proconsulum, sectio publicanorum, calumniœ litium. Le style de Justin est net, intelligible, agréable : on y rencontre de temps en temps de belles pensées, de solides réflexions, et des descriptions fort vives. A l’exception d’un petit nombre de mots ou de locutions , la latinité y est assez pure , et il y a beaucoup d’apparence qu’il a employé ordinairement les propres termes et les phrases même de Trogus.

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On appelle Histoire auguste celle de six auteurs latins qui ont écrit les vies des empereurs romains depuis Adrien jusqu’à Carin. Ces auteurs sont Spartien , Lampride, Yulcace, Capitolin , Pollion , et Vopisque. Ils ont tous vécu sous Dioclétien, quoique quelques-uns aient encore écrit sous scs successeurs. Je n’entrerai point dans le détail de leurs ouvrages, qui n'ont point de rapport à mon histoire.

A CX è I.E VICTOR.

Aurèle Victor a vécu sous le règne de Constance , et longtemps encore après. Ou croit qu'il était Africain. Il était né à la campagne, d’un père fort pauvre et sans lettres. Il parait qu’il était encore païen quand il écrivit. Son histoire des empereurs commence à Auguste, et va jusqu’à la vingt-troisième année de Constance.

Nous avons encore du même auteur un abrégé des Vies des hommes illustres, presque tous Romains, depuis Procas jusqu'à Jules César. D’autres attribuent ce petit ouvrage à Cornélius Népos , à Æmilius Probus , etc. ; mais Vossius soutient qu’il est d'Aurèle Victor. Ces abrégés ne contiennent presque que des noms propres et des dates , et par cette raison conviennent peu à des enfants , qui. ne peuvent pas y prendre beaucoup de latinité,

AMUIEN MARCELLIN.

Amraien Marcellin était Grec de nation ,

d'uni; famille considérable dans la ville d’Antioche. Il servit longtemps dans les armées romaines du temps de Constance. Il quitta ensuite la milice , et se retira à Rome, où il écrivit son histoire, qu'il divisa en trente et un livres. Elle s'étendait .depuis Nerva où finit Suétone, jusqu'à la mort de Valons. Nous n'en avons aujourd'hui que les dix-huit derniers livres , qui commencent à la fin de l'année 353 , immédiatement après la mort de Magnance. Quoiqu’il fïlt Grec , il l'écrivit en latin , mais en un latin qui sent beaucoup son grec et son soldat. Ce défaut est compensé , dit Vossius, par les autres qualités de l'auteur, qui est grave, sérieux , prudent, très-sincère, et très-amateur de la vérité. On voit bien qu’il est zélé pour les idoles, et pour ceux qui les adoraient, particulièrement pour Julien l’Apostat dont il fait son héros ; et , au contraire, il parait fort ennemi de Constance. Cependant il ne laisse pas de montrer de l'équité à l'égard de l’un et de l'autre.

EL'TROFE.

Kutropc a écrit son abrégé de l'histoire romaine sous Valentinien et Valons , mais par ordre du dernier, à qui il l'adresse. A en juger par son style , on pourrait croire qu’il était plutét Grec que Romain.

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