I. — Les murailles
Babylone ’ était située dans une plaine don! le terroir était extrêmement gras et fertile. Scs murailles étaient d'une grandeur prodigieuse ; elles avaient cinquante coudées d'épaisseur, qui font douze toises et demie ; deux cents de hauteur, qui font cinquante toises; et quatre * cent quatre-vingts stades de circuit, qui font vingt-quatre lieues. Elles formaient un carré parfait, dont chaque cOté était de six-vingls stades, c'est-à-dire de six lieues*; elles étaient toutes bAtics de larges briques, cimentées de
bitume, liqueur épaisse cl glutinense qui sort de terre dans ce pays-là, qui lie plus fortement que le mortier, et qui devient beaucoup plus dure que la brique ou la pierre à laquelle elle sert de ciment.
Ces murailles étaient entourées d'un vaste fossé rempli d'eau et revêtu de briques des deux cotés. La terre qu'on eu avait tirée en le creusant avait été employée à faire les briques dont les murailles étaient construites.
Chaque côté de ce grand carré avait vingtcinq portes d'airain massif, ce qui en tout faisait cent. D'où vient que, lorsque Dieu promit à Cyrus la conquête de Babylone , il lui dit : Je marcherai devant vous , et je romprai les portes d'airain '. Entre ces portes, et aux angles de chaque carré, il y avait plusicui-s tours élevées de dix pieds plus haut que les murailles.
Des vingt-cinq portes de chaque côté du carré partaient autant de rues qui aboutissaient aux portes du côté opposé : de sorte qu'il y availcn tout cinquante rues, qui se coupaient à angles droits. Elles étaient bordées de maisons qui avaient trois ou quatre étages, et dont le devant était orné de toutes sortes d'embellissements. Ces maisons n'étaient point couligués , ayant de chaque côté un vide qui les séparait les unes des autres ’; et on avait laissé aussi une grande distance entre elles et les murs de la ville. Ainsi Babylone était plus grande en apparence qu'en réalité, près de la moitié de la ville étant occupée par des jardins et par des terres qu'on labourait et qu'on ensemençait, comme nous l'apprend Quinle- Curce.
< On ne do» pa> On lurpris de voir que U fonduion d'une même ville soit allrlbuêe à diffêrcnles personnes, f est un iangape assez commun . meme dons les auteurs profanes , de dire qu'un prince a bdli une ville, soit qu'il l'ail fondée le premier , soit qu'il l'oit embellie el au*-
meoU'‘c. ^
« llcrod. lib. f . cap 178-lS0.-Diod. llb. 2, pog. 95-06.
O.Curl.lib.S.cap. t.
I jt rapporte les choses telles que je les trouve dons les anleors anciens . et M. Prldeaui le fait comme mol ; mai. jeneloissepaedccioiicquil y a betuioup a rabattre de lélendoe immense qu ils donnr.nl à Babylone , aussi bien
pylône avait donc le même circuit que Kinive ; U kanieur de te* rourailles , estimée en coudées ordinaires , ^ W^iret . et lm.rép.l..«.rd.2î mètre.. E. B.