‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciens (volume 3)Chapitre 60 sur 125 · Eiccltenlr éducûUoD de la jeunesse · texte numérisé non relu

Eiccltenlr éducûUoD de la jeunesse

La longue durée des lois établies par Lycurgue est certainement une chose bien mertcilleusc; mais le moyen qu’il employa pour y réussir n'est pas moins digne d'admiration. O moyen fut le soin extraordinaire qu'il prit de faire élever les enfants des Lacédémoniens dans une exacte et sévére discipline; car, comme le fait remarquer Plutarque, la religion du serment aurait été un faible lien , si , par l’éducation cl la nourriture , il n’cûl imprimé les lois dans leurs mœurs, et ne leur eût fait sucer presque avec le lait l’amour de sa police. Aussi vit-on que ses principales ordonnances se conservèrent plus de cinq cents ans ', comme une bonne el forte teinture qui a pénétré jusqu'au fond; cl Licéron fait la même remarque, en nllribuanl le courage el la vertu dos Si)arliales, non pas tant à leur bon naturel qu’ii l’excellente éducation qu’on recevait à Sparte : ciy’iis civilalis spectala ac nobilitata virlus, non solùm mlurà corroborata , veriim eli'am diseiplinà putalur '. Ce qui fait voir de quelle importance il est pour un état de veiller A ce que les jeunes gens soient élevés d’une manière propre A leur inspirer l’amour des luis de la patrie.

Le grand principe de Lycurgue , cl Aristote ’ le répète en termes formels , était que, comme les enfants sont A l’étal, il faut qu’ils soient élevés par l’étal et selon les vues de l’état. C’est pour cela qu’il voulait qu’ils fussent élevés en public et en commun , et non abandonnés au caprice des parents qui, pour l’ordinaire, par une indulgence molle et aveugle et par une tendresse mal entendue , énervent en même temps et le corps et l’esprit de leurs enfants. A Sparte, dès l’Age le plus tendre,

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[ Plut, rompar. I,yc. e. A'uma , fi 5. J

V Ont. pro Ftacco, n. 63

» Lib. 8. Prviitic.

on les endurcissait au travail el A la fatigue par les exercices de la chasse el de la course ; on les accoutumait A supporter la faim et la soif, le chaud el le froid ; el ce que les mères auront bien de la peine A se persuader, c’est que tous ces exercices durs et pénibles tendaient A leur procurer une forte et robuste santé, capable de soutenir les fatigues de la guerre, A laquelle ils étaient tous destinés , cl la leur procuraient en elTcl.

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