IIRR, FUIARART SATRAPE. EST MIS A MORT FAR L'IR
TRIGUE SECRÉTE DE L'ETTUOrE BaeoAS. CaLASUS .
Indirr. heurt volortairbmbht sur ur bucuer.
ALEXARDRR ÉFOUSB StATIEA , FILLE DE UaRIUS.
Arrivée d'Uarpalus a Atué.res. Exil de Dé-
HOSTUÉRE. Révolte ors soldais hacédoriers;
Alexardrb l'apaise. Il rappelle .4rtipateb de
Macéooire, et substitue Cratère a sa place.
Douleur de ce frirce a la hort d'Éfbutior.
Alexandre*, de retour à PaUilc, fit tout préparer pour le départ de la flotte. Il nomma pour amiral Néarque, qui de tous les officiers Tut le seul qui osa sc charger de cette commission , extrêmement dangereuse , parce qu’il s’agissait de faire voile sur une mer absolument inconnue. Le roi lui sut bon gré d’avoir bien voulu l’accepter; et, après lui en avoir marqué sa reconnaissance d’une manière tout è fait obligeante, il le chargea de reconnaître avec sa flotte , qui était l’élite de ses meilleurs vaisseaux , la côte maritime depuis l’Inde jusqu’au fond du golfe Persique; et , après avoir donné ses ordres , il prit sa route par terre vers Babylone.
Néarque ne partit pas de l’Indus en même temps qu’ Alexandre’. La saison n’était pas alors propre è la navigation ; c’était en été, où régnent les vents de mer qui viennent du côté du sud; et la saison dos vents du nord, qui souffient en hiver, n’était pas encore venue. Il ne mit donc è la voile que vers la fin de septembre, et c’était encore trop tôt : aussi fut-il traversé par les vents quelques jours après sou départ , et obligé de chercher un abri pendant vingt-quatre jours.
C’est Arrien qui nous apprend tout ce détail dans le journal exact qu’il fait de cette navigation , sur les mémoires de Néarque même.
Alexandre , ayant quitté Patate , marcha par terre au travers du pays des Orites , dont la capitale s'appelait Ora ou Rhambacis. Il s’y trouva dans une si extrême disette de vivres , qu’il perdit beaucoup de monde , et qu’il ramena à peine de ces Indes la quatrième partie de son armée, qui était de six-vingt mille
* ArrUn. in Initie, pâg 3M.
• Id ibiJ pag.33ô.
hommes de pied et de quinze mille chevanx. Les maladies , la méchante nourriture , les excessives chaleurs, en emportèrent une infinité; mais la famine fit encore un plus grand ravage parmi les troupes dans ce pays stérile, qui n’était ni cultivé ni semé , et dont les habitants étaient des sauvages qui menaient une vie dore et malheureuse. Quand on eut consumé toutes les racines de palmiers qui se trouvaient dans le pays , il fallut manger les bêles de somme, puis les chevaux de service , et , quand il n’y eut plus de quoi porter le bagage, on fut contraint de brûler ces riches dépouilles pour lesquelles les Macédoniens avaient couru jusqu’aux extrémilés de la terre. La peste , suite ordinaire de la famine , mit le comble à la misère des soldats, et en fit périr un grand nombre.
Après une marche de soixante jours, Alexandre arriva sur les confins de la Gédr> sie, où il se trouva dans l’abondance de toiles choses; car , outre que le pays est gras/ar lui-même, les rois et les satrapes les plus voisins de cette contrée lui envoyèrent butes sortes de provisions. 11 fit li quelque .«jour pour rafraîchir son armée. Les gouveneurs des Indes lui ayant envoyé par sor ordre quantité de chevaux cl de toutes srtes de bêtes de charge, de tous les lieux de on obéissance, il remonta sa cavalerie, remit créquipagcl ceux qui en avaient besoin , et leir donna à| tous, bientôt après, des armes ussi bellca que les premières ; ce qui ne lui tt pas difficile, sc trouvant proche de la Peso, qui était alors paisible et dans une grandi abondance.
Il arriva dans la Carmanie ', :Ui porte encore aujourd'hui le nom de Keinan , et la traversa , non dans un équipagede guerrier et de conquérant, mais dans un espèce de mascarade et de bacchanale, avc toute sorte de dissolution. U était traîné gr huit chevaux sur un chariot magnifique , u-dessus duquel on avait dressé un échafauden forme de théâtre carré, où ii passait lesjours et les nuits en festins et eu débauche. Ce chariot était précédé et suivi d'une inf'iité d’autres , dont les uns, en forme de tcies, étaient couverts de riches lapis et de coi crtures de pourpre ;
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el les autres , en forme de berceaux , étaient ombrages de branches d’arbres. On avait placé sur le bord des chemins et aux portes des maisons force tonneaux défoncés , où les soldats puisaient le vin avec de grands flacons, des lasses, des gobelets, qu’on y avait préparés. Toute la campagne retentissait du son des instruments et des hurlements des bacchantes, qui , les cheveux épars el comme forcenées , couraient de cété et d’autre, et s’abandonnaient à toutes sortes de licences. 11 voulait par là imiter le triomphe de Bacchus , qui traversa , à ce qu’on prétend, toute l’Asie, dans cet équipage , après la conquête des Indes. Cette marche si d^rdonnée et si dissolue dura sept jours , pendant lesquels l’armée ne désenivra point: heureuse, dit Quiote-Curce, qu’il ne vint point dans l’esprit des vaincus de les attaquer dans cet état; car mille hommes bien armés et bien résolus seraient venus fort aisément à bout de ces vainqueurs du monde noyés dans le vin et dans la débauche.
Néarque ', en cétoyant toujours les bords de la mer depuis l’embouchure de l’indus, parvint enfin au golfe de Perse, et arriva à file d’ilarmusia, aujourd’hui Qrmus. il y ap' prit qu’ Alexandre n’en était qu’à cinq journées de chemin. Ayant laissé sa flotte en un lieu de .sûreté, il alla, lui cinquième, pour le trouver. Le prince était dans une grande mquiétude de ce qu’était devenue son armée de mer. Quand il apprit que Néarque revenait presque seul, il s’imagina qu’elle avait été entièrement détruite, et que , par un bonheur particulier, Néarque s’était sauvé de la déroute générale. Sun arrivée le confirma encore davantage dans cette pensée. Il voyait des hommes pâles, maigres, défaits, et à peine reconnaissables. Ayant tiré à part Néarque , il lui témoigna la joie qu’il avait de le voir de retour, mais en même temps la douleur inconsolable que lui causait la perte de sa flotte ; Voire flotte , uigneur, se récria-t-il aussitôt , grâce aux dieux , n'est point perdue ; et il lui raconta l’état où il l’avait laissée. Alexandre ne put retenir ses larmes , et il avoua que cette heureuse nouvelle lui causait plus de joie que n’avait fait la conquête de toute l’Asie. Il écoula
avec un plaisir singulier le récit qu’il lui Ht de son voyage et des découvertes qu’il y avait faites . et le renvoya achever de remonter l’Euphrate jusqu’à Babylone, comme il le lui avait d’abord ordonné.
On vint faire en Carmanic à Alexandre bien des plaintes de l’oppression que les gouverneurs et les autres officiciers avaient fait souffrir aux peuples de diverses provinces pendant son absence ; car, ayant compté qu’il n’en reviendrait jamais, il n’y avait point de rapine, de tyrannie, de cruauté et d’injustice qu’ils n’eussent exercées sur les peuples. Vivement touché des vexations qu’ils avaient souffertes, et sensible justju’au fond du cœur à des plaintes si bien fondées, il Ht mourir tous ceux qui furent convaincus de malversation , et avec eux six cents soldats qui avaient servi d’instrument à leurs violences et à leurs autres crimes. Il usa toujours, dans la suite , de la même sévérité envers tous ses officiers convaincus d'avoir malversé, et par là il flt aimer son gouvernement dans toutes les provinces conquises. Il croyait qu'un prince doit cet exemple éclatant à son équité , qui doit réprimer le désordre ; à sa gloire , pour ne pas paraître complice des injustices qu’on commet sous son nom ; à la consolation de ses peuples, à qui il prête une vengeance qu’ils ne doivent jamais exercer eux-mêmes ; enfin à la sûreté de ses états, à qui une conduite si équitable épargne bien des dangers , el souvent même bien des séditions. (7est un grand malheur pour un royaume, que tout y retentisse de concussions , de vexations , d’oppressions , de corruptions, sans que jamais on y voie un seul exemple de punition ; et que tout le poids de l’autorité publique ne tombe que sur le peuple, et jamais sur ceux qui le minent.
Le grand plaisir qu’ Alexandre prit à la relation que Néarque lui avait faite de son heureux voyage donna à ce prince du goût pour la navigation et pour les voyages de mer. Il ne se proposait pas moins que d’aller, en partant du golfe de Perse , faire le tour de l’Arabie et de l'Afrique , et de rentrer dans la Méditerranée par le détroit de Gibraltar , appelé alors tes Colonnes d’ Hercule ; voyage qu'on avait plusieurs fois entrepris, et qui avait été une lois exécuté par ordre d'un roi d’Egypte uoauné
■ Aman. In Indic. |ug 3IS.353.