‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciensChapitre 110 sur 298 · Parallèle d'un Juge raécbanl Md ub juge IgBoraol · texte numérisé non relu

Parallèle d'un Juge raécbanl Md ub juge IgBoraol

« Il aurait cru manquer à la partie la plus « essentielle de son état, si , comme il sentait « ses intentions droites, il ne les rendait « éclairées *. Aussi disait-il ordinairement « qu'il y avait peu de différence entre un juge a méchant et un juge ignorant. L’un au a moins a devant ses yeux les régies de son a devoir et l'image de son injustice; l’autre « ne voit ni le bien ni le mal qu’il fait. L’un « pèche avec connaissance, et il est inexcu- • sable; mais l'autre pèche sans remords, et a il est plus incorrigible. Mais ils sont égale- « ment criminels à l’égard de ceux qu’ils court damnent ou par erreur ou par malice. « Qu’on soit blessé par un furieux ou par un a aveugle, on ne sent pas moins sa blessure; « et pour ceux qui sont ruinés, il importe « peu que ce soit ou par un homme qui les a trompe ou par un homme qui s'est trompé. »

Liens communs.

Comme j’en ai déjà cité plusieurs , je n’en rapporterai ici qu’un seul , où l’on fait voir combien l’emploi de lieutenant de police dans Paris est important et difficile.

« Les citoyens d’une ville bien policée a jouissent de l’ordre qui y est établi, sans « songer combien il en coûte de peines à ceux « qui l'établissent ou le conservent’; à peu r près comme tous les hommes Jouissent de la

< régularité des mouvements célestes , sans r en avoir aucune connaissance : etmème, n plus l’ordre d’une police ressemble par son

< Orals. funèbre de M. de Lamoignon, par M- Fléchler.

* M. de Fonlcnelle.

o uniformité à celui des corps célestes, plus > il est insensible ; et par conséquent il est « toujours d’autant plus ignoré, qu’il est plus o parfait. Mais qui voudrait le connaître et o l’approfondir, en serait effrayé, entretenir r perpétuellement dans une ville telle qua u Paris une consommation immense, dont r une infinité d’accidents peuvent toujours « tarir quelques sources; réprimer la lyran- » nie des marchands à l’égard du public, et r eu même temps animer leur commerce; r empêcher les usurpations mutuelles des

• uns sur les autres, souvent difficiles à dér mêler; reconnaître dans une foule infinie r tous ceux qui peuvent si aisément y cacher r une industrie pernicieuse, en purger la sor ciété, ou ne les tolérer qu'aulunt qu'ils r peuvent lui être utiles par des emplois dont u d'autres qu'eux ne se chargeraient pas, ou r ne s’acquitteraient pas si bien ; tenir les r abus nécessaires dans les bornes précises de a la nécessité qu'ils sont toujours prêts à r franchir, les renfermer dans l’obscurité à r laquelle ils doivent être condamnés , et ne r les en tirer pas même par des châtiments u trop éclnlanls; ignorer ce qu’il vaut mieux r ignorer que punir, et ne punir que rarer ment et utilement; pénétrer par des conr duils souterrains dans l’intérieur des familr les, et leur garder les secrets qu'elles n’ont

• pas confiés, tant qu’il n'est pas nécessaire r d’en faire usage ; être présent partout sans r être vu; enfin, mouvoir ou arrêter & sou r gré une multitude immense et tumultueuse, u et être l’âme toujours agissante et presque r inconnue de ce grand corps ; voilà quelles r sont en général les fonctions du magistrat r de la police. Il ne semble pas qu'un homme r seul y puisse suffire, ni par la quantité des r choses dont il faut être instruit, ni par celle o des vues qu’il faut suivre, ni par l'applicar lion qu’il faut apporter, ni par la variété r des conduites qu'il faut tenir, et des caracr (ères qu’il faut prendre. Mais la Yoix pur blique répondra si M. d’Argenson a suffi à r tout. »

On sent bien que des modèles si beaux, si parfaits dans leur genre, proposés aux jeunes gens, soit pour objet de leur lecture, soit pour matière de leurs compositions, surtout quand

ils «ont expliqués et développés par un matire habile, sont fort capables de leur élever l’esprit et de leur donner beaucoup de fécondité et d’invention. Et c’est une des raisons qui m’ont porté à choisir ces exemples dans le genre démonstratif, qui est plus susceptible d’ornements.

Quand ils auront lu un nombre asset considérable de ces endroits choisis dos bons auteurs, il sera utile de leur y faire remarquer la différence des styles et des caractères, et même les défauts, s’il s'y en rencontre, soit pour le langage, soit pour le style.

Je n’ai cité jusqu’ici que quatre auteurs , non qu'il n’y en ait encore plusieurs dont je pouvais tirer de pareils exemples; mais j'ai dû me borner è un certain nombre, et ceux-ci se sont trouvés sous ma main. Ils sont tous excellents; mais aucun d’eux ne ressemble aux autres ; ils ont chacun un caractère particulier qui les distingue, et peut-être ne sontils pas exempts de (ont défaut.

Ce qui domine dans M. Fléchier, est une pureté de langage, une élégance de style, une richesse d’expressions brillantes et fleuries, une grande beauté de pensées, une sage vivacité d’imagination ; et, ce qui en est une suite, un art merveilleux de peindre les objets et de les rendre comme sensibles et palpables.

Mais il me semble qu’on voit régner dans tous scs écrits une sorte de monotonie et d’uniformité. Presque partout mêmes tours , mêmes figures, mêmes manières. L’antithèse saisit presque toutes ses pensées, et souvent les affaiblit en voulant les orner. Cette figure, quand elle est rare et placée (i propos, produit un bel effet. Ainsi elle termine heureusement le magnifique éloge que M. Fléchier fait du roi Louis XIV. Toujours roi par autorité , et toujours père par tendresse'. Quand elle roule sur un jeu de mots, elle est moins estimable -. Heureux qui natta pas après tes richesses 1 Plus heureux qui les refusa quand elles allèrent à lui'! Elle peut même devenir ennuyeuse , quelque solide qu’elle soit, quand elle est trop souvent répê-

• Oraison fonèbre de M. La Tellter.

* Oraison funèbre de U. de Lamoignon.

tée : Qui n« sait qu'elle fut admirée dans un âge où les autres ne sont pas encore connues : quelle eut de la sagesse en un temps où l on

n’a presque pas encore de la raison et

qu'elle fut capable de donner des conseils en un temps où tes autres sont à peine capables d en recevoir 1 !

M. Bossuet écrit d’une manière toute différente. Peu occupé des grâces légères du discours, et quelquefois même négligeant les règles gênantes de la pureté du langage , il fend au grand , au sublime, au pathétique, li est vrai qu’il est moins égal et so soutient moins, et c’est le caractère du style sublime ; mais en récompense il enlève, il ravit, il transporle. Les figures les plus vives lui sont ordinaires et comme naturelles.

« O mère. 0 femme, 6 reine admirable et « digne d’une meilleure fortune, si les forlu- « ries de la terre étaient quelque chose1! Eno On il faut céder â votre sort.

« Elle vil avec, étonnement que, quand « l’heure fut arrivée. Dieu alla prendre comme « par la main le roi son Ois pour le conduire « â son trône. Elle se soumit plus que jamais « â cette main souveraine qui tient du plus « haut des deux les rênes do tous les empi- « rcs ; et, dédaignant les trônes qui peuvent « êlre usurpés, elle attacha son affection au a royaume où l’on ne craint point d’avoir des « égaux et où l’on voit sans jalousie ses « concurrents. »

Il fait ainsi le portrait de Cromwell, a Un a homme s’est renconlré d’une profondeur o d’esprit incroyable, hypocrite rafOnéautant « qu’habile politique, capable de loutentre- « prendre et de tout cacher, également actif et u infatigable dans la paix et dans la guerre , a qui ne laissait rien à la fortune de ce qu’il « pouvait lui ôter par conseil et par pré- « voyance; mais au reste si vigilant et si prêt o à tout, qu’il n’a jamais manqué les occao sions qu’elle lui a présentées : enfin, un de « ces esprits remuants et audacieux, qui sem- « bient être nés pour changer le monde. »

t Oraison funèbre de madame de Montaasier.

1 Oraison funèbre de la reine d'Angleterre.

* « Plus amant illod regoum. In qio non Utncnl ba- « bere consoriea. » (S. Auc.)

Il décril dans un antre endroit la manière dont la princesse Henriette-Anne d’Angleterre fut délivrée comme par miracle des mains des rebelles.

« Malgré les tempêtes de l'Océan, et les agi- « lotions encore plus violentes de la terre1, « Dieu la prenant sur ses ailes , comme l’ai— « glc prend scs petits, la porta lui-même dans « ce royaume ; lui-même la posa dans le sein « de la reine sa mère, ou plutôt dans le sein

• de l’Eglise catholique. »

« Que dirai-je davantage? Ecouler tout en « un mot : fille, femme, mère, maîtresse, « reine*, telle que nos vœux l’auraient pu « faire; plus que tout cela, chrétienne, elle a accomplit tous ses devoirs sans présomp- « tion, et fut humble, non-seulement parmi « toules les grandeurs, mais encore parmi « toutes les vertus. »

« Glaive du Seigneur, quel coup vous venez

* de frapper! toute la terre en est étonnée. »

Il emploie quelquefois les antithèses , mais

elle deviennent sublimes dans son discours. « Malgré le mauvais succès de ses armes in- « forlunées (il s’agit de Charles !•’, roid’An- « gleterrej.si on a pu le vaincre, on n’a pu « le forcer : et comme il n’a jamais refusé ce « qui était raisonnable étant vainqueur, il a « toujours rejeté ce qui était faible et injuste « étant captif, a

M Mascaron tient quelque chose du caractère des deux auteurs dont je viens de parler, sans pourtant leur ressembler entièrement. lia en même temps beaucoup d’élégance et beaucoup de noblesse : mais il est, ce me semble, moins orné que l’un, et moins sublime que l’autre. L’art se montre chez lui avec moins d’ostentation que dans le premier; ce qui est un grand art : peut-être aussi la nature y est-elle moins riche et moins hardie que dans le second.

« Rome profane lui eût dressé des statues « sous l’empire des Césars; et Rome sainte « trouve de quoi l’admirer sous les pontifes

# de la religion de Jésus-Christ*.

* Oraison funèbre de madame la duchesse d’Orléans.

1 Ora.son funèbre de Marie-Thérèse d’AuUlcbe.

1 Oraison funèbre de la reine d’Anrlelerre.

* Oraison funèbre de M.de Tureone.

i M. de Turenne, vainqueur des ennemis « de l’Etat, ne causa jamais h la France une « joie si universelle et si sensible que M. de « Turenne vaincu par la vérité, et soumis au « joug de la foi.

« Anges du premier ordre, esprits destinés « par la Providence à la garde de cette grande a Urne, dites-nous quelle fut la joie de l’E- « glise du ciel è la conversion de ce prince , « et avec quelles réjouissances furent reçus a les premiers parfums des oraisons de ce a nouveau catholique lorsque, du pied des a autels de l’agneau sacrifié, vous les portft- « tes au pied de l’autel de l’agneau régnant a dans la gloire.

a Jamais homme ne fut plus propre à don- « ner de grands spectacles à l’univers ; mais a jamais homme ne songea moins aux ap- « plaudissements des spectateurs,

a Sa manière, sans avoir rien de dur, meta lait pourtant sur son visage tout le ressena liment d’une modestie indignée.

a Aussi éloigné dans ses récits du faste de a la modestie que de celui de l’orgueil.

a Que ne peut pas un grand maître lorsa qu’il trouve un génie du premier ordre il a former? A peine M. de Turenne a-t-il donné a ses premiers conseils, qu’il se voit hors a d’état d’en donner d’autres, prévenu par a les lumières , par la pénétration , et par a l’heureuse et sage impétuosité du courage a de ce grand monarque (Louis XI V . Comme a on voit la foudre conçue presque en un moa ment dans le sein de la nue briller , éclaa ter, frapper, abattre, ces premiers feux a d’une ardeur militaire sont à peine allumés a dans le cœur du roi , qu’ils brillent , éclaa lent, frappent partout. »

L’auteur du lieu commun sur les fonctions du lieutenant de police a un caractère tout différent des trois autres. Le morceau que j’en ai rapporté est d'un goût exquis, et doit paraître d’autant plus beau, que les beautés y paraissent moins affectées, quoique la matière fût fort susceptible de ces tours brillants et fleuris auxquels on a mieux aimé substituer la solidité des choses et des pensées.

Les éloges académiques, composés par le même auteur, étant dans le genre d’éloquence que les Latins appellent ténue et subtile, le

style en est plus simple , comme il a dû l'être ; mais c’est une simplicité qui est jointe avec beaucoup d'esprit. On en jugera par quelques endroits choisis que j’en vais citer. Ils feront connaître , pour me servir des termes mêmes que l'auteur emploie en partant de l’un de ses confrères, «que tout ce qu’il dit lui ap- « partient » : j'ajouterais volontiers , et la manière dont il le dit.

On y trouve des portraits peints d'après nature , et des descriptions très-naïves, mais très-vives.

« M. Dodart (dit-il dans l’éloge de cet il- \ a lustre académicien) était né d’un caractère I « sérieux ; et l’attention chrétienne avec la- « quelle il veillait perpétuellement sur lui- « même n’était pas propre à l’en faire sortir.

« Mais ce sérieux , loin d'avoir rien d’austère ■ ni de sombre , laissait paraître assez à dea couvert un fonds de cette joie sage et du- « râble qui est le fruit d’une raison épurée et « d’une conscience tranquille. Cette disposi- « lion ne produit pas les-emporlements de la « gaîté , mais une douceur égale , qui ce- « pendant peut devenir gatté pour quelques « moments, cl par une espèce de surprise.

« Et de tout cela ensemble se forme un air de « dignité qui n'appartient qu'à la vertu , et « que les dignités mêmes ne donnent point »

<■ M. de Vauban méprisait celle politesse « superficielle dont le monde se contente, cl « qui couvre souvent tant de barbarie : mais « sa bonté, son humanité , sa libéralité , lui « composaient une autre politesse plus rare,

« qui était toute dans soncoeur.il seyait bien « à tant de vertus de négliger des dehors qui, « 6 la vérité, lui appartiennent naturellement, a mais que le vice emprunte avec trop de « facilité. »

« A la forme de dialogue, et à cette manière u de traiter la philosophie . ou reconnaît que a Cicéron a servi de modèle ( il s'agit de la « Philosophie de M. du Hamel) : mais on le a reconnaît encore à une latinité pure et ex- « quise;el,cequieslplus important, à un plus x grand nombre d’expressions ingénieuses et « fines , dont ces ouvrages sont semés. Ce <1 sont des raisonnements philosophiques , a qui ont dépouillé leur sécheresse naturelle « ou du moins ordinaire , en passant au tra-

« vers d’une imagination fleurie et ornée, et « qui n’y ont pris cependant que la juste dose « d’agrément qui leur convenait. Ce qui ne « doit être embelli que jusqu’à une mesure « précise est ce qui coûte le plus à embellir.»

« Il règne en cet ouvrage ( la Recherche de « la vérité, du père Malebranche) un grand « art de mettre des vérités abstraites dans « leur jour, de les lier ensemble, de les forci tifier par leur liaison... La diction , outre « qu'elle est pure et châtiée, a toute la dignité « que les matières demandent, et toute la a grâce qu’elles peuvent souffrir. Ce n'est pas « qu’il eût apporté aucun soin à cultiver les « talents de l’imagination : au contraire, il « s’esttoujours fort attaché à les décrier. Mais « il en avait naturellement une fort noble et « fort vive, qui travaillait pour un ingrat « malgré lui , et qui ornait la raison en se « cachant d’elle. »

« La botanique n’est pas une science séden- « taire et paresseuse qui se puisse acquérir « dans le repos et dans l'ombre d'un cabinet...

« Elle veut que l'on coure les montagnes et « les forêts , que l'on gravisse contre des ro- « chers escarpés , que l'on s’expose au bord « des précipices. Les seuls livres qui peuvent « nous instruire à fond dans celte matière ont « été jetés au hasard sur toute la surface de « la terre ; et il faut se résoudre à la fatigue a et au péril de les chercher et de les ramas- « ser... Son inclination dominante (de M. de « Tourncforl) lui faisait tout surmonter. Ces « rochers affreux et presque inaccessibles qui « l'environnaient de toutes parts dans les « Pyrénées s'étaient changés pour lui en une « magnifique bibliothèque . où il avait le plai- « sir de trouver tout ce que sa curiosité « demandait, et où il passait des journées « délicieuses. »

L’auteur des Eloges sait employer à propos certains traits d’histoire et d’antiquité fort propres à apprendre aux jeunes gens l'usage sobre et raisonnable qu’on en doit faire dans la composition.

« On lui a reproché ( à M. Parent) d’être « obscur dans ses écrits. Car nous ne dissi- « muions rien , et nous suivons en quelque « sorte une loi de l'ancienne Egypte, où l’on « discutait devant des juges les actions et te

« caractère dos morls pour régler ce qu'on « devait à leur mémoire. »

o Un roi d’Arménie demanda à Néron un « acteur excellent et propre 1 toutes sorles « de personnages, pour avoir, disait-il, en lui « seul une troupe entière. On eût pu dire de « même avoir eu M. de la Hire seul une aca- « démie entière de sciences.»

En parlant de M. Leibnitz, qui avait embrassé presque toutes les sciences : a Nous a sommes obligés de le partager ici , et, pour « parler philosophiquement, de le décompo- « scr. De plusieurs Hercules l’antiquité n’en a a fait qu’un ; et du seul M. Leibnitz nous « ferons plusieurs savants. »

u 11 alla ( M. Fagon ) en Auvergne, en Lan- « guedoc, en Provence, sur les Alpes et sur « les Pyrénées , et n’en revint qu’avec de a nombreuses colonies de plantes destinées à « repeupler ce désert ; » c’est-à-dire le Jardin royal , qui était si dénué de piaules , que ce n’élait presque plus un jardin.

S’il était permis de chercher quelque tache parmi! antdebeuulés.on pourrait peut-être en soupçonner quelqu'une dans un certain tour de pensées un peu trop uniforme, quoique les pensées soient fort diversifiées, qui termine la plupart des articles par un trait court et vif, en forme de sentence, et qui semble avoir ordre de s’emparer de la Un des périodes comme d’un poste qui lui appartient à l’exclusion de tout autre.

Ce qui élève l’espril devrait toujours aussi élever l'àme.

La même pitié qui le rendait dit/rte d'entrer dans l'Eglise, f en éloignait.

La même cause qui l'éloignait l'en rendait digne.

Plus les yeux ont eu , plus la raison voit elle-même.

Ce qu'il croyait , il le voyait ; au lieu que les autres croient ce qu'ils voient , etc.

Je craindrais qu’un modèle si autorisé ne fit un jour dégénérer l’éloquence dans ces sortes de traits , appelés dans Sénèque , stimuli quidam et subiti ictus sentenliarum 1 ; qui, selon le même auteur, semblent par leur affectation étudiée mendier l’applaudisse-

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ment, et qui étaient inconnus à la saine antiquité. Apud antiquos nondiim captabalur plausibilis oratio.

Il ne s’ensuit pas pour cela qu’ils doivent être entièrement rejetés : ils peuvent donner beaucoup de grâce , et même beaucoup de force au discours , comme on le voit souvent dans les ouvrages de l’auteur dont il s'agit, et comme je le dirai ailleurs. Mais l'abus qu’on en peut faire est à craindre, et c’est celte raison qui m’oblige à insister souvent et fortement sur ce point.

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