‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciensChapitre 152 sur 298 · Parce qu'il leur reproche leurs vices · texte numérisé non relu

Parce qu'il leur reproche leurs vices

2. Parce qu'il déclare qu'il est le fils de Dieu , et que Dieu lui-méme l'appelle son fils bien-aimé.

3- Parce qu'il leur prédit qu'ils le verront assis è la droite de Dieu.

Il est envoyé de Dieu son père vers les brebis perdues de la maison d’Israël.

Les Juifs forment le dessein de le mettre à mort.

Il est vendu trente pièces d'argent.

Il est livré aux Romains par les Juifs.

L'humanité dont II est revêtu souffre une mort sanglante.

Il est condamné sans que personne prenne sa défense.

Il souffre toutes sortes d’injures et de supplices sans se plaindre.

Placé enlre deux voleurs. Il prédit à l’un qu'il Ira en Paradis, et laisse mourir l'autre dans son impénitence.

Il est trois jours dans le tombeau.

Il fallait que le Christ souffrit, et qu’il entrât ainsi dans sa gloire.

Il est établi chef de toute l’Eglise, et toute créature lui est soumise.

Il est au-dessus de toute créature, mais soumis a Dieu comme homme.

Son nom de Jésus signifie sauveur; et il est en effet le seul par qui nous puissions être sauvés.

Toute créature doit fiéchir le genou au nom de Jésus- Christ.

Il n'y a partout que pauvreté et qu'égaremenl : la vérité et la grâce ne se trouvent que dans l'Eglise, où règne Jésus-Cbriit.

Point de salut, point dé grâce que par Jésus-Christ.

Toutes les nations entrent dans l'Eglise pour y trouver le salut.

Les Juifs reviendront un jour a Jésus-Christ, le reconnaîtront, l’adoreront, et entreront dans l'Eglise.

Y a-l-il dans tonies ces applications, et j’en pourrais ajouter beaucoup d’autres, quelque chose de forcé et de contraint ? Serait-il possible que le pur hasard eût ramassé en-

semble tant de traits de ressemblance si différents, et en même temps si naturels? J’aimerais autant dire que le portrait le plus achevé et le plus ressemblant ne serait aussi

que V effet du hasard. Il est visible qu'une main intelligente a répandu et appliqué à propos toutes ces couleurs pour en Taire un tableau parfait ; et que le dessein de Dieu , en réunissant dans la seule vie de Joseph tant de circonstances singulières, a été d'y peindre les principaux traits de celle de son fils. Ce serait donc ne connaître qu'à demi l’histoire de Joseph, que de s'arrêter à la simple surface qu’elle présente, sans en approfondir | le sens caché et mystérieux, qui en fait la partie la plus essentielle, puisque Jésus-Christ est la Sn de la loi et de toutes les Ecritures.

Je prie le lecteur d'observer que . quelque ressemblants et quelque naturels que soient les rapports de Joseph avec Jésus-Christ , il n'en est point parlé ni dans l’Evangile, ni dans les écrits des apôlres; ce qui montre qu’outre les figures dont nti trouve l’explication dans le Nouveau -Testament , il y en a de si claires et de si évidentes, qu’on ne peut pas raisonnablement douterqu'clles ne renferment aussi quelque mystère. Mais il faut, surtout, quand on parle aux jeunes gens, être sobre et retenu sur celles du dernier genre, et insister principalement sur les figures dont Jésus-Christ ou les apôtres ont fait l'application.

ABTICLK 11

Délivrance miraculeuse de Jérusalem sous Eréchtai.

Je ne prends dans la vie du saint roi Ezéchias que ce fait , l’un des plus éclatants qui soient dans l’histoire sainte, et des plus propres à rendre sensible la toute - puissance de Dieu, et son attention sur ceux qui mettent en lui leur confance. Je ne ferai presque qu'en indiquer les principales circonstances, que le lecteur pourra voir dans toute leur étendue en consultant les livres historiques qui en font le récit, et surtout les prophéties d'Isate, qui en renferment une prédiction très-claire et très détaillée.

Sennachérib , roi des Assyriens , était parti de Ninire avec une armée formidable', dans le dessein d'exterminer la ville de Jérusalem avec son roi et ses habitants. 11 se promettait

* * Beg. 18, 13.

une victoire assurée', et insultait déjà d'avance au Dieu de Jérusalem, disant qu'il le traiterait comme il avait traité tous les dieux des autres villes et des autres royaumes dont il avait fait la conquête. Il ne savait pas-t|u’il n'èlail qu'un instrument dans la main de Dieu’, qui l'avait appelé d'un coup de sifflet (c'est l'expression de l'Ecriture) , et l’avait fait venir des extrémités de la terre, non pour exterminer, mais pour corriger son peuple.

Tout céda aux armes victorieuses de ce prince, et en peu de temps il se rendit maître de toutes les places fortes qui étaient dans le pays de Juda. L'alarme fut grande dans Jérusalem ’. Ezèchias avait pris toutes les mesures nécessaires pour mettre la ville en étal de faire une vigoureuse résistance ; mais il n’attendait sa délivrance que du secours divin. Dieu s’était engage par une promesse solennelle*, cl plusieurs fois réitérée, à défendre la ville contre l’attaque du roi d’Assyrie , mais à condition que ses habitants ne compteraient qu sur lui, se tiendraient en repos, et n’auraient point recours ou roi d’Egypte. Si vous demeurez en paix . leur avait -il dit, voue serez sauvés : voire force sera dans le silence et dans l'espérance 3, II leur avait déclaré plusieurs fois que le secours d'Egypte tournerait à leur honte et à leur perle “. Pour leur rendre celte prédiction plus sensible , il avait obligé le prophète Isole de marcher nu-pieds et sans habits au milieu de la ville1, en déclarant que tel serait le sort des Egyptiens et des Ethiopiens.

Les grands , les politiques ne purent se résoudre à demeurer dans l’inaction , et à compter sur la promesse de Dieu. Ils amassèrent une somme considérable d’argent *, et ils envoyèrent des députés au roi d’Egypte pour implorer son secours. Plusieurs même prirent le parti de se retirer dons ce pays-là , espérant y trouver un asile assuré contre les maux dont ils étaient menacés. Dieu leur en

< lut. 10,7. 13.

■ 10. 3, 80, 7 ; 18, 10. Ct6.

V * Parai 32. 2. 8.

* lsai. cap. 30

< Id. 20. t, a.

v Id. 30.

fil plusieurs fois des reproches par son prophèle , mais toujours en vain. Le saint roi Ezéchias leur répétait sans cesse : Le Seigneur nous délivrera; Jérusalem ne sera pas livrée entre les maitts des Assyriens On ne l'écoutait point.

Ce saint roi’, craignant d'avoir commis quelque faute en rompant le traité qu’il avait fait avec le roi des Assyriens , résolut , pour n'avoir rien à se reprocher, et pour mettre tout le bon droit de son côté , de lui en faire satisfaction. Il lui envoya donc des ambassadeurs à Lachis, et lui dit: J'ai fait une faute; mais retirez-vous de mes terres , et je souffrirai tout ce que vous m'imposerez. Le roi des Assyriens ordonna A Ezéchias de lui donner trois cents talents d’argent et trente talents d’or. Il ramassa celle somme avec beaucoup de peine, et la lui envoya. Il y avait lieu d'espérer qu'une telle démarche désarmerait la colère de Sennachérib : mais il n’en détint que plus fier; et, ajoutant la perfidie A l’injustice , il envoya sur-le-champ un gros détachement de son armée contre Jérusalem, avec ordre à Rabsncés, qui commandait ce détachement , de sommer Ezéchias et les habitants, de la part du grand roi , du roi des Assyriens, de se rendre. Cet officier s’acquitta de sa commission en des termes pleins de mépris pour le roi de Juda, cl d'insultes contre le Dieu d'Israël. Ezéchias, l'ayant appris, déchira ses vêtements , se couvrit d'un sac , cl entra dans la maison du Seigneur, d’où il envoya ses principaux officiers vers Isaïe pour lui rapporter les paroles insolentes de Itabsncès. Le prophète leur répondit : Vous direz ceci 1 votre maître : Voici ce que dit le Seigneur : Ne craignez point ces paroles que vous avez entendues , par lesquelles les serviteurs du roi des Assyriens m'ont blasphémé. Je vais lui envoyer un souffle : il entendra un bruit ; il retournera en son pays , et je l'y ferai périr par l'épée.

Pendant cet intervalle, Tharaca , roi d’Ethiopie *, avait envoyé des courrier* à Jérusalem pour assurer ses habitants qu'il mar-

■ 4 Reg. 18. 33 et 19, 10.

> * Reg. 18 et 19.

> lut. 18, 1, 3.

chail à leur secours. Lui-méme arriva bienldt après avec son armée et celle des Egyptiens. A la première nouvelle qu’en reçut Sennachérib ', il résolut de marcher contre lui. Mais auparavant il envoya ses ambassadeurs & Ezéchias pour lui remettre en main une lettre pleine de blasphèmes contre le Dieu d’Israël. Ce saint roi , pénétré de douleur, alla aussitôt au temple, étendit celle lettre impie devant le Seigneur, et lui réprésenta , par une prière vive et louchante, que c’était lui-mêmequ'on attaquait , qu’il s'agissait de la gloire de son nom , et qu'il osait , par cette raison , lui demander un miracle, afin , dit-il , que tous les royaumes de la terre sachent que c'est vous seul qui êtes le Seigneur et le vrai Dieu. Dans le moment même, Isaïe envoya dire à Ezéchias que Dieu avait eiuucésa prière, et que In ville ne serait pas même assiégée. A qui , dit Dieu en s'adressant à Sennachérib,' penscs-lu avoir insulté ? Qui crois-tu avoir blasphémé? Contre qui as-tu haussé la voix et élevé tes yeux insolents? C’est contre le saint d’Israël. Tu m as attaqué par tes insultes pleines d’impiété , et le bruit de ton orgueil est monté jusqu'à mes oreilles. Je te mettrai donc un anneau au nez , et un mors à la bouche ; et je te ferai retourner par le même chemin par lequel tu es venu.

Le roi d'Ethiopie’, plein de confiance dans les troupes innombrables qu'il amenait, avait cru qu'il n'aurait qu'à se montrer pour mettre en fuite les Assyriens et pour rendre la liberté a Jérusalem. Il ne savait pas l'anathème que Dieu avait prononcé contre lui, parce qu’il avait osé se déclarer le protecteur et le libérateur de Jérusalem et du peuple de Dieu , comme si l’un et l'autre eussent été sans espérance et sans ressource s’il ne se hâtait d'en prendre la défense. Son armée ,ful taillée en pièces. Le carnage fut si grand , et la fuite si prompte, qu’il ne resta personne pour enterrer les morts. Après le gain de la bataille, le roi d’Assyrie porta la guerre dans l'Egypte même. Le trouble et la confusion s’y répandirent partout. Dieu cillera aux sages si renommés de l'Egypte le conseil et la prudence,

■ 4 Reg. 19, 9, 34. < lui. c. 18 et 19.

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el répandit parmi eui un esprit de vertige. Il Ata aux chefs toute force et tout courage. On ue fit aucune résistance , et lout le pays fut & la discrétion d'un prince également avare et cruel , qui emmena un nombre infini de captifs, comme Isaïe l'avait prédit1.

Quand Sennachérib eut ramené scs troupes victorieuses devant Jérusalem s, on s’imagine aisément quelle fut la consternation des habitants de cette ville. Ils voyaient une armée innombrable campée à leurs portes, et loutes les campagnes voisines couvertes de chariots de guerre. L'ennemi se préparait à assiéger la ville , et poussait des cris contre la montagne de Sion. Le moment de leur perte paraissait venu : mais c'était celui de la miséricorde divine , el de leur délivrance. La nuit même (qui sans doute précéda le jour où se devait faire l'attaque générale}1, l'ange du Seigneur vint dans le camp des Assyriens , et y tua cent quatre-vingt-cinq mille hommes. Sennachérib, s’étant levé au point du jour, vit tous ces corps morts, et s'en retourna aussitôt à Ninive, où, peu de temps après, il fut tué par ses propres enfants daus le temple et sous les yeux de son Dieu.

B&FLB1IONS.

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