‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciensChapitre 173 sur 298 · DION · texte numérisé non relu

DION

Je ne sais si parmi les vies des hommes illustres que Plutarque nous a laissées il y en a aucune plus belle et plus curieuse que celle de Dion ; mais il n'y en a point certainement qui marque davantage quel est le prix de la bonne éducation , et de quelle utilité peut être la conversation des gens savants et vertueux. C'est presque l'unique point auquel je m’arrêterai , en faisant quelques réflexions sur les circonstances de la vie de Dion qui y ont le plus de rapport.

> De Oral. Ub. 3, n. 137, 141.

• Ibid. d. 138.

PREMIÈRE BÉPEEXIO*.

Conversation des gens de lettres et de probité, Infiniment otite aux princes.

Dion était frère d'Aristomaque , que le premier Denys avait épousée. Une espèce de hasard, ou plutôt, dit Plutarque, une providence particulière, qui jetait de loin les fondements de la liberté de Syracuse , y avait amené Platon , le plus célèbre des philosophes. Dion devint son ami et son disciple, et profita bien de ses leçons. Car, quoique élevé dans des mœurs basses sous un tyran , quoique accoulumé à une sujétion craintive et servile, quoique nourri dans le faste et les délices, en un mot dans un genre de vie qui fait consister le souverain bien dans la volupté et dans la magnificenre, il n’eut pas plutôt entendu les discours de ce philosophe , et goùlé de rôtie philosophie qui mène à la venu, qu’il sentit sou àme enflammée d’amour pour elle.

Le second Denys avait succédé à son père dans un âge où , comme le dit Tite-Live d’un autre roi de Syracuse ', à peine était-il capable d’user modérément de sa liberté , loin de pouvoir gouverner avec sagesse. Dès qu'il fut monté sur le trône, le premier soin des courtisans fut de s’emparer de son esprit, et d'obséder ce jeune prince par des flatteries contiuuelies. Ils ne pensaient qu’à lui fournir tous les jours de vains amusements, le tenant toujours occupé à des festins, à des commerces de femmes , cl à tous les autres plaisirs les plus honleux. Dion, persuade que tous les vices du jeune Denys ne venaient que de la mauvaise éducation qu’il avait eue, chercha à le jeler dons des conversations honnêtes, et à lui faire goûter des discours capables de former les mœurs. Pour cela il l'engagea à faire venir à sa cour Platon. Quelque répugnance qu'eût le philosophe pour ce voyage , dont il n'espérait pas un grand fruit, il ne put résister aux vives sollicitations qu’on

i cPueram, vlidùm liber tatem. nrdùm dominatlonem, « modicè Ixturum. t.alè !d ingenlum lutorc» olqueamici u «d preclpiiandum In omnia villa accaparant » |Lrr. lib. 21, o. 4.)

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