‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciensChapitre 208 sur 298 · ARTICLES III ET IV · texte numérisé non relu

ARTICLES III ET IV

La philosophie url a orner l'esprit d'une InCoiiC de connuiFMticcs curieuse*.

EUe serl aussi à inspirer un grand respect pour la religion.

Je joins ici ces deux choses ensemble, parce qu’en effet elles ont une liaison naturelle, et que l'une doit conduire i l’autre, comme on le verra par ce que j'ai à dire sur ce sujet.

Il est étonnant que l’homme, placé au milieu de la nature, qui lui offre le pins grand spectacle qu'il soit possible d'imaginer, et environné de tous côtés d'une infinité de merveilles qui sont faites pour lui , ne songe presque jamais ni 4 considérer ces merveilles si dignes de son attention et de sa curiosité , ni à se considérer soi-méme- Il vit au milieu du monde, dont il est le rot, comme un étranger, pour qui tout ce qui s’y passe serait indifférent, et qui n’y prendrait aurun intérêt. L’univers, dans toutes ses parties, annonce et mnnlre son auteur; mais, pour le plus grand nombre , c’est à des sourds et à des aveugles , qui ont des oreilles sans entendre cl des yeux sans voir.

Un des plus granits services que la philosophie puisse nous rendre, c’est de nous réveiller de cet assoupissement, et de nous tirer de celle léthargie qui déshonore l’humanité , et qui nous rabaisse en quelque sorte au-dessous des bêles , dont la stupidité n’est que la suite de leur nature, et non l’effet de l'oubli ou de l'indifférence. Elle pique notre curiosité, elle excite notre attention, et nous conduit comme par la main dans tontes les parties de la nature , pour nous en faire étudier et approfondir les merveilles.

Elle présente à nos yeux l'univers comme un grand tableau, dont chaque partie a son usage , chaque trait sa grâce et sa beauté, mais dont le tout ensemble est encore plus merveilleux. En nous montrant un si beau spectacle, elle nous fait observer avec quel ordre, quelle symétrie , quelle proportion , tout y est placé ; avec quelle égalité cet ordre général et particulier s'observe et se maintient; et par 14 elle "nous fait reconnaître

l'intelligence et la main invisible qui règlent tout.

La philosophie, en conduisant ainsi l'homme de merveilles en merveilles, et le promenant pour ainsi dire dans tout l'univers, nesoufTrc pas qu’il demeure étranger par rapporté luimême , ni qu'il ignore le fond de son propre être, où Dieu s’est peint lui-même d'une manière inüniment plus sensible et plus parfaite que dans le reste des créatures.

On voit bien que je parle ici principalement de celle partie de la philosophie qu'on appelle physique , parce qu’elle s’occupe à considérer la nature. Je l'examinerai sous deux faces. J'appellerai l'une la physique des savants, et l'autre la physique des enfants. Celle-ci n’est attentive qu'aui objets mêmes et è ce qui frappe les sens; au lieu que la première en examine è fond la nature, cl lèche d'en découvrir les causes.

rnTSlQCB DES SIVASTS.

La considération du monde et des différentes parties qui le composent a toujours finit l’étude des philosophes ; et rien certainement ne mérite plus notre attention. Il n’est pas possible de voir rouler continuellement sur nos têtes les lieux et les astres , sans être tenté d'en étudier les mouvements , et d’observer l’ordre et la régularité qui y régnent. Trois systèmes principaux ont partagé les philosophes ; je les rapporterai en abrégé.

Systèmes du inonde.

Le premier système est de Plolomèe : j’y comprends ce que ses sectateurs y ont ajouté. Ce philosophe vivait dans le second siècle, sous l'empire d'Adrien et de Marc-Aurèle- Anlonin, vers l'an 138 de Jésus-Christ.

Il plaçait la terre au centre de l'univers. Selon lui , la lune était , de toutes les planètes, la plus prochaine de la terre. Au-dessus de la lune étaient Mercure, Yéuus, le soleil, Mars, Jupiter et Saturne; et au-dessus de toutes ces planètes le firmament , dans lequel il supposait toutes les étoiles attachées. , comme dans une voûte concentrique , à ht

terre. Il supposait en conséquence que le soleil, toutes les planètes, et mémo les étoiles fixes, étaient emportées en vingt -quatre heures d’orient en occident, autour de la terre, par un ciel qu’il plaçait au-dessus du firmament, et qui, ayant ce mouvement, le communiquait è tous les deux inférieurs, et conséquemment aux planètes qui étaient attachées è ces cieux.

Outre ce mouvement commun è tous les autres, il en attribuait un particulier au soleil, aux planètes, aux étoiles fixes, d’occident en orient ; mais de telle sorte que chacun de ces astres faisait sa révolution autour de la terre en des temps différents. Ainsi le soleil employait un an 6 faire cette révolution d’occident en orient ; Saturne, trente ans, etc.

Copernic naquit vers la fin du quinzième siècle. Croyant que les apparences célestes ne pouvaient être bien expliquées dons l’hypothèse de Plolomée, il en chercha une autre; et , après plus de trente ans de travail , il la donna enfin au public, pressé par les reproches et les sollicitations de ses amis. Cette hypothèse n’était pas entièrement inconnue aux anciens. En voici quelques parties:

Le soleil est au centre des cercles que Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne décrivent par leur mouvement propre d’occident en orient. La terre , selon lui , a des mouvements semblables à ceux des planètes , lesquelles sont situées ainsi : il place au-dessus du soleil, mais è différentes distances , Mercure, Vénus, la terre, Mars, Jupiter, Saturne, et au-dessus de toutes ces planètes les étoiles fixes , qui sont è une distance si considérable de la terre, que trente millions de lieues comparées avec cette distance sont une grandeur insensible.

Au lieu de dire, comme Ptoiémée, qne fous les cienx , et conséquemment tous les astres, tournent en vingt-quatre heures autour de la terre d’orient en occident, il suppose que la terre tourne en vingt-quatre heures sur son axe d’occident en orient, et qu’en conséquence de ce mouvement tous les astres doivent paraître tourner en vingt-quatre heures d'orient en occident aulour de la terre. De même , pour expliquer le mouvemeut apparent du soleil d'occident en orient, qut est an-

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nacl, il suppose quej.i lcrre lourne eu un an d'occident en orient autour du soleil.

Il suppose aussi que la lune lourne en vingtsept jours et demi autour de la terre, pendant que la terre tourne autour du soleil.

Quant aux autres planètes, il suppose qu’elles tournent autour du soleil dans un temps plus ou moins long , selon qu’elles en sont plus ou moins éloignées.

On a découvert des lunes ou satellites autour de Jupiter cl de Saturne, lesquelles tournent nulour de ces planètes pendant que ces planètes sont emportées autour du soleil, comme la lune tourne autour de la terre.

Le troisième système est celui de Ticho- Brahè, philosophe né vers le milieu du seizième siècle. Ce système, qui est, à proprement parler, un mélange des deux premiers, a eu peu de cours ; et je ne crois pus nécessaire d’en rien rapporter ici. Le plus suivi à présent est celui de Copernic; et il est fondé sur des principes qui le rendent bien plausible.

Ces systèmes ne sont que de simples conjectures. parce qu'il n’a point plu à Dieu, qui seul connaît parfaitement son ouvrage, de nous en découvrir en termes clairs l’ordre et l’arrangement; et c’est pour cela que l’Kcriture dit qu’il a livré le monde b la dispute des hommes: Alundum tradidit dispulalioni eorum'.

Mais celte étude, quoiqu’elle ne soit pas certaine et évidente en elle-même , ne laisse pas de satisfaire extrêmement l’esprit, en lui présentant un système selon lequel tous les i (Tels de la nature s'expliquent d'une manière sensée et raisonnable; et en même temps elle nous fait sentir et comme toucher au doigt la grandeur, la puissance cl la sagesse infinies de Dieu.

Par le moyen des télescopes ou lunettes d'approche, les astronomes modernes ont fait dans le ciel des découvertes qui , toutes certaines qu'elles sont, paraîtront toujours chimériques à la plupart des hommes.

Selon ces astronomes , Saturne est quatre mille fois plus gros que la terre, Jupiter huit mille fois, lesolcil un million de fois plus gros.

La distance de la terre et des planètes ou

> Ecclei. 3. 11.

soleil n’est pas moins incroyable. Un boulet de canon qui irait de la terre au soleil, et qui conserverait toujours sa première vitesse, emploierait vingt-cinq ans pour y arriver; et, s'il parlait de Saturne, il n’y arriverait que dans deux cent cinquante ans. Or un boulet de canon parcourt cent toises en une seconde. Supposé donc qu’il conservât toujours la même vitesse avec laquelle il fait les cent premières toises depuis qu’il est sorti du canon , il ferait en une heure cent quatre-vingts lieues*; et par conséquent, pour arriver de la terre au soleil, il ferait trente-neuf millions quatre cenljvingl mille lieues, qui est, dans ces suppositions , la distance de la (erre au soleil. Il faut juger , è proportion , de la distance de Saturne au soleil.

La grosseur des étoiles Oses , et leur éloignement du soleil , sont encore plus inconcevables.

Chacune de ces étoiles fixes est un soleil , et il y a lieu de croire qu'elles ne sont pas d’un moindre volume que celui qui nous éclaire. Celles de ces étoiles qui sont les plus proches de nous sont cependa .1 si éloignées du soleil, qu’un boulet de canon, mû comme nous l avons supposé, emploierait plus de six cent mille ans pour parcourir les espaces qui sont entre ces étoiles cl le soleil.

Qu'esl-ce qu’un homme , une ville , un royaume, la terre même dans toute son étendue, par rapport à ces vastes corps, dont la grandeur immense passe toute imagination? Un point imperceptible. Mais le monde lui— même tout entier, qu'esl-il donc ù l'égard de celui qui l'a créé d’un seul mol? Dixil et fada suiit *. Les prophètes n’ont-ils pas raison de nous dircque les nations ne sont devant Dieu que comme unegoutted'eau, et la terre qu'ci les habitent que comme un grain de poussière ; que tout l’univers est devant lui comme n'étant point, et que sa puissance et sa sagesse le conduisent et en règlent tous les mouvements avec la même facilité qu'une main soutient un poids léger dont elle se joue plutôt qu'elle n’en est chargée?

La physique peut beaucoup servir 6 nous

1 On suppose chaque lieue de 2,000 loties.

> lui. 40, 12-13-17.

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fortifier dans ces nobles idées de l'Etre souverain. Elle nous fait presque encore plus admirer sa grandeur dans le plus petit des insectes. Quoiqu’il n’y ait qu’un siècle que les microscopes ont été inventés, on les a poussés à un si grand point de perfection , qu’il nous font apercevoir des animaux d'un petitesse si extraordinaire, que plusieurs milliers de ces 8nimaux n'égaleraient pas en grosseur un grain de sable ; et quoiqu’ils soient d'une si grande petitesse, on en voit qui en contiennent d'autres, lesquels ne sont pas plutôt nés, qu’ils nagent avec une agilité et une' vitesse surprenantes.

L'esprit se perd dans la divisibilité de la matière. Le sentiment le plus reçu est que, quelque division qui ail été faite de la matière, quelque petites que soient ces parties, elles peuvent encore être divisées à l’infini. On trouve dans l’art, cl dans la nature, des divisions qui vont infiniment plus loin qu’un ne peut l’imaginer. Rohaull assure qu'un cube d’or de cinq lignes et un septième est divisé par des ouvriers eu six cent cinquante et un mille cinq cent quatre-vingt-dix parties égales à la base. On connaît par les observations des physiciens, qu’un pouce cubique de matière contient un million de particules visibles ; qu’un pouce cubique d’eau raréfiée daus un éolipyle produit plus de treize mille trois cent millions de particules; qu'il peut s'attacher à la pointe d’une aiguille plus de treize mille particules d'eau.

Je ne puis m’empécher de transcrire ici un endroit remarquable des pensées de M. Pascal, qui a rapport à la matière que je traite. C’est le chapitre XXII, qui a pour litre : Connaissance générale de l'homme.

a La première chose , dit-il , qui s'offre à l 'homme quand il se regarde , c’est son corps, c'est-a-dire une certaine portion de madère qui lui est propre. Mais . pour comprendre ce qu’elle est , il faut qu il la compare avec tout ce qui est au-dessus de lui et tout ce qui est au-dessous, afin de reconnaître ses justes bornes.

« Qu'il ne s'arrête donc pas à regarder simplement les objets qui l’cnvironent : qu'il contemple la nature entière dans sa haute et pleine majesté : qu’il considère cette éclatante

lumière, mise comme une lampe éternelle pour éclairer l'univers : que la terre lui paraisse comme un point au prix du vaste tour que cet astre décrit; et qu’il s’étonne de ce que ce vosle tour lui-même n’est qu’un point très-délicat à l’égard de celui que les astres qui roulent dans le 'firmament embrassent. Mais, si notre vue s’arrête là, que l’imagination pusse outre. Elle se lassera plutôt du concevoir que la nature de fournir. Tout ce que nous voyons du monde n’est qu’un Irait imperceptible dans l'ample sein de la nature. Nulle idée n’approche de l'étendue de ses espaces. Nous avons beau enllcr nos conceptions, nous n'enfanlons que des atomes au prix de la réalité des choses. C’est unesphèie infinie, dont le centre est partout , la Circonférence nulle part. Enfin c'est un des plus grands caractères sensibles de la toute-puissance de Dieu, que notre imagination se perde dans celle pensée.

« Que l'homme, étant revenu à soi, considère ce qu’il est au prix de ce qui est : qu’il se regarde comme égaré daus ce canton détourné de la nature ; et que de ce que lui paraîtra ce petit cachot où il se trouve logé, c'est-à-dire ce monde visible , il apprenne à estimer la terre, les royaumes , les villes et soi-même, son juste prix.

« Qu’est-ce qu’un homme dans l’infini?

qui le peut comprendre? Mais pour lui présenter un autre prodige at^si étonnant , qu'il recherche, dans ce qu’il connaît, les choses ies plus délicates. Qu’un ciron , par exemple , lui offre dans la petitesse de son corps des parties incomparablement plus petites, des jambes avec des jointures, des veines dans ces jambes , du sang dans ces veines, des humeurs dans ce sang, des gouttes dans ces humeurs , des vapeurs dans ces gouttes : que divisant encore ces dernières choses , il épuise ses forces et ses conceptions ; et que le dernier objet où il peut arriver soit maintenant celui de notre discours. Il pensera peut-être que c’est là l’extrême petitesse de la nature. Je veux lui faire voir là dedans un abîme nouveau. Je veux lui peindre, non-seulement l’univers visible, mais encore tout ce qu’il est capable de concevoir de l’immensité de la nature dans l’enceintedecet atome imperceptible.

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o Qu'il voie une infinité de mondes ', dont chacun a son firmament, ses planètes, sa terre, en la même proportion que le monde visible ; dans cette terre , des animaux et enfin ries cirons, dans lesquels fl retrouvera ce que les premiers ont donné, trouvant encore dans les autres la même chose , sans fin et sans repos. Qu’il se perde dans ces merveilles, aussi c tonnantes par leur petitesse que les autres par leur étendue. Car qui n’admirera que notre corps, quijtanUH n’était pas perceptible dans l’univers, imperceptible lui-même dans le sein du tout , soit maintenant un colosse . un monde, ou plutôt un tout, à l'égard de la dernière petitesse où l'on ne peut arriver?

« Qui sc considérera de la sorte, s’effraiera sans doute de sc voir comme suspendu dans la niasse que la nature lui a donnée, entre ces deux abîmes de l'infini cl du néant , dont il est également éloigné. Il tremblera dans la vue de ces merveilles; et je crois que, sa curiosité se changeant en admiration, il sera plus disposé à les contempler en aliénée qu’à les redit relier avec présomption.

« Car enfin qu’est-cc que l’homme dans la nature? lin néant h l’égard de l'infini, un tout à l’égard du néant , un milieu entre rien cl tout H est infiniment éloigné des deux extrêmes; et son êlrc n’est pas moins distant du néant d’oû il est tiré , que de l’infini où il esl englouti.

« Son intelligence tient dans l’ordre des choses intelligibles le même rang que son corps dans l’étendue de la nature; et tout ce qu’elle peut foire est d’apercevoir quelque apparence du milieu des choses , dans un désespoir éternel de n'en connaître ni le principe ni la fin. Tonies choses sont sorties du néant et portées jusqu'à l'infini. Qui peut suivre ces étonnantes riénlarches? L’auteur de ces merveilles les comprend ; nul autre ne le peut faire. »

l'ai rapporté exprès ce long passage de M. Pascal pour faire voir combien l'étude de la nature peut fournir de solides rêfleiions ; et

1 « M. Pasrol veut que, duos cetle partie qu'on l'imaginerait être la dernière, on jr conçoive d'aoltei parties qui aient entre elles les même* proportions qu'ont entre elles acU'£ll**.Œcnl !ç« parties de l'uniTers visible •

il en est ainsi de tout ce qui s'enseigne dans la physique.

N’est - ce pas une curiosiié digne d’un homme d’esprit d’examiner la nature, les causes et les effets dit mouvement; la pesanteur de l'air; la cause des tremblements de terre , des foudres et des tonnerres?

Jl n’est pas indifférent de connaître quelle est l’origine des fontaines et des rivières. Plusieurs croient qu’elles viennent de la mer, qui sc répand fort avant sous les terres d’où elle s'élève par des canaux impercejilibles jusqu’à la surface de la terre. D'autres prétendent que la pluie et les neiges seules sont la causeries rivières et des fontaines. On a calculé , plusieurs années de suite, la quantité d’eau et de neige qui tombe en un an sur un certain endroit déterminé de la surface de la (erre , et en même temps ce qui coule d'eau en une année , par exempte, dans la Seine ; et par ce calcul on a reconnu que le tiers d’eau et de neige qui iombe sur la terre est plus que suffisant pour fournir sux fontaines et aux rivières.

Tool le monde est témoin des éclipses du soleil et de la lune : il y a quelque honte d’en ignorer absolument la cause. On sait que les éclipses de soleil n’arrivent que parce que la lune, qui est un corp- opaque, étant placée entre la terre et le soleil, Intercepte la lumière qui dev rait Tenir du soleil a ia terre ; cl que relie de lune n’arrive que parce que la terre, étant placée directement entre la lune et le soleil , empêche le soleil d’éclairer la lune. C’est pourquoi les éclipses de soleil «'arrivent quequnndla lune est nouvelle, et celles de lune que quand elle est pleine. Ce qu’il y a ici de plus surprenant, c’cslqtic les astronomes les prédisent avec tant de justesse, qu une erreur etc quelques minules passe parmi eux pour une t rreur considérable.

Est-il une matière qui mérite plus noire attention que le flux et le reflov de la mer? Les philosophes ont ptesque toujours cru que la lune en était ia cause en comprimant l’air intermédiaire, et par son moyen les eaux qui y répondent ; mais le rapport qu’il y a entre le flux et le reflux de la merci le mouvement de celte planète n’avait jamais été si bien connu que dans le dernier siècle. La lune emploie

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