De la péoilcDce
C’est ici , après le baplémc , le premier des sacrement qu'on fait recevoir aux enfants; et il demande beaucoup de soins et de préparation. Il ne faut les y admettre que quand ils commencent à élrc raisonnables, et qu’ils témoignent vouloir se corriger de leurs petits défauts.
Le soin du principal est de leur procurer des confesseurs dont la prudence, la capacité et le zèle lui soient connus , après quoi il peut laisser aux enfants le choix de celui qui leur plaira davantage. Si dans la suite ils demandent à en changer , quoique pcut-êlre ils le fassent sans de trop bonnes raisons, il faut, après leur avoir donné les avis nécessaires , le leur permettre ; car sur cet article ou ne doit point les gêner, mais leur laisser une pleine liberté.
Il leur faut bien faire sentir l’cxlrême importance qu'il y a pour eux de faire de bonnes confessions , qui soient sincères et sans déguisement ; pour cela les avertir qu’ils doivent dire les Taules qui les humilient le plus, et les circonstances qui les rendent plus grandes. Il est bon de leur représenter souvent l'horrible état où se trouve une àme à l’heure de la mort lor.-qu'cllc se voit séparée de Dieu et dans une confusion éternelle, pour en avoir voulu éviter une petite et passagère qui ne dure qu’un moment; que la honte attachée à l'aveu de scs fautes peut en devenir le remède et l'expiation; qu'elle est couverte par la charité du confesseur, et par le secret inviolable auquel il est obligé; et qu'elle nous épargne une autre honte, qui seule, à proprement parler, mérite ce nom, lorsque nos crimes , s’ils n’ont point été expiés par une humble et sincère pénitence, nous seront reprochés par la bouche de la vérité même, à la face de l'univers.
Mais sur quoi il faut le plus insister, comme le remarque M. de Fénelon, c'est sur le malheur qu’il y aurait « de faire un cercle conli- « nuei et scandnleui du péché à la pénitence, ■ et de la pénitence au péché.
r II n'cst donc question de se confesser que r pour se convertir et se corriger; autrement, h les paroles de l'absolution, quelque puisg santés qu'elles soient par l'instituiion de r Jésus-Christ, ne seraient, par notre indisu position , que des paroles, niais des paroles < funestes qui seraient noire condamnation r devant Dieu, line confession sans clianger ment intérieur, bien loin de décharger une r conscience du fardeau de scs péchés , ne r fait qu'ajouter au\ autres péchés celui d'un r monstrueux sarrilége. »
Ce doit être une règle inviolable parmi les écoliers de ne parler jamais entre eux de ce que le confesseur leur a dit, des avis qu’il leur a donnés, de la pénitence qu’il leur a imposée , ni s’il leur a accordé ou différé l'absolution. Il fuut leur imposer sur tout cela un rigoureux silence , et les accoutumer par U à respecter, comme ils le doivent, la sainteté et le secret inviolable du sacrement de pénitence.
On ne peut pas fixer précisément le temps où les jeunes gens doivent s'en approcher. Cela dépend du besoin des pénitents et de la prudence des confesseurs. La règle de se confesser tous les mois est assez généralement observée dans tous les collèges, et elle paraît fort raisonnable.