‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciensChapitre 237 sur 298 · C. Poil in Boivinio suo S. P. D · texte numérisé non relu

C. Poil in Boivinio suo S. P. D

Audivere dii tandem tua vota, precesque Audiverc ; mais rupistl vincula sortis,

Invisasque domos atque importuna potentum Tecta reliquisti. Meltorcm ducere vilam Jam licet, et miscrà procul ombiilone, bcatos Ædlbus in parvis pladdè consumcre soles.

Ista dics albo certé signanda laplllo est,

Dulcia pacatsqu» reddidit otia vils,

El liberlatem longo post tempore tandem BestitulL Potes ipso luo jam vivere nutu.

Nec te fata ilerum cogent, Boivine, patron!

Imperiosa pâli faslidia : ncc libi posthac Cura erit arbitrio alterius componere mores,

El trepldum doinini pendere jubentls ab ore.

t Cette lettre n'e*t point datée. Lee égards due an nom auguite qu'elle porte, et à la main respectable qui l'a écrite, aou»

*at portée à le placer ici.

Quanquîini, chou ! de te quld dernens talia narra?

Non le. non lalem ûnxilnalura, polenlis Qui doinini pusses fastus perferre superbos Jiis»aquc patron!, nutumque sec ut us herilcm Servltlo turpi indiguantia subderc colla, llle huiniles nul «nos timor arguit. At tibi semper Mens gcneiosa fuit, contra promissa, minasque Store audax. mille et palroni divitis artes,

Nest nique uliius viulcnils redere justis, Propositumque semel vit® inularc tenorem.

H os tibi lælor ego generoso in pectore sensus Nuturam tribulssc. Utinam tamen hcc tua virlus Aol nunquatn. aul se se mcliorl in sorte probasset! Vcriim praM**riiæ ducenda oblivia sortis.

Ecce exoplatarn. post tædia longa. quiclem Ostcndunt superi. Melioribus utere fatis.

Disc». ncc Inviden, quàtn slt præslantior auro Liberlas; quatn dulce suis componrre vitam Auspiciis, nullaquc angl formidine mentem.

Al caveas, ne cùm felici sorte frueris,

Tam citô mutandi ventât malesana cupido.

Eccc vides tibi quid cul (tira potentis amici Profuerit, quô tanta cadant promissa palroni.

Quid labor au! benrfaeta jutant ? Quld voce magislrà Egregias anlrnos juvenurn excoiuisse per artes, Doctaque magnarum pandisse oracula rcrum?

IIos duxisse manu, nota ad fastigia Pindi,

Eloquiique sacrai fontes rescrassc? Quld illis Tôt nexus solvisse, lot cxcuslsse tenebras Auciorum, Græræ tam mulia volumina linguæ Eipllcuissc ? Quid historias commcnlaque vatum , Tcmporaque, et varies terræ moresque situsque (Doctrinæ genus omne) tôt cdocuisse per annos? Snlius labor llle lui est : ferel aller bonorem.

II is ergo excmplis mouitus, rneliora sequaris.

Vive tuus (luanlum poteris. Sldcimle potentum Tecta redire voles, iterumque rev Isère magnos, Fcstina lente : te consul», consule amicos;

Præi critique memor, famæ ne crede : priorls Crédita fiima doinûs spe vos deluslt Inani.

Fortunatus ego, magnarum fata domorum Qui potui illæsus cognoscere : nunquam ego ccrlè Magnificas habitare domos optavero, et inter Allas versari, Fortuits: filius, ædes.

Jam me nequirquam voluit Fortuna potentum Subjicere imperio, magnisque inducere tectis,

Fallaei conata oculos perslringere fastu,

Grandibus et titulis, ac Domine Principis aurcs Dcmutccns, laqueis semel irretire dolosis,

El me fulgenti speravit fallere visco.

Frustra magnorum spes ostentavit honorum, Splcndidaque ostendcos pretioso vincula fastu, Libcrtalem aureis frustra vincirc catcnis Improba tenlavit, mcque indignais rcliquit Ædlbus in parvis ingloria fata trahcnlem.

Uluc ego nobilium malcsanos video fastus.

Et fortunalos, tranquilla per otia, soles Fortuits securus ago, atque iguolus in umbrâ

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Scmper imo Veterum doctis Incumbcrc librls,

Nobilibusque avidam sludiis cierceo mentent.

N *'c lamen ex omni crcdas nie parte beatum.

Quemque dolor suus angit, etc.

Je n’ai pu achever. Je prétendais vous décrire les incommodités que je ressens dans mon emploi de précepteur. ou, pour me servir d’uti terme plus bas, de pédagogue. J'avais dessein ensuite de faire une apostrophe a la Fortune, et de me plaindre de la manière dont elle traite les gens savants. Enfin j'aurai fini en vous décrivant la manière dont je passe Ici le temps. Mais le temps me presse. Ce sera pour la première fols. Jamais je n'ai composé si aisément. Je n’ai pas eu le temps de les revoir. Vous les corrigerez vous-même. J'ai mieux aimé suivre riin|iétiio$ilé de mon imagination, et vous en écrire davantage, que de m'amuser à les polir. D'ailleurs vous me pardonnerez bien si ces vers ressentent le lieu où ils sont nés. cl s'ils sont rustiques, champêtres cl négligés. Je m'aperçois bien que les muses sont demeurées avec vous à Paris. Je vous avais promis que je vous écrirais en vers, j'ai mieux aimé en faire de méchants, que de manquer à ma parole. Vous saurez que j'ai Ici fort peu le temps d'y travailler. Je travaille cinq heures avec lues écoliers; je fais ma lecture ordinaire d'Euripide de quatre ou cinq ceins vers au moins. Voyez ce qui me reste de temps. Je commençai hier après midi , et j'ai achevé aujourd’hui, premier jour de septembre, a même heure. Mais en voilà assez sur mes vers. Je prends grand plaisir à lire les vôtres. J’ai reçu vos deux lettres. J'ai fort bien entendu la première entièrement. Vous me faites tort de douter si j'entends du grec aussi clair, aussi élégant, et aussi poli que celui d'Isocrale. Vous êtes heureux de vous être tiré d'alTaire avec tant d’adresse. Jamais comédie ne m'a plus diverti. Que les répartir» m’ont semblé ingénieuses, fines, délicates, naturelles, enfin dignes d’un Xormaud. Pardonnez-moi cc mot. A chaque interrogation je vous croyais pris, et ne m'imaginais pas qu'on s'en pùt tirer. Enfin j'ai eu le plaisir de la comédie, et ces réponses imprévues me donnaient une agréable surprise. Mais le temps me presse. Mes écoliers vous baisent les mains. Je vous prie dp ne pas manquer de m'écrire aux jours arrêtés, et de recommander en donnant vos lettres qu’on me les fasse tenir. Je m’en vais écrire à ma mère pour la première fols. Si j'ai le temps d’achever la lettre, je la mettrai dans votre paquet, et vous prierai de la porter chez nous. Je vous prie aussi de ne point montrer ces vers, parce que vous voyez qu*il ne me serait pas avantageux qu'on sût que je suis dans ces sentiments. Adieu, l 'ale. E ôpwer o. J'oubliais de vous dire qu'une demi-heure avant de recevoir votre dernière lettre, j’avais fait un songe dans lequel je m'imaginais que l’abbé Le Pcletier me priait de vous persuader d'aller en Normandie, parce que vous lui étiez utile pour une abbaye qu’il y avait. Adieu.

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