FIRST
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monde ; il ne faut donc pas croire que S. Matthieu eut exprimé l'intention de Nostre-Seigneur par cés parolles : neque in hoc sæculo, neque in alio; si la remission de quelque peché n’eut peu avoir de lieu en l'autre monde; on se mocqueroit de celuy qui diroit : Je ne me marieray ny en ce monde ny en l’autre; comme s'il entendoit qu’en l’autre monde l’on peut se marier. Qui dit donc que quelque peché ne peut estre remis ny en ce siecle, ny en l’autre, presuppose necessairement que l’on puisse avoir remission de quelque peché, en ce monde ou en l’autre; je sçay bien que nos adversaires taschenticy, par diverses interpretations, de parer à ce coup, mais il est si bien porté, qu'ils ne s’en peuvent eschapper; et de vray, il vaut bien mieux, avec les Peres anciens, entendre proprement, et avec toute la reverence que l’on peut, les parolles de Nostre-Seigneur, que (pour fonder une nouvelle doctrine) les rendre grossieres et mal ordonnées : S. Augustin, liv. 21 de la Cité de Dieu, chap. 24; S. Gregoire, lv. "7 de l'Eglise, chap. 34; Bede sur le 3° liv. de S. Marc; S. Bernard en l'homil. 66 sur les Cantiques, et tous ceux qui ont escrit contre les Pètrobusiens, se sont servis de ce passage, pour nostre intention, avec tant d’asseurance, que S. Bernard, pour declarer la verité du purgatoire (tant il fait estat de sa certitude) n'en apporte point d'autre. En S. Luc, 12 : Ne esto consentiens adversario tuæ vitæ, dum es in via, ne forte tradat te adversarius judict, judex tortori, et millaris in carcerem; amen dico tibi, non exies inde, donec reddas novissimum quadrantem. Origene, S - Cyprien, S. Hilaire, S. Ambroise, S. Hie- rosme, et S. Augustin, disent tous que le chemin duquel il est dit, dum es in via, n'est autre que le passage de la vie presente; l'adversaire est nostre propre conscience, qui combat tousjours contre nous et pour nous, c’est-à-dire, qui resiste tousjours à nos mauvaises Inchinations, et à nostre vieil Adam, pour nostre salut, comme l’exposent S. Ambroise, Bede, $. Augustin, S. Gregoire et S. Bernard en divers lieux. Le juge, sans doute , est Nostre-Seigneur, en S. Jean 5 : Pater omne judicium dedit filio. La prison pareillement est l'enfer, oule lieu des peines de l’autre monde, auquel, comme en une grande geole, il y à plusieurs appartemens, l’un pour ceux qui sont damnez, qui est comme pour les criminels; l’autre qui est pour ceux qui sont en purgatoire, qui est pour debte. Il est dit de celuy-cy : Non exies indè donec reddas novissimum quadrantem; et s'entend des petits pechez d’infirmité, comparez au denier, qui est la moindre monnoye qu’on peut devoir. Apres cette
claire exposition, considerons un peu où se doit faire celte reddition de compte de laquelle parle Nostre-Seigneur : Donec reddas novissimum quadrantem. Nous treuvons de tresanciens Peres qui ont dit que c'’estoit en purgaloire, ceuxcy sont Tertullien, liv. de Anima, chap. 18; S. Cyprien, live 4, ep. 2; Origene, homil. 55 sur ce lieu; Eusebe, Emissene en l’homil. 3 de l’Epiphanie; S. Ambroise sur le ch. 12 de S. Luc; S. Hierosme surle5, de S. Matthieu; S. Bernard, serm. de Obitu uberti, quand il est dit, ef solves ultimum quadrantem, n'est-il pas à presupposer qu'on les puisse payer, et qu'on puisse tellement diminuer la debte, qu'il n’en reste plus rien du tout à satisfaire ? Le roy David dit dans les psalmes : Sede à dextris meis, donec ponam inimicos tuos; il s’ensuit tres-bien de cette sentence,
Ergo, alhiquando pones inimicos scabellum pedum tuorum;
ainsi disant : Non extes indè, donec reddas, il monstre, quod aliquando reddet, vel reddere potest. Qui ne void qu’en S. Euc, ch. 12, la comparaison est tirée, non pas d'un homicide, ou de quelque criminel qui ne peut avoir aucune esperance de son salut, mais d’un debiteur qui est constitué en prison jusques au payement, lequel estant fait incontinent est mis dehors? Voicy donc l'intention de Nostre-Seigneur : que pendant que nous sommes en ce monde, nous taschions, par la pemitence et par ses fruicts, de payer (selon la puissance que nous en avons par
le sang et le merite du Redempteur) la peine à laquelle nos pe-
chez nous ont obligez, puisque, si nous attendons à la mort, nous n’en aurons pas un si bon compte dans le purgatoire, où nous serons trailtez à la rigueur. Tout cecy semble avoir esté entendu directement par Nostre-Seigneur, mesme en S. Matthieu 5, quand il dit: Qui irascitur fratri suo, reus erit judicio; qui
dixerit fratri suo racca, reus erit in concilio ; qui dixerit fatue,
reus eril gehennæ ignis. Icy, il s'agit de la peine qu'on doit recevoir devant le jugement de Dieu, comme il appert par ces pa-
rolles, reus erit gehennæ ignis; et neantmoins il n’y a que lan
troisiesme sorte d’offense qui soit punie de l'enfer ; d’où s'ensuit qu'au payement de Dieu, apres cette vie, il y a quelques autres
peines qui ne sont pas eternelles, ny infernales, et ce sont celles du purgatoire. Mais on me peut objecter, que les pemes se »
souffrent pour payer en ce monde; neantmoins S. Augustin et les autres Peres l’entendent de l'autre monde, et ce d’autant plus,
qu'il se peut faire qu'un homme meure sur la premiere ou se-"
conde offense, de laquelle il est parlé; or, si ce cas arrive, où
payera-t-il les peines deuës à ses offenses? Si vous voulez quil.
no
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.ne les paye point du tout, quel lieu luy assignerez-vous pour sa
retraitte en l’autre monde? Vous ne luy donnerez pas l'enfer, sinon que vous voulussiez adjouster à la sentence de Nostre-Seigneur, qui ne balle l'enfer pour peine qu’à ceux qui auront fait la troisiesme offense; de le loger en paradis, vous ne le pouvez ny ne le devez pas fayre, parce que la pureté de ce lieu celeste rejette toute sorte d’imperfection; n'alleguez pas icy la misericorde du Juge, car il declare, en cet endroict, qu'il veut encore user de justice. Faites donc comme les anciens Peres , et dites
qu'il y a un lieu où les ames seront purgées, et puis apres s’en
iront toutes pures dans le ciel. En S. Luc, au 16° ch., il est escrit : Facite vobis amicos de mammona iniquitatis , ut cm defecerilis, recipiant vos in æterna tabernacula. Deffaillir en nature, c'est proprement mourir ; les bien-heureux sont nos amis au ciel, qui peuvent secourir les hommes trespassez, puisqu'ils sont en faveur aupres du Juge : car en quel autre sens peut-on entendre ces parolles : Facite amicos, qui vos recipiant ? on ne les peut entendre de l’aumosne, car souventesfois l’aumosne est bonne et saincte, et neanbmoins elle ne nous acquiert pas tousjours des amys si puissans qu'ils nous puissent recevoir dans les tabernacles eternels : par exemple, quand elle est faite à des personnes criminelles devant Dieu, quoy qu'avec une saincte intention; ainsi est Interpreté ce passage par S. Ambroise et par S. Augustin, livr. 12 de la Cité de Dieu, ch. 27. Mais la parabole de laquelle se sert Nostre-Seigneur est claire, trop pour nous laisser doubter de cette interpretation; car la similitude est toute prise d'un oeconome, lequel eslant demis de son office et endebté, demandoit du secours à ses amys, et Nostre-Seigneur fait icy rapport d'un homme demis par la mort, et du secours qu'il peut demander aux amys, et qu'on peut recevoir apres la mort, par le secours de ceux desquels on a merité la grace et l'amitié ; or, cette aide ne pouvant se recevoir ny par ceux qui sont en paradis, ny par ceux qui sont en enfer, c’est donc pour ceux qui sont resserrez dans le purgatoire.
De quelques autres lieux de l’Escriture par où, en forme deconsequences, on conclud la verité du Purgatoire.
Nous sçavons que S. Paul, en l’espitre aux Philippiens, chap. 2, dit ces parolles : Uf in nomine Jesus flectatur cœlestium, terrestrium et infernorum ; aux cieux on treuve assez de genoux qui fléchissent au nom du Redempteur; sur la terre, on en treuve beaucoup en l'Eglise militante ; mais en enfer, où est-ce que nous en treuverons? David advoüe qu’on ny en peut treuver aucun, quand il dit, {n ènferno autem quis confitebitur tibi? On doit encore rapporter icy ce qu'il dit ailleurs : Peccatori autem dixit Deus, quare tu enarras justitias meas, et assumis testamentum meum per os tuum? Car si Dieu ne veut recevoir aucune chose du pecheur obstiné, comment voudroit-il permettre à ces miserables damnez d'entreprendre ce sainct office? S. Augustin fait grand compte de ce passage pour ce subjet au liv. 12 de la Genese, chap. 33 , en l’Apocalypse 5 : Quis dignus est aperire librum et solvere septem signacula ejus? Et nemo inventus est, neque in cœlo , neque in terra, neque sub terra. Et plus bas, au mesme chapistre : Ef omnem creaturam, quæ in cœlo est, et super terram, et sub terra, omnes audivi dicentes : Sedenti in throno, Agno, benedictio et honor et gloria, el potestas in sæcula sæculorum ; et quatuor animalia dicebant. Amen. N'est-ce pas là etablir une Eglise en laquelle Dieu soit loüé (sous terre)? Et quelle peut estre cette Eglise, si ce n’est celle du purgatoire, qui prend interest à la gloire de Jesus-Christ son Redempteur?
Le credit des Conciles qui ont receu le Purgatoire comme article de foy.
Nous avons remarqué cy-dessus, que ce fut Arrius qui commença le premier à prescher contre les catholiques, touschant l’article du purgatoire, et publier que les prieres qu'ils faysoient pour les morts, estoient vaines et superstitieuses ; il a encore des sectateurs de son heresie en nostre aage; mais certes, Nostre-
Seigneur nous à donné des regles, en son Evangile, dont on se doit servir pour se bien comporter en semblables occasions : Si peccuverit frater tuus, etc., dic Ecclesiæ, si quis Ecclesiam non audierit, sit tibi tanquam Ethnicus et Publicanus. Voyons donc ce que dit l'Eglise en cet endroict : en Affrique, au 3° Concile de Carthage, ch. 29, et au 4°, ch. 99; en Espagne, au Concile de Brachare, 8, 34 et 39; en France, au Concile de Chaalons, comme il est rapporté, Cap. de confirm. d. 2. can. visum est; au Concile d'Orleans, 2, ch. 14. En Allemagne, au Concile de Wormes, 8, 10; en Italie, au Concile 6, sous Symmachus ; en Grece, comme on peut voir en leur Synode, recueilly par Martin Bracharesse, chap. 69; et dans plusieurs autres Conciles, vous verrez que l'Eglise tient de tout tems, pour authentique, la priere pour les trespassez, par consequent le purgatoire. Depuis ce tems, ce que l'Eglise autrefois avoit deffini, fut confirmé au Concile de Latran, sous Innocent III, chap. 66; au Concile de Florence, où se treuverent toutes les nations; et finalement au sainct Concile de Trente, sess. 25.
Mais quelle plus saincte resolution de l'Eglise pourroit-on en avoir, apres celle qui est couchée en toutes ses ceremonies ; regardez les liturgies de S. Jacques, de S. Marc, de $S. Basile, de S. Chrysostome et de S. Ambroise, desquelles se servent encore à present tous les chrestiens orientaux et occidentaux en la celebrité des messes; vous y verrez la commemoration pour les morts, comme elle se void en la nostre; mais apres que Pierre Martyr, l’un des habiles qui ont suivy vostre reforme pretenduë, sur le 3° chap. de la 1" aux Corinth., a confessé luy-mesme, que toute l'Eglise a suivy cette opinion, je perds le tems de m'amuser sur cette preuve : Quis es tu, qui judicas Ecclesiam 2 D 0 : MÈRE NS quis Ecclesiam non audierit, sit tibi tanquam Ethnicus et Publicanus, Ecclesia est firmamentum, et columna veritatis ; et portæ inferi non prævalebunt adversus eam. Si sal evanuerit, in quo salietur? si Ecclesia erraverit à quo corripietur? si Ecclesia fida custos verilatis, veritatem amiserit, veritas à quo repertelur ? Si Christianus Ecclesiam abjecerit, quem recipiet, qui neminem nisi per Ecclesiam admithit ? En un mot, si l'Eglise peut errer, et vous, Pierre Martyr, ne pourrez-vous pas errer? oùy, sans doute; je croiray donc plutost que vous avez erré, que toute l'Eglise de Dieu, en laquelle je veux vivre et mourir.
650 CONTROYERSES.
L'authorité des Peres anciens qui ont souscrit à la creance du Purgatoire.
ENFIN, c’est chose belle et toute pleine de consolation, de voir l’admirable rapport que l'Eglise presente a gardé avec l’ancienne, particulierement en la creance du purgatoire. Disons ce qui fait à nostre propos , et touchant le secours des trespassez; tous les anciens Peres ont creu et attesté, que c’estoit un article de foy apostolique. Voicy les autheurs que nous produisons : entre les disciples des Apostres, S. Clement et S. Denys; entre les Peres, S. Athanase, S. Basile, S. Gregoire Nazianzene, S. Ephrem, S. Cyrille, S. Epiphane, S. Chrysostome, S. Gregoire Nissene, Tertullien, S. Cyprien, S. Ambroise, S. Hierosme, S: Augustin, Origene, Boëce, S. Hilaire; cela veut dire toute l'antiquité, au delà mesme de douze cens ans, que tous ces Peres ont vescu, dont il m’eust esté tres-aysé de produire des tesmoignages, qui sont recueillys fort exactement dans les livres de nos catholiques. Le docte Canisius en son Catechisme, Sanderus, De visibil Monarchia, Genebrard en sa Chronologie, Bellarmin en sa Controverse du purgatoire, et Stapleton en son Promptuaire, en ont beaucoup parlé; mais sur tout, qui voudra voir au long et fidellement citez les passages des Peres anciens, qu'il prenne en main l’œuvre de Canisius, reveuë par Buzée. Apres tout, Calvin nous deslivre de cette peine, L. 3 de ses Institut., chap. 5, sess. 10, où il dit ainsi : Fateor à mille trecenhs annis usu receptum fuit ut precationes fierent pro defuncts; Et par apres, il adjouste : Omnes fateor in errorem abreptr fuerunt. Nous n'avons donc que faire de citer le nom et le lieu de ces anciens Peres pour preuver la verité du purgatoire, puisque, pour se mettre en meilleur compte, Calvin les met en zero; mais quelle apparence y a-t-l qu'un seul Calvin soit infaillible, et que toute l'antiquité ayt bronché depuis treize cens ans? Il dit que les anciens Peres ont creu le purgatoire pour s'accommoder au vulgaire : la belle excuse! N’estoit-ce pas aux Peres d'oster d'erreur tout ce peuple fidelle? non pas laschement de l'y entretenir et y condescendre; cette eschappatoire ne fait qu'’accuser les anciens avec impudence. Mais par où preuver que les Peres n’ont pas creu veritablement le purgatoire ? puisque Arrius, comme j'ay dit cy-devant, a esté teneu pour un he-
retique, parce qu'il le nyoit : c’est pitié de voir l’audace avec laquelle Calvin traitte S. Augustin, parce qu'il pria et fit prier pour sa mere S® Monique; et pour pretexte, il apporte que S. Augustin mesme, l. 12 de sa Cité, ch. 26, semble doubter du feu de purgatoire ; mais cecy ne fait rien à nostre propos : car il est vray que S. Augustin dit qu'on peut doubter, non du feu, mais de la qualité de ce feu, sans toutefois doubter de la réalité du purgatoire. Or, soit que la purgation se fasse, ou par le feu ou autrement, soit que le feu ayt les conditions de celuy d’enfer ou non, si est-ce qu'il ne laisse pas d'y recognoistre une purgation ou un purgatoire, il ne met donc pas en doubte le purgatoire, mais la qualité de ses peines, ce que ne mettront jamais en doubte ceux qui verront comme il en parle chap. 16 et 24 du mesme livre de sa Cité, et au traitté de Cura pro mortuis agenda, et en mille autres lieux. Voilà donc comme nous sommes au chemin des Peres anciens touchant cet article du purgatoire.
Adjoustons à cela deux invincibles preuves du purgatoire. La premiere, qu\l a des pechez legers, comparez à d’autres, qui ne rendent pas l’homme coupable de l'enfer. Si donc l’homme meurt avec ces pechez, que deviendra-t-1l? le paradis ne retient rien qui soit soüillé, l'enfer est une peine irremediable, qui n’est pas deuë à ces petits pechez remissibles; d’où s’ensuit necessaire ment qu'ils seront remis, ou en ce monde, ou en purgatoire, où, estant bien emondez, l’ame prendra la route du ciel. Qu'il y ayt des pechez qui ne rendent pas l’homme coulpable de l'enfer, Nostre-Seigneur le dit en S. Matthieu : Qui rascitur fratri suo, reus erit judicio; qui direrit fratri suo, racca, reus erit conciho; qui dixerit fratri suo, fatue, reus erit gehennæ ignis (1). Qu'est-ce donc, je vous prie, estre coulpable de la gehenne du feu , sinon estre coulpable de l’enfer? Or, cette peine n’est deuë qu'à ceux qui nomment leur frere fol et insensé; ceux simplement qui se mettent en cholere, et qui expriment leur cholere par des parolles qui ne sont ny injurieuses ny diffamatoires, ne sont pas en ce mesme rang; car les uns meritent le jugement, c’est-àdire, que leur cholere soit mise en jugement; il en est ainsi de la parolle oyseuse, en S. Matthieu 12, de laquelle Nostre-Seigneur dit : Reddent rationem in die judicir, il en faut rendre compte ; les autres meritent la censure, c’est-à-dire qu’on delibere si leur peché sera condamné ou non (car Nostre-Seigneur s’accommode à la façon de parler des hommes). Reste que les troisiesmes
(4) Ce même argument est trailté au Discours LXXVII.
soyent infailliblement damnez; ainsi les premiers et les seconds sont punis pour des pechez qui ne rendent pas l’homme coulpable de la mort eternelle, mais d’une correction temporelle, et partant si l’homme meurt avec ces pechez veniels, par accident ou autrement, il faut qu’il subisse le jugement d’une peine passagere, moyennant laquelle son ame estant purgée, il sera receu au ciel avec les bien-heureux. Le Sage parle de ces pechez au chap. 24 des Proverbes : Septes in die cadit justus; car le juste ne peut pecher (pendant qu'il est juste) d’un peché qui merite la damnation, il s'entend donc qu'il tombe en des pechez auxquels la damnation n’est pas deuë, que les catholiques appellent veniels, pardonnables et remissibles, qui se peuvent purger en l’autre monde par les peines du purgatoire: La seconde raison, c’est qu'après le pardon du peché, il demeure dans l’homme un reste d'obligation à la peine qu'il meritoit, ce qui se void au second des Rois, ch. 12, où le peché est pardonné à David, mais le prophete l’avertit que sa peine n’est point toute remise : Deus quoque transtulit peccatum tuum, sed quoniam blasphemare fecisti inimicos nomen Domuni, filius tuus morte morielur.