‹ Œuvres complètes de saint François de Sales (volume 4)Chapitre 2 sur 61 · NAISSANCE ET PREMIÈRES ANNÉES · texte numérisé non relu

NAISSANCE ET PREMIÈRES ANNÉES

1. FRaNcois naquit au château de Sales, à quinze kilomètres d'Annecy, le jeudi 21 août 4567. S. Pie V gouvernait alors l’'Église, Emmanuel-Philibert était duc de Savoie; le sceptre de France, que tenait Charles IX, devait tomber avant sept ans aux mains engourdies de Henri III. Ces deux noms signalent assez l’époque, et l'on sait en outre ce qu'était l'Église de Genève, à laquelle Dieu destinait son apôtre.

2. Si jamais famille pouvait mériter de donner le jour à un saint, personne ne contesterait les droits de la famille de Sales. Très-ancienne, elle avait toujours compté parmi les plus nobles et les plus illustres : aucune gloire ne lui faisait défaut, et moins que toutes, celle que donne la vertu.

Sans remonter plus haut, François, seigneur de Nouvelles, était tout ensemble un brave et habile guerrier, que notre France avait formé, un diplomate éprouvé dans des missions

difficiles, et un ferme chrétien, dont la foi animait et réglait toute la vie. Jésus-Christ, disait-il, esf avec son Église, et les portes

de l’enfer ne prévaudront jamais contre elle; et fort de ces” paroles, il s’attachait plus vivement à la croyance catholique,

repoussant avec horreur cette prétendue religion, sortie naguère du cerveau de quelques hommes sans mœurs, et plus jeune qué lui de douze ans‘. C'était opposer à l’hérésie le plus sûr argument : date récente et pauvres auteurs ; à cela point de réplique: Du reste, et on le comprend aisément, une foi aussi éclairée s’unissait à d’autres vertus, et s’appuyait particulièrement surla piété. Son attitude était sérieuse comme son-esprit, et son abord facile comme la bonté; on remarquait en lui une grande so= briété, une prudence extraordinaire, une rare discrétion dans les paroles; il se montrait toujours heureux de secourir les pauvres, constamment édifiant, et il communiait au moins une fois chaque mois.

3. Dieu avait préparé pour ce seigneur une épouse digne de lui, dans la personne de Françoise de Sionnaz, fille de feu Mel= chior de Sionnaz, seigneur de La Thuille, de Valières, et de Boisy. Leur union fut célébrée le 12 mai 1560, sous la condition que la terre de Boisy donnerait son nom aux deux époux.

Madame de Boisy n’avait guère que 44 ans; mais la vertu l'avait formée avant l’âge, et c'était dès lors « une femme qui pouvait être en tout proposée pour modèle. »

« Elle avait une âme généreuse et noble; mais pure, Inno=

cente et sainte. Sa piété envers Dieu ne nuisait en ricu àses autres devoirs : pleine d’égards et d’attentions délicates pour son marti, elle s’étudiait à lui plaire en toutes choses; soigneuse et intelligente dans le gouvernement de sa maison, elle y entretenait la paix et le bon ordre, en y faisant régner la crainte de Dieu; elle veaillait à ce que ses domestiques remplissent tous les devoirs de la piété chrétienne, leur faisant elle-même une lecture pieuse après le dîner, la prière en commun vers le soir, et surtout leur donnant l’exemple de toutes les vertus ét de la ‘fréquentation des sacrements. Modeste, humble et type de bonté, elle faisait du soin des pauvres ses plus chères délices, se plaisait à les aïder dans leurs besoins et à les visiter dans leurs maladies,

pourvoyant, avec une tendresse de mère, à tout ce qui leur”

était nécessaire?. »

1 Il était né en 1522, et Genève reçut la réforme vers 1534 : Calvin y fut appelé en 1536. — ? M. Hamon, t. Ier, p. 3.

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4, Le premier’ fruit d’un mariage si chrétiennement assorti . fut notre Saint, et le Ciel seul put connaître avec quels sentiments de reconnaissance filiale et de douce piété furent accueillis l'espoir de sa naissance et les premiers jours de sa vie. Un secret et irrésistible pressentiment disait à la vertueuse mère que cet enfant béni serait grand dans les desseins de Dieu : elle multipliait pour lui les bonnes œuvres; elle l’offrait et le consacrait Sans cesse au Seigneur, et souvent, dans des songes mystéreux, elle entrevit la mission sainte qui lui était réservée.

Il y eut sartout pour elle une circonstance remarquable. Anne d'Est, veuve de l’illustre héros François de Guise, ayant épousé. en secondes noces Jacques de Savoie, duc de Nemours et de Genevois, était venue à Annecy, résidence ordinaire de son mari. Son premier désir fut de vénérer le S: Suaire « dans lequel le corps de nostre Sauveur fut enveloppé par Joseph d’Arimathie, » et elle obtient du duc de Savoie que la précieuse relique fût transportée de Chambéry à Annecy. La province entière s’y porta, aturée ainsi par un double motif, et M*° de Boisy, des premières, « s’en alla faire sa dévotion à l’église Notre-Dame, où les cardinaux et évêques devaient montrer le $S. Suaire. Là, touchée d’une tendreté et affection pareille à celle de la dévote Anne, mère de Samuel, elle demeura longtemps à genoux, et, mêlant les larmes avec les prières, elle offrit derechef à la divine Majesté l'enfant dont elle était enceinte‘. »

5. La fête de l’Assomption arriva bientôt après, et il semble que N.-D. ait préparé elle-même aux douleurs et à la joie de Penfantement cette pieuse femme qui, n'étant encore qu'au septième mois, ne s'attendait pas à sa délivrance. Après s'être approchée de la sainte table, elle avait renouvelé encore l’offrande de son enfant, et les jours de l’octave s’achevaient pour elle en de douces méditations, quand vint le moment de donner au monde « le grand ornement de la maison de Sales, l'honneur de la Savoie, et une nouvelle lumière de l'Église. »

6. « Toute la noblesse du voisinage accourut, pour se réjouir avec M. de Boisy de la naissance de son premier fils, lequel cependant fut porté dans le berceau en l’église de Saint-Maurice de Thorens, pour recevoir le sacrement de baptême. Francois de La Fléchère, prieur du monastère de Celengy, de l'Ordre de Saint- Benoît, fut son parrain et luy donna son nom°?; et Bonaventure

{ Ch.-Aug. de Sales.

2 Il fut appelé au baptème François Bonaventure, du nom de son parrain

de Chivron, dite de Villette, dame de Montou, fut marraine !. Au retour de l’église, M. de Boisy fit un magmfique banquet à la noble compagnie qui avait honoré le baptême de son fils,

et fit faire l’'aumône générale à tous venants à la porté du chè-

teau, depuis l’aube du jour jusques à la nuit close*. »

On remarquait dès lors, en ce tendre enfant, quelque chose de grave, de tranquille et de doux, comme s’il eût eu la raison: Le parrain, en le tenant sur les fonts, « avait eu une consolation si grande qu'il ne la pouvait exprimer, lui venant à la pensée que cet enfant conserverait toute sa vie la robe de l'innocence baptismale ; » et le baron de Lucinge engagea M. de Boïsy à demander à Dieu d’autres fils’ pour soutenir sa maison, celui-er devant être tout à Dieu et à son Église. Tous enfin quittèrent le

château en se demandant, comme autrefois pour S. Jean-Bap-

tiste : Quel, pensez-vous, sera cet enfant?

7. « Or il estoit fort délicat, fluët et petit, ce qui fut cause qu'on le couchoit sur du coton, et n’oublioit-on rien pour le nourrir; mais par certain malheur (M°° de Boisy n'ayant pu ob= tenir de l’allaiter elle-même, selon son désir), on fut contraint de lui changer plusieurs nourrices, et les médecins n’avoient pas beaucoup d'espérance de sa vie. Néanmoins la dame de

Montou, son aïeule maternelle, prenoit tant de soin auprès de.

lui, qu’à la fin il devint plus fort et robuste‘, » et toute crainte de le perdre disparut. | | 8. Le développement rapide de ses forces, etplus encore le désir de l'avoir ordinairement près d’elle et de s'appliquer davantage à le former, engagèrent M*° de Boisy à le sevrer quand il n'avait encore que deux ans et trois mois; mais « au moment de le séparer ainsi de sa nourrice, elle le fit porter à l’église et bénir

et desamarraine; mais il affectionna toujours particulièrement, comme patron le séraphique S. François. Du reste, la chambre où il était né portait le nom de ce patriarche , qui était encore le patron de M. et de Mme de Boisy. ê

1 C'était la mère de Mme de Boisy : elle avait épousé en secondes noces M. de La Fléchère, seigneur de Montou, dont le frère pour cela fut parrain de notre Saint.

? Charl.-Aug. de Sales. à

3 M. de Boisy eut encore 12 enfants dont 5 moururent en bas âge : les autres furent Gallois, seigneur de Boisy; Lowis, seigneur de La Thuille, puis

baron et comte de Sales; Jean-François, coadjuteur et successeur de S. Fran-

çois;, Gasparde, dame de Cornillon ; Bernard, gendre de sainte Chantal; Janws, chevalier de Malte; Jeanne, morte à 14 ans chez sainte Chantal. # Charl.-Aug. dé Sales.

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par le prêtre, et distribua encore d’abondantes aumônes. Plus tard, le saint évêque disait qu'il avait souvent pris plaisir à se faire raconter les diverses circonstances de son enfance, et qu'aucune ne lui avait plu autant que d’avoir été offert à l'Église, à l'occasion de son sevrage, le jour de la très-sainte Présentation de la Mère de Dieu.»

9. Dès ce jour aussi devaient commencer les soins de l’éducation proprement dite; et comme l'enfance, ainsi que la cire molle, est susceptible de prendre toutes les impressions, et que les habitudes formées à cet âge décident de la vie entière, M. et M#° de Boisy ne négligèrent rien pour que leur fils réalisât : les grandes espérances que tout le monde en avait conçu.

Pour écarter d’abord tout danger et toute séduction venant de Pextérieur, l'entrée de la cuisine lui fut interdite, ainsi que Ja fréquentation des domestiques, des employés de la maison, des fermiers du château, et l’on choisit avec le plus grand soin les enfants mêmes qui devaient être les compagnons de ses jeux. Du reste, en fait d’amusement, « ceux-là tant seulement lui étaient permis auxquels il y a quelque industrie et de l’exercice honnête *. »

Les délicatesses des premiers temps firent place à un genre de vie véritablement austère : tout ce qui aurait pu flatter la mollesse ou dénoter tant soit peu la recherche ou le luxe fut sévèrement banni; on l’habitua à se contenter de peu, à se passer même du nécessaire, à mépriser en toutes choses les satisfactions superflues. Bel exemple, certes, dans l'éducation de ce jeune seigneur, et trop rarement suivi de nos jours où l’on ne se croit au monde que pour jouir !

A cette simplicité de goûts, qui détache l’homme de lui-même et le prédispose au dévouement, on voulut qu'il joignit la candeur, la franchise et l’obéissance; c’est avec la plus grande fermeté que l’on réprimait en lui les moindres écarts et qu’on le corrigeait même des plus petites fautes.

10. Ce mot pourra étonner quelques âmes ; car il en est qui se prennent à penser que dans les saints tout doit être saint, même les actes et les inclinations qui préviennent la raison. Le bon Dieu et l'expérience disent au contraire que le cœur de l’homme est porté au mal dès son enfance. La vertu est dans la lutte, et c’est la grâce divine qui rend fructueuse la bonne volonté : aussi les saints ont toujours aimé à rappeler leurs fautes, moins peut-

1 ’érennès. — ? Charl.-Aug. de Sales.

être par humilité que dans un sentiment de reconnaissance pour la divine Miséricorde. Disons toutefois que dans notre i incomparable enfant les écarts furent peu nombreux : on n’en cite guère que deux, l’un desquels serait ignoré, si lui-même ne l'avait fait connaître.

11. Un charpentier occupé à une réparation dans une chambre :

du château avait quitté sa veste, que décorait une riche aiguillette en soie de diverses couleurs. François remarqua cette pa= rure, qui devint pour lui l’objet d'une irrésistible tentation ;et il s’en empara furtivement. L’ouvrier, qui aimait sans doute à en faire montre, remarqua bien vite le vol, se plaignit avec bruit et fit des perquisitions parmi les domestiques, en sorte que M. de Boisy fut promptement instruit et fit venir son fils. Celui-ci n'essaya pas de nier; mais, se jetant aussitôt aux pieds de son père, il avoua sa faute avec une douleur si amère que tous les assistants, émus jusqu'aux larmes, implorèrent son pardon. Leurs prières furent inutiles, et M. de Boisy, tout en décla= rant à l'enfant que, pour le premier manquement, et en considé: ration de la franchise de son aveu, il adoucissait le châtiment, lui fit infliger devant tous la peine du fouet.

Depuis lors, disent les historiens, il porta si loin la délicatesse, qu'il ne se permit pas de prendre même un fruit dans le jardin, sans l'avoir demandé. Lui-même cependant a raconté un acte de désobéissance qui n'est pas sans renfermer une utile instruc= üon. Passant un jour devant la cuisine et voyant le cuisinier occupé à tirer du four de petits pâtés, il entra pour en demander un. « On le lui mit tout brülant sur la main, et la gourmandise, disait-il, fut plus forte que la douleur : il eut le cou= rage de supporter la brûlure plutôt que de lâcher prise *, »

12. À part ces petites fautes, si encore elles méritent ce nom dans un enfant de cet âge, toute la conduite de François parais= sait tenir du prodige.

Dès les premiers temps, « ce beni enfant portoit dans toute sa

personne les caractères de la bonté : toujours son visage étoit

gracieux, ses yeux doux, son regard aimant, et son petit maintien si modeste que rien plus; il sembloit un petit ange. » Avant

qu'il eût deux ans, son plus grand plaisir était d'être porté à.

l’église, de tenir dans ses mains des images, des chapelets , des médailles et de les baiser avec respect. Il se privait de tout pour

les pauvres, surtout pour les enfants, sollicitait en leur faveur

1 M, Hamon et autres, d'après la Mère Greflier.

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Sa nourrice par ses regards, au besoin par ses larmes, et un jour que celle-ci, n'ayant rien à donner à un enfant au berceau, avait eu la pensée de lui offrir son sein, on vit le petit François, tout heureux, étendre joyeusement les mains pour soulenir son ami. ;

Les premiers mots qui échappent à un enfant [ne sont guère que des mots qu’il répète, et ceux que François de Sales enten-

dit le plus souvent prononcer par M°° de Boisy et par sa pieuse

nourrice furent les noms du bon Dieu, de Jésus, de Marie... ; mais la surprise néanmoins se mêla à la joie, quand, à des mots jusqu'alors sans suite, succéda cette première exclamation : Le bon Dieu el maman m'aiment bien!

13. [| y a deux sublimes pensées, qui nous révèlent à la fois, et l'action de la grâce dans cette jeune âme, et la part que M**de

. Boisy prenait à l'opération divine : l'enfant jugeait que sa mère

l'aimait bien, parce qu’elle lui apprenait l'amour de Dieu.

Confidente, pour ainsi dire, des vues et desseins providentiels, cette vertueuse dame se vouait à les seconder. Aux noms sacrés que François avait bégayés d’abord, elle joignit les paroles du signe de la croix et s’appliqua saintement à lui apprendre ces belles prières, si aimables sur les lèvres d’un enfant et si admirables encore lorsqu'elles s'échappent du cœur de l’homme fait, le Notre Père, la Salutation angélique, le Symbole, les Actes de foi, d'espérance, de charité, les prières pour les repas... Vinrent ensuite, ou plutôt en même temps, les premières notions de la doctrine chrétienne, que ses parents, de concert avec M: Déage, qui fut plus tard son précepteur, « lui expliquaient le plus clairement qu'ils pouvaient, par des similitudes et comparaisons. »

‘L'enfant retenait promptement, car il avait l'esprit vif et une rare mémoire, un grand désir de savoir, surtout ce qui avait rapport à Dieu et à la religion. On le mit donc à l'étude du catéchisme et c'était merveille comme il se hâtait d'apprendre, comme, pendant la lecon, il se montrait attentif et intelligent, faisant souvent

. sur les mystères des demandes qui excitaient l'admiration.

Au sortir, il courait tout joyeux et, convoquant les enfants du voisinage au moyen d'une petite clochette, il les rangeait en cercle autour de lui et les instruisait à son tour, unissant déjà au zèle les petites industries qui peuvent captiver et aider de jeunes intelligences. On le vit même s’attaquer plus haut et

chercher à convaincre d'erreur les calvinistes qu’il rencontrait :

plus d'un sectaire venu au château ne dut sa tranquillité qu’à

la précaution que l’on avait prise d’enfermer dans sa Chambre ce champion de cinq ans.

14. C'était déjà la piété qui donnait vie à cette ardeur d'apprendre et d’instruire, car dès lors « c'était une chose de grande édification quand, les jours de dimanche et de fête, il demeurait à l’église devant sa mère, à genoux et mains jointes, les yeux fichés à l'autel, avec tant d'attention et de dévotion aux divins

offices, qu'il semblait un petit ange descendu du ciel. Il s'étudiait fort à imiter les actions des prêtres, érigeant de petits autels, qu’il ornait d'images ; et y faisait ses prières!. »

Hors de l'église, il n'avait rien des manières folâtres des autres enfants, et déjà une modestie angélique reluisait en toute

sa personne. Même dans les jeux, auxquels il se livrait gaîment par obéissance, les pensées religieuses ne le quittaient point, et, la partie finie, il conduisait ses jeunes camarades à ses petits oratoires ou même à l’église. Là, il ne manquait jamais de les ranger autour des fonts pour remercier Dieu de la grâce du baptême, etil les menait ensuite devant le Saint-Sacrement pour leur faire adorer à genoux Jésus-Christ vraiment présent.

« L'exemple de ses parents lui servit de beaucoup (avec son inclination naturelle et que Dieu développait visiblement) pour se rendre charitable envers les pauvres; même que bien souvent ils lui faisaient porter l'aumône : et sa charité était venue Jusqu'à ce point, que quand il entendait crier quelque pauvre, 4l sortait de table pour lui porter une partie de son déjeûner et son écuelle; où bien, quand il n’avait de quoi donner, il demandait à son père et à sa mère, et se rendait partout le procureur des pauvres?. »

15. Monsieur de Boisy, émerveillé de tout ce qu'il voyaïtien son fils, en était quelquefois touché jusqu'aux larmes. € C'est moins, disait-1l, un fils de la nature qu'un fils de la grâce... Dieu a dessein d’en faire quelque chose de grand; car sa modestie et sa sagesse m'inspirent un désir véhément de pratiquer la vertu. » Et M®* de Boisy, qui voyait François plus souvent, et dont la piété plus tendre comprenait mieux encore l'œuvre di vine, se réjouissait d'entendre son époux, bénissait le Seigneur. de la grande grâce qu'il accordait à sa maison, et inclinait son cœur, dès ie, à cette prodigieuse.confiance qui, plus tard, devait mettre la mère sous la direction du fils. Avec quel bonheur, quand elle était affligée, recevait-elle de lui cette exhortation :

1 Ch.-Aug. de Sales. — ? Zdem.

Hivrele CE — PREMIÈRES ÉTUDES. A

« Recourons au bon Dieu, ma bonne mère, et il nous soutiendra! »

Quand l'enfant se fut montré au monde comme un grand évêque et un grand saint, il ne parlait pas autrement : « Dieu, à qui vous estes, vous deslivrera : il vous a gardée jusqu’à présent, tenez-vous seulement bien à la main de sa providence, et il vous assistera en toutes occasions; et où vous ne pourrez pas marcher, il vous portera’. »

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