‹ Œuvres complètes de saint François de Sales (volume 5)Chapitre 44 sur 158 · CE · texte numérisé non relu

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leur entretien, sans qu’elles puissent pretendre autre chose; car une telle desclaration seroit utile pour le temporel aux familles, et pour la descharge des maysons, et, par consequent, il y a lieu de croire qu’il seroit facile de l'obtenir.

Mais quant au nom de la Congregation, Monseigneur l’archevesque est supplié tres-humblement d'aggreer qu'en tous cas celuy de la Visitation demeure, puisque sous ce nom-là la Congregalion d'Annecy est receuë en l’estat de Savoye, et les patentes enterinées au Senat, et plusieurs contracts faicts, avec quantité d’autres escritures. Aussi ce titre de Vasitation est fort authentique; et pourveu qu’on soit d'accord des choses, il semble que les noms sont de fort peu de consideration.

Pour la forme des vœux, il importera aussi fort peu ; et Monseigneur l’archevesque pourra la dresser à son gré, quoyque celle qui avoit esté dressée soit grandement conforme à celle des Congregations de la province de Milan, que Monseigneur l'archevesque pourra voir és livres qu'il a, si toutesfois la memoire de l’evesque de Geneve ne le trompe.

Mais en fin finale, parce que l’on void clairement que l'esprit de Monseigneur l’archevesque auroit une entiere et aggreable satisfaction que cette Congregation fust convertie en une Religion formelle, sous la Regle de S. Augustin, avec les mesmes Constitutions qu’elle a maintenant, l’evesque de Geneve y acquiesce aussi fort librement et de grand cœur, non-seulement pour le respect, honneur et veneration qu’il doit à l'esprit majeur, mais aussi parce que, selon qu'il peut discerner des articles proposez, tout ainsi que Monseigneur de Paris a converti la simple Congregation des Ursulines en Religion formelle, sans changer la fin principale de la Congregation; de mesme en la transmutation de la Congregation de la Visitation en Religion formelle, on pourra exactement garder la fin d’icelle Congregation : ce qu’estant, iln’y a rien à dire que la Religion formelle ne soit plus desirable pour la resputation envers le monde, et pour la descharge particuliere de l’evesque de Geneve qui n'aura plus occasion de faire des apologies et esclaircissemens peur la Visitation.

Or, la fin de la Congregation seroit aysée à conserver dans la Religion, pourveu que cette fin soit aymée, aggreée et favorisée, autant qu'elle le merite, et qu'en ces quartiers des Gaules la necessité du bien des ames le requiert. Car, quand mesme il faudroit avoir approbation expresse du Saint-Siege, estant bien remonstré que les veufves, en ces pays de deçà, pour resoluës

qu'elles soient, ne peuvent demeurer en leurs maysons, sans de continuelles sollicitations au maryage, sans estre altaquées, courlisées, et exposées à mille incommoditez, à cause de la grande hberté qui regne entre les deux sexes, il n’est pas croyable qu'il ne soit treuvé bon qu'on les retire dans cette Congregation en leurs habits, et à la charge qu'y estant, elles se conforment aux Regles et usages d'’icelle, observant la closture au plus pres qu’il se pourra.

Item que pour les mesmes considerations, on retire pour quelques jours les femmes qui voudront se recueillir en Dieu, pour establir leur vie en ce service au monde.

Mais surtout si on remarque la difference qu'il y a entre la France et l'Italie, et qu'en Italie les femmes et filles ont mille commoditez, és compaignies, Societez et Congregalions, de prattiquer la devotion de plus qu'en France: car il semble qu'il ny peut avoir aucune resplique à ces remonstrances, et que si l’on pourvoit aux jeunes filles de retraitte pour les faire instruire dans les monasteres, on doit aussi pourvoir aux veulves, filles infirmes, et aux femmes mesme maryées, de cette commodité pour leur establissement et advancement en la devotion, les autres plus rigoureuses Religions n’y servant pas convenablement, puisqu'elles de donnent que le mouvement d'admiration et d'estime, mais non pas celuy de prattique et d'imitation.

On ne dit rien en cet endroict de l'expulsion des sœurs. parce que, puisqu'il s’agit de la Regle de S. Augustin, elle y est expressement marquée, et ne restera sinon de l’execution comme il est noté dans les Regles.

Pour ce qui regarde de corriger l’incivilité du langage en l’endroict où il est parlé, en sorte qu’il semble qu'on veuille faire la leçon aux evesques et traitter en Pape, il ne faut sinon corriger cet endroict-là et tous les autres ésquels on verra qu'il sera à propos.

Reste qu'il playse donc à Mf de Lyon de conclure toute cette affaire , affin que sans plus de delay on puisse faire l’establissement en l’une des deux façons, d'autant que les Regles sont demandées de toutes parts, et la Congregation desirée en plusieurs endroicts, et mesme en ce pays de Savoie, à quoy il n'est pas expedient de respondre ny correspondre, que tout ne soit arresté; et aussi n'y a-t-il plus lieu de retarder, attendu que l’evesque de (Geneve est en une parfaitte indifference pour aggreer avec suavité le choix qu'il playra à M l'archevesque de faire, et mesme a prins plus d’inclination pour celuy de la Religion, y

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