‹ Œuvres complètes de saint François de Sales (volume 5)Chapitre 54 sur 158 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Er qu’elles ne levent point la teste pour estre associées à celles qu'elles n’osoient pas approcher au siecle; mais qu’elles levent leur cœur en haut, et ne cherchent point les biens terriens, affin que les Monasteres ne deviennent utiles aux riches et non aux pauvres, si les riches y sont humiliées, et les pauvres y sont enflées. Mais derechef que celles mesmes qui sembloient estre quelque chose au monde, ne dedaignent point leurs Sœurs , qui sont venuës de la pauvreté à cette saincte Societé; mais que plutost elles s’estudient de se glorifier, non de la dignité de leurs riches parens, ains de la Societé de leurs pauvres Sœurs, et qu’elles ne s'eslevent point si elles ont contribué de leurs facultez à la Communauté, et ne deviennent point plus superbes de leurs richesses, pour les avoir desparties au Monastere, que si elles en Jouyssoient au siecle : car toute autre iniquité est exercée és mauvaises œuvres, afin qu'elles se fassent; mais l’orgueil fait des embusches aux bonnes œuvres mesmes, affin qu’estant faites elles perissent. De quoy sert-il de distribuer en donnant aux pauvres, et se rendre pauvre soy-mesme, si la miserable ame est rendue plus superbe en mesprisant les richesses, qu’elle n’estoit en les possedant? Vivez donc toutes unanimement et de bon accord, et honnorez Dieu, duquel vous avez esté rendues le temple, les unes en la personne des autres reciproquement.

Page 1