‹ Œuvres complètes de saint François de Sales (volume 5)Chapitre 83 sur 158 · IN GRATIAM MONIALIUM VISITATIONIS SANCTÆ MARIÆ · texte numérisé non relu

IN GRATIAM MONIALIUM VISITATIONIS SANCTÆ MARIÆ

Cremexs Papa XI, Dilectis in Christo Filiabus Monialibus Monasteriorum Ordinis Visitationis Beatæ Mariæ Virginis immaculatæ, à sancto Francisco Salesio instituti, ubivis existentium : Fillæ, salutem et Apostolicam Benedictionem. Pastoralis officii, divinâ dispensatione humilitati nostræ crediti, sollicitudo nos admonet, ut sanctimonialium, quæ, spretis hujus sæculi vanitatibus, divinis obsequiis, sub suavi Religionis jugo sese manciparunt, paternam euram gerentes, earum spirituales profectus quo majori possumus studio, juvare atque provehere satagamus, ut vota sua Domino reddant abundanter in sanctitate et justitià coram ipso omnibus diebus suis. Ipsæ siquidem Filiæ sunt, quæ oblitæ populum suum et domum patris sui, provido consilio optimam partem elegerunt. Ipsæ sunt Evangelicæ Virgines, quæ, lampades suas prudenter aptantes,

*cœlesti sponso obviam prodierunt.

Ipsæ demüm sunt, ut Beatus Cyprianus ait, flos Ecclesiastici germinis, decus atque ornamerntum gratiæ spiritalis, laudis et honoris opus integrum, atque incorruptum, illustrior portio gregis Christi. Has porrû inter sacras Virgines, sicuti

CLémenr XI, Pare, À nos cheres filles en Jesus-Christ, les religieuses des monastères de l'Ordre de la Visitation de la Bien-heureuse Vierge Marie immaculée, fondé par Saint François de Sales, en quelques lieux qu'ils soyent. Cheres filles en Jesus- Christ, Salut et Bénédiction apostolique. Comme la sollicitude de l'office pastoral, confié par la Providence divine à notre humilité, exige que nous prenions un soin paternel des religieuses, qui, ayant méprisé les vanités du siècle, se sont consacrées au service de Dieu sous le joug suave de la religion ; nous devons tâcher de soutenir et d'avancer leur progrès spirituel, autant que nous le pourrons faire, afin qu’elles s’acquittent exactement des vœux qu’elles ont faits au Seigneur, marchant devant luy en sainteté et en justice, pendant tous les jours de leur vie. Car elles sont ces filles bien-aimées, qui, ayant oublié leur peuple et la maison de leur père, ont choisi, par un sage conseil, la meilleure part. Ce sont. ces vierges de l'Evangile, qui, ayant préparé leurs lampes avec toutes les precautions possibles, sont allées au devant de l'Epoux céleste. Ce sont elles enfin qui, pour nous servir des paroles de S. Cyprien, sont la fleur de l’arbre de

l'Eglise, la gloire et l’ornement de la grâce spirituelle, un ouvrage achevé et incorruptible de loüange et d’honneur, la plus illustre portion du troupeau de Jésus-Christ. Mais comme, entre ces vierges sacrées nous vous honorons, chères filles en Jésus-Christ, d'une affection singuliere de charité paternelle, nous comprenons très-bien que nous devons employer tous nos efforts, afin que vous reteniez constamment la manière de vie très-parfaite que vous avez embrassée, et que vous ne cessiez d'y croître et de vous y avancer jusqu’à un jour parfait. C’est à vous donc à présent que nous parlons, c’est vous que nous exhortons, fruits choisis de sainteté; non pas tant par puissance que par amour, non pas que nous apprehendions qu'il ne nous revienne de vous quelque chose de fâcheux; mais parce que plus votre gloire est sublime, d’autant plus devons-nous être soigneux de votre persévérance, et appréhender davantage les embûüches du méchant espril tentateur. Nous voici déjà aux approches de la centième année depuis que votre Ordre à été institué par S. François de Sales, et pourvu de Constitutions admirables en sagesse, discernement et suavité. Pendant tout ce temps-là votre Ordre s’est si forl acerû, et sa splendeur s’est tellement répandue dans l’Eglise de Dieu, que l’on compte jusqu’à cent quarante-sept monastères qui ont élé fondés, ainsi que nous l’apprenons; d'où l’on connoît clairement la sainteté de l’Institut que vous professez, par les grands accroissemens que la bonté de Dieu lui a accordés, aussi bien que l’odeur des vertus chrétiennes, que tant vous, que celles qui vous ont precedées ont répandue de tous côtés; ayant engagé par-là les nations du mode chrétien à favoriser

BULLE DE CLÉMENT XI, PAPE

vos, dilectæ in Christo Filiæ, singulari quodam paternæ charitatis affectu prosequimur, ita sedulà eurandum nobis esse intelligimus, ut susceptam beatissimæ vitæ rationem constanter retineatis, et in ea magis magisque procedatis usque ad perfectam diem. Vos itaque modd alloquimur, vos adhortamur, affectione poliùs quàm potestate, electa germina sanctitatis, non quod adversi aliquid suspicemur de vobis, sed quia quù sublimior gloria vestra est, eù etiam major esse debet nostra et de perseverantia vestra sollicitudo, et de nequissimi tentatoris infestatione formido. Centesimus jam appropinquat annus ex quo Ordo vester à sanctissimo Præsule Francisco Salesio institutus, et constitutionibus sapientiâ, discretione, ac suavitate mirabilibus instructus fuit. Intereà: temporis illius splendor in Ecclesia Dei tantüm illuxit, ut ad centum supra quadraginta septem Monasteria, sicut accepimus, propagatus jam sit, Unde manifestè deprehenditur et sanctitas instituti, quod profitemini, dum ipsi divina Bonitas feïcia aded contulit incrementa, et Christianarum virtutum odor vobis, tum ex iis quæ vos præcesserunt, circumquaque diffusus; dùm tam multæ per catholicum orbem nationes ad illud fovendum, et suscipiendum, benedicente Domino, illectæ sunt. Cæterum hæc ipsa Ordinis vestri felix propagatio, hæc ipsa virtutum vestrarum fama longè latèque diffusa, magnopere à vobis exigit, ut tanti nominis dignitatem, et laudem tueri, ad majorem Dei gloriam, omni adhibito studio, contendatis ; quod non alias certiùs assequi potestis, quèm si saluberrimas Constitutiones et

BULLE DE CLÉMENT XI, PAPE

Monita vobis à sancto Institutore relicta, quibus ad Christianam perfectionem iter tutum, expeditum, ac planum sternitur, diligentissimè custodiatis, et quàäm maxime caveatis, ne quid unquam novi in vos, Ordinemque vestrum irrepat, quod vel eisdem Constitutionibus, et Monitis-adversari, vel etiam pias consuetudines, et observatam hactenüs disciplinam ulla ex parte labefactare posse videatur. Quia in re, ubi oportuerit, Ordinariorum localium, quorum jurisdictioni subestis, opem implorare nequaquàäm prætermitteüs; futurum enim omnino confidimus, ut, quod ipsis per has nostras Litteras enixe injungimus, necessitatibus vestris prompto alacrique animo semper adsint, et ne quid, ullo sæculorum decursu, ulla temporum varietate in vobis immutetur, diligenter ac-strenue curent.

Jam ver ipsa sæcularis anni celebratio, quæ in Regularibus Ordinibus insignis imprimis habetur, Religiosoque ac solemni cultu peragi consuevit, à vobis vehementer exposcit, ut collata hactenüs Ordini vestro à Deo Optimo Maximo ingentia beneficia, devoto gratoque animo recolentes, humiles illi ac uberrimas agatis gratias, et enixis accuratisque precibus ineffabilem ejus clementiam obsecretis, ut hoc maximè tempore Fundatoris vestri spiritum in vobis instauret atque vivificet, dictumque illud, Christianæ sapientiæ compendium, quod ipse ore semper ac mente repetebat, scilicet : Quidquid pro æternitate non est, vanitus est, altissimè cordibus vestris infigat; uberem insuper Christianarum virtutum accessionem, verum temporalium bonorum contemptum, divinarum rerum

et recevoir votre dit Institut par un effet de la bénédiction du Seigneur.

Au reste, cette heureuse étendue de votre Ordre, et cette réputation de vos vertus, qui à été portée si loin, demande fortement de vous que vous vous efforciez de conserver la grandeur et la gloire d’un si grand nom, pour le plus grand honneur de Dieu; ce qui ne peut arriver plus sûrement de votre part, qu’en observant diligemment les Constitutions salutaires et les avis que vous à donnés votre S. Fondateur, qui vous frayent un chemin assuré, facile et uni pour la perfection chrétienne; et en vous donnant de garde de ne laisser glisser aucune nouveauté dans votre Ordre, qui soit contraire aux dites Constitutions et avis, ou bien qui, puisse affoiblir aucunement vos pieuses coutumes, et la discipline que vous avez observée jusqu’à present; en quoy vous ne manquerez point de recourir dans le besoin à l’authorité des ordinaires des lieux sous la juridiction desquels vous avez été établies.

Car nous nous confions qu’ils ne manqueront point de vous secourir promptement et avec joie dans toutes vos necessités, et de faire en sorte qu'il n'arrive aucun changement dans votre Ordre, dans la suite des siècles, ainsi que nous leur recommandons par ces présentes. Et comme les Ordres religleux célèbrent dévotement leur année séculaire, il est juste que puisque vous arrivez à ce terme, vous rendiez à Dieu, très-bon et très-grand, d’humbles et d’abondantes actions de graces pour les bienfaits que vous en avez reçus, et que par des prières très-ardentes, vous obteniez de sa miséricorde qu’il restaure et vivifie en vous l'esprit de votre saint Fondateur, principalement dans ce temps-ci, et imprime plus fortement dans vos cœurs cette sentence,

qui est comme un abrégé de toute la sagesse chrétienne, et qu’il avoit toujours dans l'esprit et dans la bouche, à sçavoir : Tout ce qui n’est pas pour l'eternité, n’est que vanité : que de plus, il vous accorde bénignement une excellente participation des vertus chrétiennes, un veritable mépris des biens temporels, et un désir parfait et efficace des choses divines; qu'il éclaire de plus en plus votre entendement; qu'il enflamme votre volonté; qu'il purifie votre corps et sanctifie. votre ame, afin que, ne vous occupant continuellement que de ce qui concerne le Seigneur, vous soyez saintes de corps et d’esprit, et qu'après avoir triomphé ici-bas de la chair dans la chair même, vous méritiez de recevoir la couronne de justice, que le divin Epoux a préparée dans le ciel à tous ceux qui combattent pour la piété. Voilà ce que nous vous souhaitons de tout notre cœur; et pour présage de cette félicité si avantageuse, nous vous accordons, chères filles en Jésus-Christ, la bénédiction apostolique.

Donné à Rome, à Sainte-Marie- Majeure, sous l’anneau du Pêcheur, le vingt-deuxième jour de juin mil sept cent neuf, l’an neuvième de notre pontificat.

+ Le Card. GozzADINy.

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BULLE DE CLÉMENT XI, PAPE

perfectum et efficax desiderium, vobis misericorditer largiatur; intellectum præterea vestrum magis magisque illuminet, voluntatem inflammet, corpus emundet, animam sanctificet; quatenüs, ea tantüm quæ Domini sunt perpetud cogitantes, sanctæ sitis corpore et spiritu, et post præclaros, quos hic agitis, de carne in carne triumphos, coronam justitiæ, quæ legitimè certantibus reposita in cœælis est, à divino Sponso recipere mereamini.

Hanc planè ex animo vobis optamus, atque precamur, ac in ejusmodi felicitatis auspicium vobis, dilectæ in Christo Filiæ, Apostolicam Benedictionem amanter impertimur.

Datum Romæ, apud Sanctam.

Mariam Majorem, sub annulo Piscatoris, die 22 junii 1709, Pontificatus nosiri nono anno.

+ Ulissesdos Card. Gozzaninus.

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