‹ Œuvres complètes de saint François de SalesChapitre 139 sur 355 · LIVRE IV, CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE XIV

sement du vray service de Dieu, et abolissement de l’idolastrie.

De mesme que l’on honore la croix en tout et par tout, puisqu’on ne l’honore que pour tant plus honorer Dieu; que toute la veneration qu’on luy porte est relative et dependante ou accessoire , à l’endroict de la supreme adoration deuë à sa divine Majesté; que ce n’est qu'une branche de ce grand arbre : cela n'est en façon quelconque deffendu, puisque cette semblance et figure n’est pas employée à l’action pour laquelle les similitudes sont prohibées, qui est l’idolastrie; car la croix prise en la facon que la prennent les catholiques, ne peut estre ny idole, ny subjet d’idolastrie, tant s’en faut qu'elle le soit, l’idole n’estant que la representation d’une chose qui n'est point de la condition qu'on la represente, et une 1mage fausse, comme dit le prophete Habacuc (ce. 2), et l’apostre S. Paul (1. Cor. 8). Or la croix represente une chose tres-veritable, c’est à sçavoir la mort et passion du Sauveur : et ne la fait-on pas pour l’adorer et servir, mais pour adorer et servir en icelle et par icelle le Crucifix, suivant le vray mot de S. Athanase : Que adorat imaginem, in illa adorat ipsum regem.

Si que non-seulement le vray usage des sacrées et sainctes images n'est aucunement deffendu ; mais est commandé, et compris par tout où il est commandé d’adorer Dieu, et d’honorer ses saincts, puisque c’est une legitime façon d’honorer une personne d’avoir fait, pour la priser, son image et pourtraict, selon la mesure et proportion de la valeur du principal subjet.

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