QU
pour philosophes, affinqu’onleslaissastvivre philosophiquement ; et nous devons nous faire cognoistre pour desireux de la devotion, affin qu’on nous laisse vivre devotement. Que si quelqu'un vous dit que l’on peut vivre devotement sans la prattique de ces advis et exercices , ne le niez pas; mais respondez amiablement que vostre infirmité est si grande, qu’elle requiert plus d’ayde et de secours qu'il n’en faut pas pour les autres.
Enfin, tres-chere Philotée, je vous conjure par tout ce qui est de sacré au ciel, en la terre, par le baptesme que vous avez receu, par les mammelles que Jesus-Christ sucça, et par le cœur charitable duquel il vous ayma, et par les entrailles de la misericorde en laquelle vous esperez, continuez et perseverez en cette bien-heureuse entreprinse de la vie devote ;!nos jours s’escoulent, la mort est à la porte : La trompette, dit S. Gregoire de Nazianze , sonne la retrailte; qu'un chascun se prepare, car le jugement est proche. La mere de $. Symphorien, voyant qu'on le conduisoit au martyre, crioit apres lui : Mon fils, mon fils, souviens-toy de la vie eternelle, regarde le ciel, etconsidere celuy lequel y regne; la fin prochaine terminera bien-tost la briefve course de cette vie. Ma Philotée, vous diray-je de mesme : Regardez le ciel, et ne le quittez pas pour la terre ; regardez l'enfer, ne vous y jettez pas pour les momens; regardez Jesus-Christ, ne le reniez pas pour le monde : et quand la peine de la vie devote vous semblera dure, chantez avec S. François :
A cause des biens que j'attens, Les travaux me sont passe-tems.
Vive Jesus auquel, avec le Pere et le Sainct-Esprit, soit honneur et gloire, maintenant et tousjours et és siecles des siecles. Ainsi soit-il.
DE