COMMANDEMENT VIII
Faux tesmoignage ne diras, elc.
Rendre faux tesmoignage en justice, Jurant contre ce que l’on scayt, ou affirmant ce que l’on ne sçayt pas, ou dont on doubte.
Suborner des tesmoins, et induire les autres à faire un faux serment.
Se rendre accusateur ou denonciateur en justice d’une fausseté.
Rendre une sentence injuste, estant juge ou arbitre, au prejudice d’un tiers.
Mentir au prejudice d'autruy en chose de consequence, ou
. faire des mensonges joyeux ou officieux seulement.
Faire des plaintes et murmurer contre la vie et conduicte des personnes eminentes en dignité, prelats, magistrats, religieux, et personnes de pieté.
Juger temerairement des actions du prochain sur de foibles apparences et fondemens, debitant ces jugemens comme des veritez, mesme avec sermens. Dire le tort qui s’en est ensuyvy.
Dire et publier des calomnies du prochain par parolles , escrits et libelles diffamatoires, imposant des crimes qui ne sont pas.
Dire des medisances, et detracter la reputation du prochain, publiant les vices secrets ou cognus de peu. Dire si c’est devant peu de personnes, ou plusieurs. S
Faire affront, et traitter le prochain avec contumelie, luy reprochant ses vices et deffauts publicquement, avec scandale et confusion.
Interpreter en mal les bonnes actions et intentions du prochain. Dire le motif et l'intention.
Amoindrir notablement la bonne reputation du prochain, le decreditant ou ne deffendant pas son honneur, y estant obligé et le pouvant. Dire l'intention et le motif.
Prester l'oreille et donner creance aux medisances, y prenant playsir, et n’en destournant pas le discours.
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Semer la dissension, et causer de la desunion par de mauvais rapports. Et quel mal s’en est ensuyvy.
. Promettre et ne pas garder sa promesse en chose de consequence. Et quel mal s’en est ensuyvy.
Reveler les secrets au prejudice du prochain, soit qu’il y aille du bien public ou du particulier. Dire le mal qui en est arrivé.
Ouvrir les lettres du prochain sans cause raisonnable. Et quel mal s’en est ensuyvy.
(Quant aux Commandemens de l'Eglise, outre ce qui a élé remarqué sur le troisiesme. du Decalogue , on pourra s’examiner sur les articles suivans.)
Manquer à se confesser tous les ans, à Pasques, à son propre . curé, ou faire choix d’un confesseur qui n’a pas l’authorité, ou qui manque de capacité.
En se confessant, manquer à ne des cinq conditions requises , Savoir :
4° À examiner sa conscience, ne prenant pas le tems et le lieu convenable pour cela.
2° À produire un acte de contribution sur ses pechez.
3° A faire un ferme propos de s'amender, et de quitter toute occasion prochaine de retomber dans le peché. f
4° Retenir à escient (1) quelque peché mortel en se confessant, par honte ou autrement.
5° Manquer à la penitence enjoincte , soit pour la restitution du bien ou de la reputation du prochain.
Manquer à communier dans la quinzaine de Pasques, ou le faire indignement.
Manquer au jeusne ordonné par l'Eglise, le pouvant et y estant obligé.
Manger de la viande aux jours deffendus, y provoquer les autres, en vendre et apprester pour contribuer au desordre et transgression des hbertins.
Manquer d'obeyr à l'Eglise dans la publication des monitoires, refusant de satisfaire ou venir à resvelation.
(Pour les péchés capitaur , la pluspart ayant esté touchez dans ce qui a été remarqué sur les Commandemens de Dieu et de l'Eglise, il suffira de s’examiner sur les choses suivantes.) .
Desirer et rechercher desordonnement l'estime, la gloire, et l'approbation des hommes. Dire ce que l’on a fait pour cela. Mespriser et avilir les autres pour s’en attribuer et exalter
davantage.
Se Alotifer et vanter de ce que l'on n'a pas, ou du mal qu ’on
a commis.
(4) Sciemment.
Rechercher avec ambition les charges, offices, bénefices et employs dont on est incapable.
Exceder en habits, meubles, depenses de table et autres choses, par ostentation et pour se faire estimer.
Feindre par hypocrisie avoir plus de vertu et de capacité qu'on n’en à, pour acquerir de l'estime, ou faire mieux ses affaires.
Par trop d'empressement et d'application aux affaires et commoditez temporelles, negliger les choses du salut, comme de prier Dieu tous les jours, le servir les festes et dimanches, frequenter les sacremens, etc.
Manquer par avarice à la depense raysonnable pour l'entretien de sa famille, ou en dissiper le bien par prodigalité et depenses excessives, aux jeux, meubles , habits, bastimens, et autres superfluitez. |
Exceder au boire et manger au prejudice de sa santé, et au scandale du prochain, depensant au cabaret ce qui est necessaire pour la subsistance de sa famille.
On ne met icy rien des pechez que chascun peut commettre dans son employ et dans sa condition; suffit que chascun estant obligé de sçavoir les devoirs et obligations de son estat, pour s’en bien acquitter, il peut aussi facilement cognoistre les manquemens qu’il y faits, pour s’en accuser dans la confession.