‹ Œuvres complètes de saint François de SalesChapitre 300 sur 355 · VI. Remedes contre les seicheresses · texte numérisé non relu

VI. Remedes contre les seicheresses

Sixiesmement, s'il vous arrive, comme il vous arrivera souventesfois indubitablement, de n'avoir aucun goust aux considerations, usez de l’un de ces trois remedes : :

Le premier, c'est d'ouvrir la porte aux parolles, vous lamentant de vous-mesme à Nostre-Seigneur, confessant vostre indignité, le priant qu'il vous soit en ayde, baisant le crucifix, si vous l’avez devant vous, et disant mesme de bouche au Sauveur : Si (2) ne vous laisseray-je pas; je me tiendray icy aupres de vous, et n’en partiray point que je n'aye eu vostre benediction (Gen. 32).

Quelquesfois il sera bon de vous ressouvenir 48 la Cananée, laquelle, estant rejetée par Nostre-Seigneur, qui l’appella chienne, le print au mot, luy disant: Our, vrayement, je le veux bien; mais les chiens mangent au moins quelques miettes de la table de leur maistre (Matth. 15).

Ainsi, recognoissant par la tristesse et engourdissement de vostre esprit que vous estes fort miserable, servez-vous de cette occasion, et, pleine de confiance, escriez-vous devant Dieu : Oui, Seigneur, je suy miserable; mais pour qui la misericorde est-elle, sinon pour les miserables? Et par ce moyen, vous pas-

(1) D’elles. — 2) Encore.

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