HYMNE DU TRES-SAINCT SACREMENT DE L'AUTEL
Pauge, lingua, gloriosi Corporis mysterium, Sanguinisque pretiosi Quem in mundi pretium, Fructus ventris generosi, Rex effudit gentium.
Nobis datus, nobis natus Ex intact Virgine,
Et in mundo conversatus, Sparso verbi semine,
Sui moras incolatûs
Miro clausit ordine.
In supremæ nocte cœnæ, Recumbens cum fatribus, Observatà lege plenè Cibis in legalibus,
Cibum turbæ duodenæ Se dat suis manibus.
Verbum caro panem verum Verbo carnem efficit ;
Fitque sanguis Christi merum :
Et si sensus deficit, Ad firmandum cor sincerum Sola fides sufficit.
Tantum ergo Sacramentum Veneremur cernui; Et antiquum documentum Novo cedat ritui; Præstet fides supplementum
. . Sensuum defectui.
Ma langue, chante le mystere du corps glorieux et du sang precieux que Jesus-Christ, le fruict du chaste sein de Marie, le Roy des nations, a respandu pour rachepter le monde.
Jesus-Christ qui.nous avoit esté donné, et qui estoit né pour l'amour de nous d’une Vierge tres-pure, apres avoir vecu dans le monde, et respandu la divine semence de sa parolle, a achevé le tems de sa demeure parmy nous, en instituant un mystere merveilleux.
Estant à table avec ses douze Apostres, la nuict de la derniere cene, apres avoir entierement accompli la loy en mangeant ce qu’elle prescrivoit; il voulut leur servir de nourriture, et il se donna luy-mésme à eux de ses propres mains.
Le Verbe fait chair change par sa parolle un pain veritable en sa propre chair, et le vin devient le sang de Jesus-Christ. Si les sens y contredisent, la foy suffit pour affermir un cœur sincere.
Prosternons-nous donc , et adorons un si auguste sacrement : que.les rits anciens fassent place à ce mystere nouveau ; que la foy supplée au deffaut des sens.
Gloire, loüange, salut, honneur, puissance et benediction au Pere et au Fils; qu’une mesme gloire soit rendüe
au Sainct-Esprit, qui procede du Pere et du Fils. Ainsi soit-il.
Antienne. O banquet sacré, où nous recevons Jesus-Christ, où nous renouellons la memoire de sa passion, où l’ame est comblée de graces, et où le gage de la gloire à venir nous est donné!
Y. Vous leur avez donné un pain celeste,
À. Qui comprenoit en lui seul toutes les delices imaginables.