LIVRE Il, CHAPITRE VI
» mais est desirée et aymée : chacun en faict compte, elle reluit » par tout, et est esparse és murailles des maisons, aux sommets, » éslivres, és citez, és rues, és lieux habitez et inhabitez. » C’est le dire du grand S. Chrysostome, qui, pour vray, n’eust pas eu à faire d’un si grand denombrement des lieux et choses, esquelles la croix estoit employée, si de son tems l'Eglise eust esté formée sur le patron de la reformation des huguenots.
Pourroit-on bien dire de Geneve, La Rochelle et autres villes, ce que S. Chrysostome dit de l'Eglise de son tems? Nous n'y voyons aucune croix erigée, ny aux portes de ville, ny devant les maisons, chasteaux, forteresses, contracts, testamens : au contraire, on les a renversées et effacées autant que l’on a peu. . Que sert-il donc de dire qu’en semblables choses politiques ils ne rejettent point la croix materielle? Beaucoup moins en mettent-ils sur les animaux malades, ou sur les corps possedez du malin; car ce seroit confesser la vertu de la croix, et l’employer à usage sacré. Aussi peu en ont-ils és rondeaux et assemblées des mondains, et moins parmy les rangs des moynes. Ce n’est donc pas de nostre aage, ny d'hier, que les choses sont allées si avant, que la croix a esté mise és temples, comme semble vouloir dire le traitteur.