‹ Œuvres complètes de saint François de SalesChapitre 83 sur 355 · FI · texte numérisé non relu

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» de mesme; mais n'appercevant point les souspirs que le S. » Pere faysoit d'ordinaire en priant, il se jette à le baiser avec » larmes, et cognut que mesme ce corps mort du sainct homme, » par ce devot maintien et religieuse posture, prioit Dieu, auquel » toutes choses vivent et respirent. »

L’ame prosternée devant Dieu tire aysement à son ply tout le corps : elle leve les yeux où elle leve le cœur, et les mains d’où elle attend son secours. Ne voit-on pas la diversité des affections en la contenance du publicain (Luc. 18) et pharisien, par où sont mises à neant les parolles produittes par le traitteur contre les sainctes ceremonies.

1° « Le service, dit-il, deu à sa divine Majesté luy doit estre » rendu selon son bon playsir et ordonnance. Or, la volonté de » Dieu manifeste touchant ce poinct (1. Joan. 4), est que nous » l’adorions et servions en esprit et verité. Et pourtant (1) non- » seulement nous rejettons les ceremonies judaïques anciennes, » mais aussi toutes autres advancées outre, et sans la parolle de » Dieu, en l'Eglise chrestienne. » !

2° Voulant rendre raison de ce que l’Escriture ne tesmoigne point expressement des miracles faits par le bois de la croix, au lieu de dire que c'est parce que ces miracles-là ont esté faits long-tems apres que le Nouveau Testament fut escrit, qui est la vraye et claire raison, 1l se met à dire en cette sorte : « Certes, » il semble qu'il n’y ayt autre raison, sinon que Dieu n’a pas » vouleu arrester les hommes à telles choses terriennes, comme » aussi S. Paul nous enseigne, par son exemple, que nous ne » devons point cognoistre Jesus-Christ selon la chair, comme » aussi il dit au 3° des Colos. que nous servons à Dieu en esprit, » nous glorifiant en Jesus-Christ, et ne nous confiant point en la » chair. » Voyons les nullitez de ce discours.

1° Jay monstré au commencement du premier hvre que ces reformez observent plusieurs ceremonies et coustumes, outre et sans l'Escriture. Ce n’est donc pas faute de treuver nos ceremonies en l’Escriture qu'ils les blasment.

2° S'il faut servir Dieu selon son ordonnance, il faut sur tout obeyr à l'Eglise et garder ses coustumes. Qui fait autrement, le Sauveur prononce qu'il est payen et publicain (Matth. 8). Ets. Paul enseignant que les hommes doivent prier à teste nuë, et les femmes à teste couverte, qui n’est qu'une pure ceremonie, il ne presse ceux qui voudroient chicaner, au contraire, sinon de cette parolle : Nous n'avons point telle coustume en l'Eglise de

(4) C’est pourquoy.

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