‹ Œuvres complètes de Saint-François de Sales (volume 3)Chapitre 12 sur 185 · VII · texte numérisé non relu

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la supplyant de continuer en ce tres-sainct zèle, comme je ne cesseray jamais de luy souhaitter la perfection des grâces celestes, non plus que d'estre, Monseigneur, tres-humble, tresobeyssant et tres-fîdelle orateur et serviteur de V. A . — François, evesque de Genève.

S. François de Sales, à Sa Saincteté le Pape Paul V.

Le Sainct recommande an Pape nn gentil-homme qni, ayant renoncé à la religion prétendue reformée pour se faire catholique , avolt résolu de faire un voyage à Rome pour visiter les lieux saincts. Ce gentil-homme s'appeloit Alexandre de Mont-Croissant, et estoit de Genève. Il fut converti par S. François , en 1608 , avec plusieurs autres Genevois.

Tres-Saint Pere,

Quoyqu'il n'y ayt rien de plus ordinaire que de voir le Siège Apostolique attirer tous les chrestiens de l'univers par Tesclat de sa majesté, cependant Vostre Saincteté a, par-dessus cet advantage, je ne sçay quels attraicts et quels charmes naturels, qui luy gaignent les cœurs de ceux que la grâce de Dieu a retirez des ténèbres de leurs erreurs, pour les ranger sous vostre autorité.

La personne qui a l'honneur de se présenter à vous , Tres-Sainct Pere, est de ce nombre. C'est pourquoy, ayant dessein d'aller visiter les saincts Ueux de Rome, et m'ayant demandé pour Vostre Saincteté une lettre de recommandation, où je rendisse tesmoignaige de safoy et de sa religion, afBn d'avoir un plus libre accez à vos pieds, j'ay creu que je devois me rendre à sa prière , tant pour ne point encourir de blasme d'avoir manqué un devoir de ma

Annessy, 1617.

Beatissime Pater, Tametsi Sedes Apostolica suo splendore universos orbis christianos alUciat, habet tamen innatum aliquid Béatitude Vestra, quo mitiùs ac suaviùs eorum corda demulceat , qui , annuente Dei benevolentiâ, sub ejus potestate ab errorum tenebris emerserunt.

E quibus cùm vir iste ad loca sancta proficisci in anime haberet, et ad hoc monumentum aliquod optaret à me, quo de suâ fide ac religione Sanctitati Vestrae fidem ego ipse façerem , facile concedendum putavi, tum ne quod mei muneris est aliquâ in re defuisse insimularer, tum etiam ne quid virtuti illius ac bono nomini detraherem.

Quod equidem laudabilius est, quôd avitae nobilitati renuntiare, et existimationis jacturam facere maluerit ut abjectus viveret in domo Dei , quàm illustris habitare in tabernaculis peccatorum ; ex quibus jampridem uxorem ac liberos eduxisset, si eorum affectus et consilia cum ipsius zelo consensisseot.

Quapropter, cùm per novennium probata mihi fuerit illius fidei ac religionis constantia, par est ut unà cum illo advolutus pedibus Beatitudinis Vestrae, mihi atque illi apostolicam benedictionem supplex expetam.

charge, que pour rendre justice à Ja vertu et à la bonne odeur de la vie de cest honneste homme.

En effect, Tres-Sainct Père, il s'est rendu d'autant plus recommandable, qu'il a préféré renoncer aux honneurs deus à une noblesse très-ancienne et exposer auhazard sa resputation, pour vivre incogneu dans la mayson de Dieu, p lutost que d'habiter dans les palais des pécheurs. Il y a longtems qu'il en eust retiré sa femme et ses enfans , si leurs sentimens s'estoient accordez avec son zèle.

Ayant esté tesmoin, pendant Tespace de neuf années, de la constance de sa foy et de sa pieté, je supplie tres-humblement Vostre Béatitude de luy accorder sa bénédiction apostoHque; et, par la mesme occasion, je me prosterne à ses pieds pour luy demander la mesme grâce.

A S, A. Charles-Emmanuel P^, duc 'de Savoye.

Sur les promesses de maryage faites par les fils du vivant de leurs pères , et cur l'obligation d*e8pouser ou de doter, ordonnée par les loyx catholiques.

Annessy, 17 janvier 4617.

Monseigneur, V. A. me renvoya une requeste par laquelle elle estoit supplyée de la part de damoiselle Marceline de Marcilli, ditte Belot , de luy pourvoir sur les promesses que le sieur de Chasse, fils de M. le président de Sautereau, luy avoit faites pour maryage, affin que je fisse ce que j'estimerois estre convenable pour ce regard, et que je donnasse mon advis à V. A. sur le contenu de la supplication ; et pour obeyr, Monseigneur, à son décret, estant à Grenoble, je conferay avec le susdit sei-

gneur président de Santereaa de ce subjet, pour apprendre de lay son intention^ laquelle il m'expliqua, se louant infiniment de la justice et équité dont V. A. Tavoit gratifié, luy faysant rendre la promesse faite par son fils y lequel estant en la puissance de son père y et d'un tel père, ne pou voit nullement s'engager en un maryage si deshonnorable , au préjudice de la resputation de sa famille : desorteque-non-seulement il necroyoitpas que ceste femme pust rien prétendre peur rayson , mais tenoit pour certain qu'elle pourroit estre recherchée par justice d'avoir seduict et attiré un jeune garçon, enfant de telle famille, à des promesses si préjudiciables, et conceues en termes si extravagans que si ce n'euât esté la crainte de donner de Timportunité à V\ A., il Feost supplyée de commander que punition en fust faite.

N'ayant doncque rien fait de ce costé, il reste que je dye mon advia, puisqu'il a pieu à V. A. de me le commander. Et c'est. Monseigneur, qu il suffit bien que l'on tolère ces femmes scandaleuses en la respublique, sans qu'on leur permette d'entreprendre sur les maysons honnorables et dignes de recommandation, par les infâmes attraicts desquels elles charment la foible et légère jeunesse, et la condition d'espouser, ou doter n'est ordonnée que pour les filles d'honneur qui ont esté deceùes , non pour les femmes deshonnestes quiontdeceu. Celle-cy, comme, je m'asseure V. A. auradesjà sçeu, venoit de faire un enfant d'un estranger, quand elle lira promesse de ce jeune gentil-homme ; et bien que la charité ayt quelquesfois porté des gens de qualité à prendre en maryage des femmes perdues pour les sauver, si est-ce qu'il n'en faut pas tirer conséquence pour ceux qui, n'estant pas à euxmesmes, sous prétexte de charité, violeroientlajustice et l'équité, introduisant en leurs familles des personnes dangereuses, contre le gré de ceux qui sont les pères et maistres de la famille ; mais surtout en un aage qui n'a pas ordinairement en considération ny la charité ny la prudence requise pour exercer une charité en laquelle il faut avoir esgard à plusieurs circonstances. Je prie Dieu sans cesse , Monseigneur, qu'il comble V. A. de ses plus désirables bénédictions, et suis infiniment, Monseigneur, vostre tres-humble, tres-obeyssant et tres-fidelle orateur et serviteur. — François, evesque de Genève..

l'evesque. 69

A S. A. Charles-Emmanuel 7*^ duc de Savotje.

s. François' recommande layille d'Annecy pour la continuation de ses privilèges.

Annessy, le 48 janvier 1617.

Monseigneur, je joins ma tres-humble supplication à celle que ceste ville d' Annessy fait à V. A. pour la continuation des privilèges dentelle a cy-devantjouy : attestant que si la fidellité et ardente affection des subjets doit attirer les faveurs du prince, ceste communauté, Monseigneur, sera donc en singulière recommandation auprès de V. A., pour la prospérité de laquelle je prie continuellement la divine Majesté comme je dois, estant, Monseigneur, vostre tres-humble, tres-obeyssant et tres-fidelle orateur et serviteur. — François, evesque de Genève.

AS. A. Charles- Emmanuel /*^ duc de Savotje,

s. François supplie S. A. de luy accorder l'authorisation de prescher de nouveau

le Caresme à Orenoble.

Annessy, 18 febrier 1617.

Monseigneur, comme Tannée passée, sur la demande que le Parlement de ceste ville me fît de mes prédications, je prins la resolution et response dans le commandement de V. A. : de mesme maintenant, estant derechef prié par ceste mesme Cour, de revenir encore prescher le Caresme suivant, je n'ay voulu rien dire, en attendant que V. A. me fasse pour cela le commandement qu'il luy playra, estant, comme je dois, Monseigneur, son tres-humble, tres-obeyssant et tres-fidelle orateur et serviteur. — François, evesque de Genève.

A S. A, Victor-Amedée , prince du Piedmonl.

Sur un prestre qui sulvoit habituellement l'armée, quoyque doyen de Salanche , et qui continuoit à en percevoir les revenus comme s'il eust fait sa résidence.

5 mars 1617.

Monseigneur, il y a long-tems que le doyen de Choisy, prestre , fait profession de conduire des soldats , et suivre Tar-

mée , voulant neantmoins tirer les fruicts de son decanat sur le Chapitre et église de Salanche., comme s'il faysoit la résidence à laquelle il est obligé. Et parce qu'il sçayt que le dit Chapitre ne peut en conscience les luy distribuer, ny moy permettre qu'il en jouysse de la sorte , il obtient de tems en tems des lettres, par lesquelles S. A. S. commande audit Chapitre de deslivrer lesdits fruicts. Mais je suis asseuré, Monseigneur, que si S. A. sçavoit la qualité de l'homme , elle le renvoyeroit à son devoir, et ne voudroit pas que l'ordre ecclésiastique fust violé à son occasion, puisque mesme il n'a rien de si recommandable en la profession militaire, qu^ S. A. en puisse attendre aucun notable service. Et d'autant que j'en parlay à V. A. lorsque nous avions le bonheur de sa présence de deçà, et qu'elle tesmoigna de treuver mes remontrances dignes d'estre protégées, je la supplie tres-humblement de me commander ce que j'auray à respondre, avec ce Chapitre-là, aux lettres réitérées de S. A. que de mauvais prestre obtient, et par lesquelles il presse plus ce Chapitre qu'il ne sçauroit faire par aucune autre voye , la seule ombre de la volonté de Saditte A., nous estant en extrême reyerence. Je prie Dieu qu'il la conserve , et la vostre , Monseigneur, de laquelle je suis, tres-humble , tres-obeyssant et tresfidelle orateur et serviteur. — François, evesque de Genève.

A S, A, Charles-Emmanuel I^ y duc de Savoy e.

Sur un agent de la sainete mayson de Thonon.

Grenoble , 5 mars 1617.

Monseigneur, les affaires de la sainete mayson de Thonon appellant le sieur Gilette, je supplie tres-humblement V. A. de protéger et favoriser sa poursuitte , qui ne peut aussi réussir, sinon par cest appuy, auquel nous recourons d'autant plus asseurement, que V. A. nous l'a ainsi commandé lors que nous avions le bonheur de sa présence. Dieu, par sa bonté, veuille combler V. A. de ses bénédictions, souhaict continuel, Monseigneur, de vostre tres-humble, tres-obeyssant et tres-fidelle orateur et serviteur. — François, evesque de Genève.

Aux Pères Bamabites du Chapitre gênerai,

convoqué à Milan.

Sur Tampliatlon des collèges des PP. Bamabites dans la Savoye.

MoLTO Reverendi padri in Christo Off.,

Abbiamo spesse volte, li Reverendi Padri del congregazione vostra di questi collegii di Annessi e Thonone, trattato insieme e di concerto , del modo col quale si potrebbe amplificare detta congregazione in questi paesi di quà dei monli, e in somma non troviamo strada megliore di quella che si rappresenta nel memoriale qui alligato , conforme al quale trattai col Serenissimo Signor Principe di Piemonte, accio si potessero anche amplificare l'entrate, e avère in Rumigli alcuni benefîcii per il noviciato; e S. A. mi promise ogni sorte di assistenza dal canto suo. Hora resta chè le Paternité loro abbracino le proposizioni nostre con amorevolezza, e le facciano riuscir dal canto loro , comme io dal canto mio m' adoprarô con tutto il cuore dove vederô V opra mia poter esser utile. Le VV. Paternità giudicaranno facilmente chè la dilatatione de la religione sua sia per far buonissimo progresso a gloria d'Iddio in queste regioni; e chè questa dilatatione non si puô fare se non

Ânnessy, 6 avril 4617.

Tres-Reverends Pères en Jesus-Christ.

Nous avons plusieurs fois entretenu les Révérends Pères de vostre congrégation attachez à ces collèges d' Annessy et de Thonon, de la manière de multiplier les œuvres de ceste congrégation dans ce pays au delà des monts, et enfin nous ne trouvons pas de voye meilleure que celle qui est indiquée dans le mémorial cy-joinct. Il est conforme à celuy que j'ay remis au Serenissime Prince de Piedmont, pour augmenter les revenus, et avoir à Humilly quelques bénéfices pour le noviciat. Son Altesse m'a promis toutes sortes d'assistances, de son costé. Actuellement, il convient que vos Paternitez aggreent nos propositions avec amour, et les fassent réussir en ce qui les concerne, comme moy je m'employeray de tout cœur là où je verray que mon concours pourra estre utile. VV. PP. jugeront facilement que la propagation de leur ordre fera obtenir de bons progrez à la gloire de Dieu dans ces pays. Ceste propagation ne peut se faire qu'avec le tems et les méthodes conve-

nables , selon le boa playsir de la divine Providence. Je la soppliej, moy, de conserver, d'accroistre et de perfectionner dans sa grâce LL. PP. et leur tresdevote congrégation^ auxoraysons et aux sacrifices de laquelle je me recommande^ demeurant de tout cœur, de W. PP.

Reverendissimes , Thumble et affectionné comme firere et serviteur. — François, evesque de Genève.

col tempo e méthode conveniente, seconde il beneplacito délia Providenza divina. La qualeie supplice chè censervi, accresca e perfettieni nella sua grazia le RJR. loro e la lore devotissima congregarione aile orationi e sacrificii délia quale humilissiraamente mi raccommando, restando con tutto il cuore, délie Paternité vostre moite révérende, humile e affezionatissime come fratello e servitore. — Francesco , vescovo di Ginevra.

S. François de Sales, à M. Milletet, conseiller du Roy

au parlement de Bourgogne.

Le sainct prélat loy recommunde le bon droict de mu egUae. n loy doone des nonrdlCB de M. de Charmoisy, qui estoit près de Tenir demeitrar à Annecy arec aon teçto/oat, et qui avoit eaté fait grand-maistie de l'artillerie de SaToye par M. le Prince de Piedmont . aToe toute la gracieuseté ponilde. D le prerient qu'A ^oit preeelia' à Orenoble l'année snlrante.

Abmsst, i9aTrill617.

Monsieur mon frère, c'est maintenant pour mon église (et que puis-je dire de plus affectionné?) que j'implore vostre fraternelle faveur, et croy qu'elle me sera facilement accordée, surtout quand vous aurez ouy la remonstrance que ce porteur vous fera, par laquelle vous verrez que le brevet dont il s'agit est non-seulement fondé sur la pieté , mais encore si je ne me trompe, sur la justice. Je vous supplie donc tres-humblement , Monsieur mon frere, de nous estre ardemment propice.

Vous me demandiez l'autre jour, parla dernière lettre quej'ay eu le bien de recevoir de vous, des nouvelles de M. de Charmoisy, mon parent; en quoy vous tesmoignez vostre bon et beau naturel, et cest honneste chevalier vous en sera grandement obligé quand il le sçaura, ce qui sera dans peu de jours, que luy et sa femme viendront en ceste ville, puisque Monseigneur le Prince de Piedmont, ayant recogneu en ceste dernière occasion sa valeur et suffisance es choses de la guerre , Ta créé

L ETESQUE.

grand-maistre de rartillerie de cest Estât, et depuis a esté embrassé et caressé sans mesure par Monsieur le duc de Nemours, qui rinvita de venir en ceste ville , et le traitta tres-honnorablement; enfin, il n'est que d'estre gens de bien.

Je suis engagé encore pour Tannée suivante à Grenoble, Monsieur le mareschal d'Esdiguieres l'ayant demandé à Son Altesse, qui Ta volontiers accordé. Veuille la Bonté divine m'y rendre fructueux ! Et il falloit bien rendre ce Compte de moymesme à monsieur mon frère, que j'honnore de tout mon cœur, et auquel je suis tres-humble frère et serviteur, etc.

A sa Paternité le Père gênerai de la Congregatioji des Près très

de S. Paul, à Milan.

Salnct François le prie de luy renvoyer le P. Folgentio.

Reverendissimo Padre in Christo Off.,

Andando il P. di Fulgencio costi per le cose, le quali io con l'ultima mia raccommandai a V. P. Rev., non è necessario chè adesso dica altra cosa, se non chè, se per sorte occorresse qualche tentazione ad ello padre di restar la, per amor d'Iddio V. P. non consenta, perché in questo principio è necessaria la perseveranza e stabilité de' padri li quah hanno già imparata la lingua e fatta la santa amicizia necessaria al maneggio délie cose. E con questo, implorando le orationi sue, reste diV. P. Reverendissima humile e devoto come fratello e servitore in Christo.

— Francesco, vescovo di Ginevra.

In Annessi, 14 aprile 1617.

Reverendissime Père en Jesus-Christ.

Le Père Fulgentio allant à Milan, chargé des instances que je vous ay recommandées par ma dernière, il n'est pas nécessaire que je dise maintenant autre chose , sinon que , si par hazard il survenoit audit religieux quelque tentation de rester là, pour l'amour de Dieu, V. P. n'y consente pas. Dans le commencement il faut de la persévérance et de la stabilité dans les Pères qui ont bien apprins la langue , et ont acquis l'affection nécessaire au maniement des affaires. Apres avoir imploré vos prières , je suis, de V. P. R., l'humble et dévoué comme frère et serviteur en Jesus-Christ. — François, evesque de Genève.

7 i LETTRES.

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